‹ Les Etats-Unis d'Amérique, ou, Tableau de l'agriculture, du commerce, desChapitre 11 sur 14 · MI · texte numérisé non relu

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1^0,000^000 f dont le gouyerpem^nt dépense un tiers; proportion plu3 con8i4érable qut pelle d'auqip ftutre paysf , et; qui doit énerver $on industrie, de manièri^ à empêcher 1^ capital de Ifi nation d'obtenir aucune diminu* tion«

La Russie a à peine organisé un système un ^ances. Jamais elle n'a pu encore faire sortir ses troupes de son territoire , sans un seqours pécuniaire de l'Angleterre. Elle a bien établi une banque à Pétersbourg , pour fiieiliter les opérations de son immense empire ; mais la création en est encore trop récente , pour en tirer un grand avantage. Les finances de l'Autriche , de la Prusse , de l'Cspagne et des Pays- Qas , sont dans une iconditipn vraiment déplo^ rable : il faut plusieurs années de paiit et d'économie ^ pour rendre quelque prospérité à ces pays.

On a dit que les États-Unis avaient récem* ment acheté la Floride , n^oyennant 5 millions dollars. Si cela est, ils ont agi sagement d'ajouter , par un sacri^ce ^ussi léger , un ter-? ritoire importait à leur frontière méridionale. Ce moyen est plus sùif que celui des conquêtes :

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d'après ce prix , l'acre de terre ne lui revien • drait qu'à sept sols sterling ; et les terres qui restent à concéder , lui paieront , et au-delà , le prix de son acquisition. Sa surface renferme 58,000 milles quarrés, avec ime population au plus de 10,000 âmes ; ses côtes sont très-étendues , et offrent de bons ports et des villes de commerce ; le pays bien cultivé peut fournir à une abondante population : elle augmentera bientôt par son adjonction aux États-Unis , si on songe à Tinfluence de la liberté populaire , mise en parallèle avec le despotisme. L'Amérique espagnole et le Brésil sont des pays bien supérieurs aux États - Unis par leur sol , leur climat, et les productions de la terre; et cependant l'administration faible, imprévoyante et tyrannique, des gouvernemens espagnols et portugais , est cause que ces pays languissent dans l'ignorance , le vice et la superstition. Quand la Nouvelle-Orléans était sous la domination de FEspagne^ c'était un pays nul; et depuis seulement i4 ans qu'il jouit de la liberté américaine , cette ville s'élève au premier rang des villes commerciales par son étendue, sa richesse, et sa population. Ainsi il en serait de Cuba , du Mexique et dit

( ii3) Pérou y s'ils font jamais partie des États-Unis , ou s'ils changent leur état de servitude contre la liberté et Fabondance que produit un gou* vemement populaire.

Quel étonnant contraste existe entre la por litique ferme et progressive des États-Unis, et l'indifférence suprême du gouvernement britannique! L'Angleterre a sacrifié nombre de ses soldats , dépensé des millions sans nombre , pour retirer l'Espagne du joug de la France ; et néanmoins elle ne peut acquérir un pouce de terrein, dans aucune partie du globe, provenant des Espagnols; tandis que les États- Unis, sans sacrifier un seul de leurs citoyens , et avec seulement ao,ooo,ooo dollars , ont , depuis peu d'années , obtenu , de la France et de l'Espagne , la souveraineté exclusive d'un domaine immense , vingt fois grand comme toutes les îles Britanniques réunies.

Comment l'Angleterre ne réclame-t-elle pas Cuba de l'Espagne , comme partie de l'indemnité qui doit lui revenir , la Havane commandant le passage du golfe du Mexique ? Pourquoi ne prend-elle pas possession de Panama au sud et de Darien au nord , afin d'opérer la jonction de l'Atlantique et de la mer Pacifique ,

et par Ik èohntr iin liouVeau débouché à sôû coiiitttet*eé ? Soù mtentibn est- elle dôhc d^ rmtei* étiddnïiie , jusqu'à te qiie lë^ États- tJiiis aient établi leur puissance sur FÂmériqué éspagfiole ( I ) , et que le pavillon rUssé fixe sa souveraineté dans Farcliipel de Ja Grèce , et flotté sur les U>urS de Gonstantihople ? Toute Ètm énergie ancienne doit-elle être anéantie par oêftè puissànèe noutélIemeAt sortie des glftt^<iu li6rd? Verra-t-ôn, dan^ ïê i^^ àièclé j M vérifier Ift hhlé de Jtq>iter et de âatdf nei ?

