A. Demangeon, Annales de Géographie du la mars
matique, en attendant les applications pratiques de la télégraphie sans fil et de l'aviation, n'a-t-elle pas à son service ! Un homme d'affaires à Buiïalo c'esl la toute puissance du Niagara réduite à un fil qu'il suffit de mettre en contact avec l'objet à atteindre, et qui vous donne à volonté la lumière, la chaleur, le mouvement, la force, la voix, tous les organes de la direction.
A la renaissance des canaux ajoutez la naissance des routes, autrement négligées encore que les voies navigables ; les routes pour lesquelles consentent de très grands sacrifices l'État de New-York et la Confédération elle-même, car j'ai vu, sur les côtes du Pacifique comme sur celles de l'Atlantique, s'amorcer le grand réseau des routes nationales; et voilà qu'entre les grandes lignes d'eau ou d'acier s'élancent comme les mailles étroites d'un filet, comme le tissu d'une toile d'araignée dont les grandes artères sont tendues, des réseaux de chemins, encore embryonnaires mais suffisants cependant pour que l'automobile y file à la suite de la bicyclette et se hâte de parachever l'œuvre d'organisation, de concurrence et de vitesse. Une heure suffit maintenant pour qu'un mot d'ordre soit donné aux. quatre extrémités du pays. On frémit en pensant à ce que sera le monde: quel enfantillage de prétendre continuer a le gouverner d'après les traditions de jadis ; et quel réveil pour ceux des pays qui n'auront pas su se plier à ces changements !
J'ai profité des progrès multiples de la locomotion et aussi des attentions que m'ont prodiguées mes anus de Buffalo pour faire avec eux, un peu au-dessus des chutes du Niagara, un pèlerinage
dans le passé. Je suis allé à La Salle-Crick, le tout petit port où La Salle avait, à dos d'homme, amené, hissé le matériel dont il se servit pour construire son premier vaisseau, le premier voilier que portèrent les eaux des grands lacs, l'infortuné Griffon, ce chef-d'œuvre de la ténacité confiante coulé par la tempête ou par la trahison ; on n'a jamais su. Les Américains ont fait incruster, en 1902, dans le roc cette inscription : Hère about, in May, 1679, Robert Cavelier de La Salle built ihe Griffon ofsixty tons burthen, the first vessel to sait the upper lakes. Ils ont voulu marquer ainsi la place où notre héroïque compatriote construisit de ses mains, avec ses compagnons, gréa, lança ce bâtiment qui pouvait lui rendre tant de services et qui n'aurait été qu'une déception de plus dans ses luttes, un « crève-cœur », s'il n'avait été le glorieux début de la navigation moderne sur les grands lacs. Un autre monument a été élevé, non loin de là, à la mémoire du Père Hennepin; un autre, à Point-Saint-Ignace, au Père Marquette, sur le lac Michigan.
J'ai salué ces souvenirs, ces humbles germes ; j'ai mesuré l'infinie moisson qui était en eux : pauvres pionniers, que diriez vous de ce continent que vous étiez déjà si fiers d'explorer à pied, en pirogue, de parcourir à la vitesse de quelques lieues par jour, par semaine, au prix de quelles fatigues et de quels risques, — et pour n'avoir d'autre récompense que l'ingratitude et la mort, — si vous pouviez surprendre aujourd'hui, dans son cabinet, ce commerçant du pays des buffles disparus qui le traverse en quelques minutes par sa parole et sa volonté et qui met lui-même en circulation tant d'autres volontés"?
Comment concevoir que toutes ces volontés indépendantes, se croisant ou se contrariant, n'aient pas ramené le chaos dans ce pays que vous rêviez de civiliser? Mais non; tout cela s'est coordonné; l'esprit public domine toutes ces énergies individuelles et, de cette concurrence fiévreuse entre les activités américaines, naît une prospérité américaine chaque jour plus assurée.
