IT
Mesdames et Messieurs, à travers l'intérêt très sympathique que vous me faites l'honneur de prendre à cet ensemble de détails sur le sort de l’émigration aux Etats-Unis, je vois, je crois apercevoir le sentiment patriotique qui
vous émeut. « Est-ce que nos compatriotes, est-ce que les Italiens »— vous dites-vous en vous-mêmes, n'est-ce pas ? — «ne pourraient arriver au même état de vie en émigrant, comme ils font si nombreux, en Amérique ? Est-ce qu'ils ne pourraient pas toucher leur part des mêmes avantages, ‘ parvenir, avec les mêmes aides, à des conditions sociales aussi favorables P » Eh bien! je n’hésite pas un instant à vous répondre : Oui, très certainement; et dans cette affirmation, ce n’est pas ma voix qui vous parle, c’est celle d’un des vôtres, d’un des meilleurs des vôtres.
Un évêque, un vaillant évêque, qui esten même temps un de vos grands citoyens, s’est levé au milieu de vous. Au nom de la Patrie et de l'Humanité, il demande à l’ftalie de se rappeler ses enfants exilés, de les suivre d’une pensée généreuse et d’un amour intelligent sur la terre étrangère, afin de leur procurer, non pas tant des secours, mais, ce qui
pait ennis, e qui ue les as ? —
zrant, qu’ils tages, ciales nstant cette , c’est ps un s. Au lie de Jensée ngère, ce qui
est bien mieux, les moyens d'y vivre heureux, considérés et respectés. La voix de cette âme vraiment épiscopale, de ce cœur vraiment patriotique, l’appel de ce grand Italien, — c'est le titre que vous lui donnez tous, — a trouvé déjà un chaleureux écho au milieu de sa noble province, et cet écho va se répercutant d’un bout à l’autre de la Péninsule. Partout se forment des comités de patronage en faveur des émigrants italiens ; patronage auquel s’associeront, sans doute, de plus en plus tous ces grands noms qui, sur cette terre classique des aspirations généreuses et de la foi plus généreuse encore, ont, dans le présent comme dans le passé, une signification qui touche de près à l’harmonie sociale de l’Europe. Rome donne l’exemple. Il n’était pas douteux qu'elle le fit. Ce qui commence avec tant de bonheur et de promesses va grandir, se développer et produire des fruits abondants. La première floraison du nouvel arbre d’apostolat patriotique nous en donne l'assurance. L'Œuvre fondée à Plaisance fait déjà un bien considérable à New-York, à Boston, à Providence, à Cincinnati, à Buffalo, à la Nouvelle-Orléans. Je le dis parce que je le le sais; et c’est aussi parce que je le sais que je me permets d’ajouter, dans une liberté de langage que vous me pardonnerez en vue de l'intention de dévouement qui me la dicte : Les missionnaires du Séminaire Christoforo- Colombo font déjà beaucoup de bien en Amérique; mais il était temps qu’ils parussent: vous étiez en retard, extrême-
ment en retard, sur le chapitre de la sollicitude que méri-
tent vos émigrés, dont le nombre augmente chaque jour. Oui, vous me pardonnerez cette constatation, parce que je me présente devant vous, ici, comme le témoin de vos frères de l’autre côté de l'Océan, le témoin de leurs souffrances, de leur misère et de leur abandon; et songez que la fondation de Mgr Scalabrini ne date que d’hier.
Ce qu'étaient, avant l’arrivée de ces missionnaires, les ftaliens émigrés aux Etats-Unis, ce qu’étaient beaucoup d'entre eux du moins, ce qu'on peut même considérer hélas ! comme le gros de leur contingent ? — Un des nombreux journaux quotidiens qui se publient actuellement à Rome donne en feuilleton un roman de M. Adolfo Rossi intitulé « L'America sconosciuta.» Je re sais au juste ce que vaut le roman en lui-même: il me fait un peu l'effet d’être du genre naturaliste, ce qui, paraît-il, est une des conditions du succès des romanciers du jour; mais ce que je puis vous affirmer c’est que les détails si navrants, si douloureux, je dirai même si horribles, qui s’y lisent sur ce qui se passe dans le quartier italien de New-York est la vérité: c’est du vérisme, comme vous dites dans votre belle et claire langue.