L'île de Cuba prétHfrait une tout autre Importance sous la domination anglaise , pit l'égalité des lois , par l'industrie et l'activité dé s€ls hal»tan^. Ce serait bientôt un appui éoùâdérable à sa puissance maritiméf. Par la jonctkrti des déuit océans , l'Angleterre commanderait à Pouest comme à l'est , et répandrait uhë si grande portion de sa richesse , qu'elle déli-

(i) L'Angleterre a [fis une autre voie p'our arriver à des ans à peu près semblables ; elle n'a oublié ni sa situation , ni lés besofns de soi^ peuple. C'est aux hom- AéÈ âfétài i prb'nôiiéér entre Ids moyens qu'elle a mil M (jéëtré,* et cieJttx cfu^ M c6nséi1Iùtt fauteur que nou»"^

vrerâût bientofl toti propre péup^ déé ààiif^ framces dé toixte espèce qu'il a k $uf>p6rtéi<. Ces propositions £»fes ûû gôuvéMeiîïetit an-f ghis y en 1 794 et 1 798 , pàt* ks députés dé l'Amérique espagnole ^ e^dstent encore dân^ les bureiaux des àffâtf^^ étmngèresr à Londres. lâBlgté l'état déplorable des finanees iéé puisdimces européennes , 61 éo^séq^énament k faiblesse de leur^ gotiVérnfettiéi^ , i( e^ pius néces^re que jamais, pour les Éfâts-XJàiiJ, de fonder un systènie kKfge et solide de rérénté înitérieii]^ , par des kofpèts ^àgetnei^t établis , paorce que y si la discorde agite cl^ nouveau l'Europe y PAméri^ue Sentira qti'elle tient désomiaâs une piaee trop impoi^tante dan^ le monée , poui* pou^ok- persévérer dans sa hett* tndité ^ et rester indil^renfe stnx débats du inonde. L'horizon de rEuropé né proiàet paé œ cabne cjue Pon afifi^te d'espérer ; cettèf coalition des so^Ver^n^ ne peut du^ér ; dë^ là Russie ne dia^mule ps^s sa jalousie dé la pi^é'^ pondérance m^iâme dé l'Angleterre ; et celle-^ ci s^altoi?flie^éi¥ foyari t Tà^éndaùt dé cette puis*sance s«fir le continent. Bllé n's(p^ touIù faire ptrtie^ de taf sainte Nattée ^ dont ie^ principes^ sont si simples en apparence, qufîtn'etï^épaà:

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un observateur un peu habitué aux affidres , ipii n'entende pariaitement que c'est par ce moyen que la Russie veut augmenter sa force , et qu'elle doit , avec sa nombreuse population , finir y dans moins d'un siède , par dominer toutes les autres puissances. Déjà l'Autriche et la Prusse tremblent devant cet efirayant voisin , et voient leur ruine dans son élévation future. La politique de la France , quelque forme de gouvernement qui la régisse , doit être de profiter des dissensions entre les souverains coalisés , et de chercher à mettre en lutte l'Angleterre 9 la Russie et même l'Amérique , afin de gagner quelque chose dans la confusion générale. Les États-Unis seront inévitablement appelés à prendre part aux contestations de l'Europe ; il convient donc qu'ils se disposent, par un bon système de finances, à jouer le rôle qui leur est destiné. La vieille haine du peuple américain pour les Anglais qu'il considère comme ses rivaux j l'armera probablement contre eux ; et il ne doit pas oublier que l'Angleterre ne déposera les armes , une fois qu'elle aura déployé l'étendard des combats , que lorsqu'elle aura tout tenté pour s'assurer de nouveaux avantages.