L'ordre né de la force disciplinée, voilà ce qui frappe partout, ce qui m'a frappé à Buffalo plus qu'ailleurs, car ici la force est symbolique, c'est le Niagara. La discipline du Niagara est le couronnement d'une multitude d'efforts désintéressés qui triomphent à la longue, malgré tout; la revanche à la fois de nos pionniers et de la neige incomprise comme eux, réhabilitée avec eux ; la neige convertie en chaleur, la neige qui fut leur exemple, car elle pénètre et disparait pour ne reparaître qu'en bienfaits à l'infini. La navigation n'utilise, en effet, qu'une des innombrables ressources des grands lacs; elle les effleure seulement et les laisse intacts. Ces millions de petites sources accourues en hâte pour offrir leurs services, venues des montagnes et des plaines pour s'associer et former les mers intérieures, ne se bornent pas à porteries bateaux, elles les aident de mille façons; et voici les neiges canadiennes mises en action. Ces nappes magnifiques, indolentes en temps ordinaire, des lacs Supérieur, Michigan, lluron. Érié suivent un invisible courant, sans but, semble-t-il, jusqu'au point où elles se resserrent et se précipitent, formant les chutes du Niagara. Grandiose personnification de la force indomptable, ces chutes se sont laissé dompter.
atteler, comme disent les Américains : elles poussent et tirent au gré de l'homme, au lieu de détruire ; elles se redivisent en autant de milliers de chevaux et de bras qu'elles étaient de sources pour aller porter au domicile de chaque habitant leur secours, la lumière, la force; l'homme a su les comprendre, se les concilier en leur demandant de collaborer à son œuvre ; il s'est associé cette association de bonnes volontés.
Respectant mon émotion, mes compagnons sont retournés sans moi à Buffalo, et je suis allé seul passer la nuit a l'hùtel qui domine les cataractes. C'était au commencement de la saison ; l'hùtel était vide, la nuit froide et pure, une de ces nuits où notre conscience se lève, elle aussi, avec les étoiles; j'ai laissé ma fenêtre longtemps ouverte sur ce spectacle du Niagara inoffensif. Eh quoi ! pensais-je, l'homme, qui a su discipliner cette violence, ne saurait pas se discipliner lui-même ; il aurait su maîtriser les forces de la nature et les convertir en bienfait pour rester, lui. le grand destructeur ! Toutes ces forces n'auraient été combinées par la sienne que pour anéantir ses chefs-d'œuvre, faucher la fleur de son avenir, faire couler des fleuves de larmes et de sang !
Non, un tel résultat de la civilisation serait monstrueux, paradoxal. Sans doute nos enfants ne verront pas tous les peuples civilisés, mais les plus civilisés ne voudront plus de la guerre, ils la combattront comme ils ont combattu un à un tous les fléaux de l'humanité.
Ce que tant de voyageurs admirent au Niagara n'est pas très différent, à la grandeur près, des
spectacles que nous contemplons ailleurs, dans les Alpes, en Scandinavie, en Afrique, mais les proportions sont impressionnantes et permettent de mieux mesurer le progrès de l'homme. J'ai vu produire partout l'énergie électrique dans ces usines où règne l'ordre, le silence, la solitude, mais au Niagara une usine de loOOOO chevaux, 200000 chevaux, au besoin, conduite, surveillée plutôt, par un seul homme, avec un suppléant, en cas d'accident, c'est quand même une surprise qui fait penser. Ces régiments de machines répandues dans les ateliers, dans les maisons, sur les quais, mues par la silencieuse turbine, cette armée de forces infaillibles installées partout, conduites par des états-majors d'ouvriers, quelle éducation pour un peuple! Quelle éducation in attendue venant s'adjoindre à l'éducation humaine! Oui, c'est l'éducation de la douceur, de la raison même. Un sous-officier à la manœuvre, un homme qui commande à des hommes ou qui simplement monte un cheval est plus ou moins tenté de se fâcher. Avec quelle facilité, nos meilleurs jeunes gens, au manège ou aux manœuvres, jouent de la ii avache et de l'éperon et des gros mots, une fois en selle : « Tape dedans! » combien de fois l'entendons-nous ce mot d'ordre qui pousse la botte du cavalier dan- le ventre du cheval? Et le charretier, souvent Forcé de demander trop à l'animal qui gravit la côte avec un chargement trop lourd ! Kl le cocher de Qacre !
