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On a calculé que les 2/5 du tabac qui se consomme en Europe proviennent des États-Unis, qui fournissent à la France des 3/4 aux 4/5 de sa consommation.
Le tabac importé aux États-Unis vient principalement de l’île de Cuba; et les 4/5 des importations consistent en cigares, jusqu’à concurrence d’une valeur annuelle de 3 millions de dollars (15 millions de francs) à 4 millions de dollars (20 millions de francs).
D’après le recensement de 1850, 11 000 personnes, dont plus de la moitié habitaient les États de New-York et de Pennsylvanie, travaillaient à la fabrication des cigares aux États-Unis ; depuis cette époque, .ce nombre a plus que doublé.
Dans l’Etat de Connecticut, on récolte un tabac d’une qualité excellente pour faire l’enveloppe extérieure des cigares. On en expédie do grandes quantités à l’île de Cuba, et le reste s’emploie à New-York pour le même usage. Ces variétés particulières se reconnaissent surtout par la finesse de la feuille et l’absence de fibres épaisses.
On a essayé à différentes reprises de transplanter la graine du tabac espagnol dans les États du centre, et . plusieurs de ces essais ont été couronnés d’un plein sueoès. Toutefois on a ti’ouvé nécessaire de renouveler la graine tous les deux ans, attendu qu’après cette pé-
riode la piaule perd son odeur originelle. Dans le Maryland, cette méthode est suivie sur une grande échelle et avec avantage.
Vins. — La culture de la vigne et la fabrication du vin deviennent rapidement une importante branche d’industrie aux États-Unis. La quantité de vins indigènes, qui n’était, pour tous les États et Territoires, que de 221 249 gallons, en 1850, s’est élevée, en 1860, à 1860008 gallons, pour vingt-deux États seulement, ce qui fait ressortir une augmentation de 740 pour 100. Ce chiffre ne comprend pas la fabrication qui n’est pas entrée dans le commerce , et à laquelle ont pris part ; rOhio, pour 6.52640 gallons, contre 48207 en 1850 ; la Californie, pour 494,516 gallons, contre 58056; elle Kentucky, pour 30.3 120 gallons, contre 179949.
Animaux domestiques. — Le nombre des animaux tués pour la boucherie était, en 1849, de 111703142; il s’est élevé, en 1859, à 212 871 653. Cette augmentation a procuré un développement proportionnel à la fabrication du savon, du suif, des peaux, de la colle-forte, du noir animal et de tous les autres produits dont cette branche d’industrie est la source.
Le nombre des chevaux, mules et bœufs consacrés à l’agriculture, est notablement plus grand que celui des hommes, ce qui n’a probablement lieu dans aucun autre pays du globe. Et cette force animale est multipliée par les machines, quelques-unes des plus importantes récoltes étant actuellement ensemencrés, cultivées, récoltées, préparées pour la consommation ou pour la vente, par des procédés mécaniques , qui simplifient ou suppriment tout à fait le travail de Thomme.
Il y avait, on 1860, aux États-Unis, 7.300 972 chevaux, 1 296349 mules et Anes, 8728 862 vaches laitières, 2 240075 bœufs de travail, 18 018469 autres bestiaux, 24 823566 moulons et 39023172 porcs; le
380 LES ÉTATS-UNIS U’AMÉRigUE.
tout représentant une valeur d’environ 2 milliards de dollars (10 milliards de francs).
Dans riiiver de 1861-62, le nombre des porcs tués et livrés à la consommation s’est élevé à 2872 666, pour les États d’Ohio, Indiana, Illinois, lowa, Missouri, Kentucky, Wisconsin et Tennessee, États de l’Union où cette branche de commerce a pris le plus d’extension. L’augmentation, en livres de viande de porc, sur 1860-61, a été de 17 894362, soit d’environ 37 1/8 pour 100.
Moütoxs et laine. — Le recensement de 1860 porte à 24823566 le nombre de moutons, et la quantité de laine produite à 69000000 de livres. valeur des importations de laine brute a monté de 1 681 691 dollars (8408455 francs), en 1850, à 4842152 dollars (24 210 760 francs) en 1860, et celle de la laine manufacturée de 17 1 51 509 dollars (85757 545 francs) en 1850, à 37937 190 dollars (189685950 francs) en 1860.
Pendant la même période il a été exporté, en tout, pour 1 562502 dollars (7812510 francs) de laine brute; il n’a pas été fait d’exportation de laine manufacturée.
Instruments aratoires. — La valeur des instruments et machines aratoires en service aux États-Unis, en 1 860 était estimée à 247 027496 dollars (1 235 1 37 480 francs), contre 151 587 638 dollars (757 938190 francs), pendant les années précédentes. Iæ nombre des brevets accordés s’est élevé, pour les machines à battre seules, à 354. Quelques États ont adopté des machines et batteuses à vapeur, qui battent et nettoient la récolte sur place, dans le même espace de temps, à peu près, qu’on employait à la transporter à la grange.