C’est donc un travail de rénovation qui est commencé; et Dieusaitsi ce travail demande des efforts, de la persévérance et dutemps! Mais ce qui donne espoir, c’est que ce travail est salué avec une profonde gratitude par tous ceux qui aiment l'Italie. Ceux même qui sont indifférents en matière religieuse applaudissent, encouragent, viennent en aide, apportent leurs concours et leurs aumônes, bien mieux, se sentent remuer jusqu’au fond des entrailles. A New-York j'ai vu un Italien richissime ; — en Amérique on devient quelquefois richissime : ce superlatif du mot a même été, je crois, inventé pour cette partie du monde ; — n'importe, cet heureux du jour, cet arrivé de votre nationalité d’origine se croyait libre-penseur. Il assista pourtant à l’inauguration de la première église italienne. Savez-vous ce qu’il y fit ? — Il pleura à chaudes larmes ; son émotion # pouvait se maîtriser et il me disait : « L'Œuvre de Plaisance, c’est la plus belle Œuvre religieuse et natiou:l2 de ma chère Italie! »
omnt à Rossi juste
peu
une is ce ants, isent
ork dans
é; et ance avail ui aiitière aide, IX, se York vient e été, Jorte, d'oriinauus ce on = Plai- 1le de
Oui, c’est pour l'Italie une œuvre religieuse et nationale ; et voilà pourquoi, Messieurs, la femme y apportera parmi vous son concours indispensable. Je ne vais pas entreprendre de vous établir la réalité, la substantialité du rôle social de la femme ; vous en êtes tous aussi convaincus que moi-même. Mais, si comme moi vous admettez, ce dont je ne saurais douter, que la civilisation et l'Evangile forment une équation, sont deux termes inséparables l’un de l’autre, il vous suffira, d’une part, de réfléchir quelques instants à ce qu’est, à ce que doit être la femme dans la synthèse évangélique, et d'autre part, à constater cette évidence que le problème de l’émigration est un problème d'ordre social, un des côtés du grand et si multiple problème de la civilisation contemporaine ; il vous suffira, dis-je, de mettre en contact ces deux courants d’idées, pour en faire jaillir dans vos esprits, et surtout dans vos cœurs, Mesdames, combien peut être efficace et conquérante la force, l'impulsion, la flamme de l’élément féminin dans la question qui nous occupe, dans la cause des masses émigrantes de vos compatriotes. Et d’ailleurs, — pouvezvous y songer sans émotion, — de ces masses émigrantes, les femmes et les enfants forment une si grande part! Mgr Bourget, qui était, il y a quelques années, évêque de Montréal au Canada, et qui fut un saint, uninfatigable, un merveilleux civilisateur, écrivait un jour cette parole qui est vraiment une formule d'ordre social chrétien et que je livre à vos méditations dans toute son ampleur et dans toute sa profondeur : « La femme religieuse suit l'homme apostolique. »
Il ressort enfin de toutes ces notions à peine effleurées, mais sur lesquelles il n’est pas besoin d’insister devant un auditoire tel que le vôtre, que moins que jamais, dans le temps où nous vivons, les laïques ne doivent rester indiffé-
rents et inactifs. Non seulement ils ont le droit, non seulement ils ont le devoir d’apporter l’activité de leur intelligence et l’intervention de leur dévouement dans les questions vitales de la civilisation, dans les rapports de l'Eglise et de l’État, dans la concordance qui lie l’une à l’autre l’idée de religion et l’idée de patrie ; mais ils n’ont plus la possibilité de faire autrement ; et c’est bien là un des signes les plus assurés que, quelles que soient les épreuves que le monde moderne puisse avoir à traverser, la Providence réserve à l'avenir des forces et des espérances supérieures à tout ce dont disposait le passé. — C’est de ce sentiment intime que je trouve noblement empreintes les belles pages publiées par M. le marquis Crispolti sur « Il laïcato cattolico italiano. » Or, une part, une franche et large part de cette vibration des cœurs italiens se traduisant en appui, en protection, en concours apporté à l'Œuvre de l’émigration italienne, n'est-ce pas ce qui correspondrait le mieux à vos vœux les plus chers, à vos attachements les plus inébranlables ?
Oh! si vous saviez combien ces pauvres émigrés aiment cette patrie qu’ils ne reverront peut-être jamais plus! Si vous saviez combien la religion de leurs pères a d’indestructibles racines au fond de leur âme; combien peu de culture elle demanderait pour faire refleurir sur la terre étrangère l’espérance et la paix, au milieu des délaissements de leur nouvelle existence, à travers les ronces et les épines de leur ingrat labeur ! Si vous pouviez saisir ce qu’il y a de profond dans les battements de leur cœur, lorsque vient s’interposer entre leurs souvenirs, qu'ils soient amers ou doux, et leur lutte pour la vie, une parole, une image, une chanson, un rien qui leur rappelle le sol natal ; combien, en un mot, tout ce qui effleure pour eux l'au-delà de l'Océan les transporte invinciblement vers l’au-delà de cette vie !
preuer, la ances st de intes ti sur inche adui- PŒujrresatta-
iment s ! Si ndese culétrannts de épines ilya )rsque amers mage,
comu-delà u- delà