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Du Gontfimemeiit» 4e U PoHHque nt des Lom dM ÉtaU-(JBJ|«

Comme les gou vernemens de tous les états <juî composent la fédération américaine , sont ^ectifs et reposent sur 1 entière souveraineté du peuple , l'étude de l'économie politique devrait Ésiire une partie essentielle de l'éducation des Américains. Cependant , si l'on en excepte les collèges de la Virginie , nos écoles négligent en général cette branche importante des connaissances philosophiques. C'est même une opinion universellement reçue aux Etats-Ûliîs , qu'un homme peut devenir un profond politique sans études et sans travail. Au fait, on p€ut convenir qu'il n'existe point de méthode pour acquérir cette science ; et quoique j dans une aristocratie héréditaire , tous lés hommes

( »'8) naissent législateurs, il serait insensé d^en conclure que le privilège de la naissance puisse donner les connaissances qui se rapportent à la politique. Ceux qui pourraient être assez dans l'erreur pour imaginer que cette science est facile et que tout le monde peut Tacquérir avec une intelligence ordinaire et le simple travail du bon sens , n'ont qu'à étudier les ouvrages des grands philosophes et des hommes d'état de la Grèce , la République de Platon , la Politique d'Aristote et les Discours d'Isocrates.

Quoique les progrès des Grecs dans la civilisation 9 et les beaux exemples de quelques héros, les eussent portés à adoucir les horreurs de la guerre, ils étaient loin encore de cette générosité usuelle , qui distingue les guerriers de la chrétienté ; et il est vrai de dire que leurs philosophes les plus renommés considéraient la guerre comme un état naturel , dont il était possible d'établir les règles et les principes , sans qu'il fut donné à aucun pouvoir humain de l'empêcher. Sans doute nombre de nos éorivains modernes auront appris dans les ouvrages d'Hérodote, de Thucydide, de Xénophon , à considérer la Grèce comme la terre

( "9 ) clâssiîpie de la liberté ; et ils l'y auront constamment reconnue ^ depuis Pisistrate jusqu'à l'usurpation de Philippe de Macédoine ; mais ils seront contraints d'avouer que, pendant ce glorieux période , le pays a été constamment en proie à de vives agitations, à des troubles, à des assassinats publics et particuliers , à des boucheries politiques , si l'on peut s'exprimer ainsi, et toujours au nom de cette liberté, dont l'esprit semblait ne s'alimenter que dans un foyer ardent, et qui était plutôt un fantôme qu'une réalité , soit que , suivant la fortune , elle obéît à l'aristocratie lacédémonienne , soit qu'elle se soumît à la démocratie impériale d'Athènes*

La Cyropédie de Xénophon , tant admirée des Grecs et des Romains, fait assez connaître quelle difficulté existe pour acquérir la science de l'économie politique. Heureusement l'expérience a fait connaître aux nations modernes de la chrétienté la forme de gouvernement la plus convenable pour assurer la paix et la liberté publiques. L'ancienne constitution d'Athènes, que les excès des démagogues ont taijt décriée , était néanmoins la meilleure forpûe de gouvernement , parce qu'elle était fondée

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sur le& mœurs , les usages et 1er habitudes des Athéniens. Elle partait de ce grand principe , le seul fondamental d'un gouvernement libre, savoir : que l'intérêt public n'e«t que la réunion des intérêts particuliers , et que les droits privés des individus une Ibis établis par des lois, doivent rester sacrés. Tels furent les principes fondamekitaux du royaume de Thésée ©t de la république de Solon.