Avec la machine- OUtil, avec l'auto, toute celte colère tombe et disparaît : un seul geste, un signe, un mouvement nerveux, un regard même a sa répercussion sur la commande de la machine. Une
catastrophe est en nos mains. Alors on perd l'habitude de s'emporter, A quoi bon se fâcher contre une machine qui ne fait que vous obéir ! Avec un cheval. un enfant, une femme, passe encore; c'est toujours de sa faute ! Mais avec une machine, la douceur devient une force, la grande force. En ce sens vraiment la machine dresse l'homme ; tout le temps, toute la force nerveuse qu'il perdait auparavant en luttes stériles il les applique maintenant à se contrôler lui-même; il apprend à mépriser les vaines fureurs; une harmonie nouvelle règle l'empire de l'homme sur sa volonté et, par conséquent, les rapports des hommes entre eux ; c'est la discipline descendant des sommets de la science dans l'atelier et réalisant, avec une poignée d'hommes de bonne volonté, les miracles de travail collectif que seul l'esclavage en masse obtenait dans l'antiquité. Dans les jeux comme au travail, et, le cas échéant, pour la défense du pays, l'action américaine est une action d'ensemble volontaire, une action rythmée, comme serait la respiration d'un peuple.
C'est un progrès d'une importance incalculable. J'en ai trouvé, en rentrant à Buffalo, une confirmation qui pourrait s'inscrire, dans ce chapitre des transports, sous ce titre : course de lenteur.
On se rappelle ma surprise en voyant les maisons de Seattle se déplacer. Je passais en automobile sur un des grands boulevards de Buffalo, quand un de mes guides me signala au passage la maison de l'Evêque. Arrêtez, criai-je aussitôt. C'était une maison en marche. Mais quelle maison ! Celles de Seattle n'étaient que des habitations coloniales en planches : celle-ci, au contraire, appartenait au type
de ces élégantes villas que l'architecture américaine élève aujourd'hui pour ses clients les plus opulents. Je la vois encore. J'en ai la photographie sous les yeux, y compris celle de M. Gustave T. Britt, l'entrepreneur de ces fantastiques opérations, celui que j'ai appelé le Napoléon des transports. La maison de l'Évêque catholique de Buffalo est une jolie et vaste construction de granit et de briques à trois étages. Le rez-de-chaussée, surélevé sur de profonds sous-sols, est en granit, éclairé par de larges et hautes fenêtres ; un portique à colonnes de marbre surmonté d'une terrasse en protège le perron d'entrée ; une aile de la maison fait saillie ; l'autre côté forme pignon; une vérandah extérieure s'y étend avec une balustrade à jour et six rolonnettes supportant une seconde terrasse. Les toits s'élancent en flèches aiguës, en poivrières, dominées par une belle cheminée de brique au puissant tirage. Tout cela donnant la sensation de la masse et de la stabilité fragile.
A l'intérieur rien n'a été déplacé; on a simplement coupé les conduites du gaz et de l'eau ; pas un meuble, pas un tableau, pas une statue, pas un vase n'a été mis en sûreté; cela se conçoit; à la moindre rupture d'équilibre, avant la pendule, c'est le tuyau de cheminée qui s'écroulerait. Mai- non, la manœuvre est tellement bien concertée, l'armée des ouvriers volontaires est si intelligemment disciplinée que la maison peut se mettre en marche. Voiei comment : j'essaie de traduire île mon mieux, les explications qu'a bien voulu me fournir M. Gustave Britt.