Glace. Quoiqu’elle ne soit pas un produit du sol, la glace est, dans une grande proportion, récoltée par la population agricole sur les lacs intérieurs et les rivières, pendant la saison où les plantations ne récla-
ment que peu de travail. Pour cette raison, d’abord, et ensuite, parce que la production n’en coûte rien, que la récolte n’occasionne que des frais minimes, et que le climat des Étals du nord en améliore particulièrement la qualité, non-seulement la glace est un article de consommation générale aux États-Unis, mais encore elle est devenue l’objet d’une exportation considérable.
Le premier essai d’exportation de glace, fut accompli en 1805. M. Frédéric Tudor, de Boston, en chargea, sur un brick qui lui appartenait, 130 tonnes qu’il transporta lui-même à la Martinique. Cette glace avait été recueillie à Lynn, appelé alors Saugas. M. Tudor persévéra dans son entreprise, quoique. Jusqu’après la guerre de 1812, elle ne lui ait rapporté que peu ou point de bénéfices. En 1815, il obtint, avec le monopole des transports pour la Havane, d’importants privilèges de l’administration cubétaine. En 1817, il implanta le commerce à Charleston (Caroline du Sud), l’année suivante, à Savannah, et, en 1820, à la Nouvelle-Orléans. Par suite des désastres nombreux qu’il eut à subir, la totalité de ses chargements ne dépassait pas 4352 tonnes provenant des étangs d’eau douce de Cambridge.
En mai 1833, il expédia aux Indes orientales la première cargaison de glace qui arriva à Calcutta dans l’automne de la même année. Sur 180 tonnes composant ce chargement, un tiers fut perdu pendant la traversée, et la navigation en amont du Gange coûta 20 tonnes de plus. La glace, taillée en gros blocs réunis bout about, était enfermée dans une double enveloppe en planches et recouverte d’une couche de tan sec. Elle se vendit immédiatement juste la moitié du prix que coûtait la glace préparée par les indigènes. Actuellement, on compte généralement, pour ce voyage, sur un déchet d’environ moitié.
En 1834, M. Tudor envoya au Brésil un premier
chargement. Jusqu’en 183G, le comnaerce resta entre les seules mains de M. Tudor; mais dès que les bénéfices commencèrent à se produire, la concurrence se mit de la partie,et dans d’autres ports que celui de Boston, qui conserve néanmoins le premier rang, pour ces transactions.
D’après des renseignements , fort incomplets , d’ailleurs, les exportations du port de Boston ont suivi la progression suivante :
1805 — 1 chargement
130 tonnes
1816 — 6 chargements
Ces chifïi’es témoignent d'une augmentation extraordinairement rapide et (jui se continue actuellement ; ils prouvent également l’établissement d'une importante branche de commerce, reposant sur une production naturelle considérée jadis comme sans aucune valeur. Celle exportation a contribué à assurer à Boston la majeure partie du commerce de Calcutta, et procure à ses navires des chargements pour les ports du Sud, réduisant ainsi les déitenses du fret des produits du Sud , destinés aux ports du Nord.
Sur les 14G000 tonnes embarquées en 1856, on a calculé que 81 39 1 tonnes étaient affrétées pour les ports indigènes du Sud. Dans l'intérieur, la glace a été transportée, par chemin de fer, en quantité considérable, et aussi loin que Knoxville (Tennessee).
Comme la production de la glace n’a pas de limite dans les États septentrionaux de l’Amérique; comme, ainsi que nous l’avons dit, la culture n’en coûte rien, et qu’on peut la récolter à l’époque de l’année où les travaux agricoles réclament peu de bras, et où, par conséquent, la main-d’œuvre est tombée au prix le plus
bas; comme aucun pays du monde ne s’est encore trouvé en mesure de fournir un produit aussi pur et aussi cristallin, il est fort supposable que la conservation de la glace deviendra, dans un avenir prochain, l’une des branches les plus importantes et les plus lucratives de l’industrie américaine.
Térébenthine. — La plus grande partie de cette huile provenait autrefois des États de la Nouvelle-Angleterre; mais depuis longtemps déjà elle est fournie, presque en totalité, par les Carolines, la Virginie, la Géorgie, l’Alabama et la Floride.
Il y a quelques années, on estimait la production de la Caroline du Nord à 800 000 barils , dont 200 000 étaient expédiés à l’état brut, et 600 000 distillés dans l’État. En Géorgie et en Floride, à la même époque, la production était évaluée à 30 000 barils. L’Alabama, où la fabrication ne date que de quelques années, a fourni, suivant des estimations récentes, plus de 1 600 000 gallons d'essence, avec un résidu de 1 30 000 barils de résine.
En 1860, les exportations des États-Unis s’élevèrent, en essence de térébenthine, à 4 072023 gallons, évalués à 1 916 289 dollars (9 581 445 fr.); en huile brute et en résine à 770 652 barils, évalués à 1 818 238 dollars (9 091 190 fr.).
Ces produits sont expédiés dans presque toutes les parties du monde commercial, mais les quantités les plus considérables sont prises par l’Angleterre, la Hollande, la Belgique, Hambourg, Brème, le Chili, l’Irlande, le Brésil et Cuba. L importation en Angleterre de l’huile brute s’est élevée, en 1858, à 12 323 tonnes, ou 86 260 barils, et, en 1859, à 12833 tonnes, ou 89 832 barils.
La guerre actuelle a presque complètement arrêté, depuis 1860, l’exportation de la térébenthine.