Dans 1^ autres républiques dx^ la Grèce , le système contraire semblait avoir prévalu. On imagina une espèce de bien public idéal , toujours distinct et souvent destructif du bien privé , conforme , en beaucoup de points, à la doctrine moderne au jacobinisme ^ et qui consistait à établir comme principe quç l« devoir d'un gouvernement est tellement d'avoir en vue le bien général, qu'il doit , pour y arriver^ ne compter pour rien le bonheur des individus, et au besoin violer toutes les règles de la bonne foi et de la vertu. Cependant , il est dans la nature de s'aimer soi-même : sans ce sentiment si naturel , on ne yeillerait point à sa propre conservation ; l'homme ne peut aimer son semblable qu'en commençant par s^aimer lui-même. Ce sentiment est dans te

cœur de tout être vivant ; il est la source de toutes les affections ; c'est de lui que dérivent rauu>ar paternel , Tamour conjugal ^ Tamour filial : naissent ensuite les liens d'amitié , ceux de voisinage^ et enfin l'amour de la patrie.

Aussi , dans tous les pays , voit-on les hom* mt s inquiets , turbulens y devenir les ennemis du repos public ^ de même qu'ils sont mau* vais pères , mauvais maris ^ mauvais fils ^ maîtres cru^ls y amis faux , voisins querelleurs , et citoyens rebelles. Ceux-là sans doute ne peu*^ vent être utiles à la société. Lorsqu'ils sont à la tête des affaires de Tétat ^ il est impossible qu'insensibles aux douces affections domestiques , ils puissent jamais ressentir le pouvoir d'une disposition patriotique ^ comme il est impossible au vice et à la dégradation d être jamais unis à la vertu. La plus grande preuve (^ l'ambition égoïste et malfaisante d'un dé*^ mag'^gue, est le mépris qu'il professe pour tous ces sentimens domestiques ; car le premier principe , le germe de l'affection pour le bien public, est cet amour particulier pour les membres de la société à laquelle on appartient. C'est le premier anneau de la chaîne d'or qui nùus lie comme parens ou amis , et qui

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nous attache à notre pays et au genre humain en général.

De tous les législateurs de l'ancienne Grèce , qui ont entrepris de procurer le bien public aux dépens de l'intérêt particulier, le Spartiate Lycurgue est celui qui a le mieux réussi. Ses premiers efforts ont été de rendre les Laoédémoniens pauvres , et de détruire chez eux tout vestige de propriétés particulières, afin, disaitil, de ne s'occuper que du bien général. Chacun était forcé de faire le sacrifice de ses propriétés^ de son aisance, de son bonheur, à ce qu'on appelait l'avantage de l'état : phrase patriotique , mais ne signifiant rien , sinon que toutes les propriétés et les intérêts particuliers de^ valent fléchir et servir aux vues et aux projets d'hommes ambitieux gouvernant l'état , de manière à ce que leurs concitoyens fussent euxmêmes la cause de leur élévation et de leur pouvoir. Et , comme toute l'instruction publique et nationale (car il n'élait pas permis d'avoir une éducation particulière) était dirigée principalement vers les moyens de rendre les enfans forts, robustes et hardis, de leur inspirer tout espèce de courage , d'aller même jusqu'à leur apprendre à voler, à mentir, et

à exceller dans toutes les recherches de la cruauté, les Lacédéïnoniens étaient toujours prêts à tous les crimes , quelqu'atroces qu'ils fussent. Leur unique soin était d'opprimer leà Ilotes , autre nation grecque qu'ils avaient réduite en esclavage , et à porter continuellement la guerre et la désolation parmi les autres états républicains. De telle sorte que^ dans toute la Grèce, l'individu qui ne voulait pren-^ dre part ni à la politique , ni à la guerre , mais qui désirait vivre tranquille et éloigné des affaires publiques , se trouvait exposé à des persécutions continuelles.

Toutefois les constitutions de Thésée et de Solon, comme celles des autres républicains de la Grèce , ne comportaient pas ce grand principe politique reconnu de nos jours dans une grande partie de l'Europe, le système de représentation nationale j sur lequel repose principalement le gouvernement des États-Unis.

L'avantage de ce système n'est pas seules ment, pour une nation, de pouvoir veiller à ses affaires et à ses propres intérêts par- le moyen de ses représentans ( ce qu'une république de quelque étendue ne peutf aire direc-

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