Aux. fondations de brique et île granit de la maison vous substituez des fondations temporaires, de longs
madriers horizontaux. Vous préparez un lit bien plat et vous intercalez des rouleaux de bois transversaux entre les fondations temporaires et le lit. Alors il ne reste plus qu'à exercer une poussée sur l'extrémité des fondations temporaires, lesquelles se mettent en route avec la maison qu'elles supportent et s'acheminent, en suivant le lit préparé, jusqu'à l'emplacement désigné.
La poussée s'exerce à tour de vis, comme il suit, et c'est ici qu'on saisit bien le rythme de l'action collective que le plus léger désordre, une distraction suffirait à compromettre : toutes les vis sont tournées à l'unisson par les équipes d'ouvriers qui en ont la responsabilité sous la direction d'un « signaller »; ou emploie d'ordinaire un ou plusieurs coups de sifflet comme signal. Chaque tour de vis fait avancer la construction de quelques millimètres, (exactement un huitième de pouce). La maison une fois arrivée à sa place, on lui enlève ses fondations temporaires à mesure qu'on y substitue de nouvelles fondations définitives. Rien n'a bougé, on aurait pu continuer à l'habiter.
Pourquoi a-t-on déplacé cette maison? Simplement parce qu'elle était trop près de l'église, laquelle était elle-même trop à l'écart ; aussi avait-on décidé qu'après la maison, l'église aussi serait déplacée. Il est probable que c'est chose faite, à l'heure actuelle, et que personne n'y pense plus.
Nous ne voyons pas en nous-mêmes ; il faut être un étranger pour s'arrêter à ces spectacles comme je l'ai fait et en tirer leur enseignement. Cette maison de l'Évêque obéissant aux ouvriers, dirigés euxmêmes par un signal, mais comprenant tous leur
tâche el s'en ucquillant sans un mot, c'est un pays, y compris la classe ouvrière, qui s'organise.
Les Américains, sans s'en douter, sans être militarisés, sont mobilisés, tout prêts, cent fois plus encore qu'il y a cent ans. à entrer en campagne et à vaincre s'ils étaient attaqués; ils valent, par l'éducation de leur discipline, de leur sobriété et de leurs muscles, mieux que toutes les armées qu'ils essaieraient d'improviser. Ceux qui leur conseillent de renoncer au bénéfice de cette exceptionnelle éducation pour tomber dans la contagion de nos armées européennes n'ont pas su comprendre la vraie force des Etats-Unis, l'éducation de la liberté.
Ce système qui consiste à remuer les masses à force de méthode et de bonne organisation s'est généralisé au point que je l'ai retrouvé appliqué, plus ou moins, partout aux États-Unis. A Syracuse, c'était un autre tour de force : il s'agissait d'élever une maison d'un étage. Allait-on démolir le toit '.' Nullement; on a trouvé plus simple de le surélever de la hauteur voulue et d'intercaler dans le vide l'étage qui manquait; il a suffi d'exercer la poussée des vis de bas en haut, et non plus horizontalement. e1 de construire, au fur et à mesure, dans l'intervalle patiemment conquis, un étage provisoire de cubes en bois: après quoi on remplace ces cubes coin mkon veut, « à la demande ». G'esl Arcbimède compris dans le iveau monde mieux que dans l'ancien.
Je m- dirai jamais assez combien je suis reeonoaissanf aux Américains qui m'ont permis de faire, ici et là, ces observations; à M Francis Almy, à M. John li. Eppendorff, notamment, pour ce qui concerne BufFalo. Ces messieurs ont en la honte
d'assister avec moi, par un soleil torride, à une dernière opération que je voulais voir de mes yeux, celle qui permet aux bateaux de Duluth de décharger automatiquement leur minerai à leur port de destination. C'est le dernier acte de la concurrence faite par les aciéries des nouveaux centres manufacturiers à celles de Pittsburg. C'est là que j'ai achevé de comprendre comment on réduit les frais de transport et comment un concurrent peut s'alléger par rapport aux autres. C'est une course où le prix doit appartenir finalement à celui qui porte au plus bas prix le plus gros poids.
Tandis que les aciéries de Pittsburg font transborder sur wagons, à Cleveland, le contenu des bateaux de Duluth, celles de Buffalo se sont installées, ai-je dit, le long même des quais où viennent accoster ces bateaux. Un seul de ces bateaux magnifiques de 200 mètres de longueur (600 pieds), contient en vrac 12 000 tonnes de minerai, versé dans ses flancs comme nous l'avons vu. Quatre immenses passerelles en forme de viaducs circulent sur des voies ferrées parallèlement aux quais ; chacune de ces passerelles relie le bateau à l'extrémité supérieure des hauts fourneaux; sous le tablier de la passerelle, va et vient, non plus un bras, mais une main seulement, tenant à des fils ; cette main, cette griffe, ou « clam », arrivée au-dessus du bateau, descend, s'ouvre, plonge, saisit le minerai, l'enlève et revient le déposer au delà des quais, en tas énormes, en montagnes, ou bien dans des casiers à fond mobile qui se déversent, le moment venu, par une chaîne de wagonnets et par un système d'ascenseurs très simples, dans les hauts fourneaux où se superposent,
en attendant, les couches de coke et de chaux. La provision de minerai dépasse de beaucoup les besoins, afin de pouvoir suffire aux jours d'hiver où la navigation est arrêtée. Un homme seul, bien entendu, manœuvre cette passerelle et cette main ; personne d'autre ni sur le quai désert ni à bord du bateau. On dirait l'abandon, la mort; c'est la vie concentrée d'une foule ouvrière. On a calculé ce que cette manœuvre économise de bras, de pelles, de pioches, de brouettes, de temps, d'argent; les frais de déchargement sont ainsi réduits de 25 centimes à 2 centimes. Et n'oublions pas que Buiïalo n'est pas le seul port concurrent de Pittsburg aux États-Unis, que jusqu'à Seattle, nous avons vu l'industrie s'organiser pour produire et faire circuler, elle aussi, le fer et l'acier, sans compter le reste. J'aurais pu parler aussi bien, plus encore même, des ports de Toledo, de Détroit ; de Cleveland surtout, qui ne se borne pas à transborder le minerai, et dont les dix hauts fourneaux, tant à Cleveland même, sur la rivière Cuyahoga, qu'à Vungstown, sont des modèles, particulièrement celui du port de Lorraine, et, pour la plupart, indépendants, rivaux les uns des autres : n'oublions pas qu'une ville comme Cleveland compte 3000 manufactures, y compris d'immenses raffineries de pétrole; y compris l'usine qui fournit aux autres ports, à Buffalo comme à Chicago, comme à Duluth, leurs gigantesques ponts déchargeurs; n'oublions pas que les terrains y acquièrent une valeur telle qu'un de mes amis, possesseur d'une lande de IS7 acres, environ 70 hectares, qu'il avait achetée a vil prix, vient de la revendre 4 millions 500 000 francs à des constructeurs de nouveaux hauts fourneaux.
uniquement par ce qu'elle est située au bord de l'eau ; n'oublions pas que les banques sont là partout pour avancer de l'argent à l'industrie, qu'un crédit foncier est en formation pour encourager le développement des entreprises, que ces entreprises sont partout, au Texas, au Colorado, comme dans la Nouvelle Angleterre... Alors il semble bien vraiment que les Américains, par les magnifiques ressources de leur sol, de leur activité et de leur méthode d'abord, par la nouveauté et la perfection de leur outillage, par l'émulation ensuite, par la concurrence établie sans merci entre leurs nombreux, centres de production, entre les différentes usines d'une même ville, entre les villes elles-mêmes, entre les Etats de l'Union, il semble que les Américains aient atteint le maximum de l'effort humain et qu'ils puissent défier toute concurrence étrangère ; il semble qu'ils se soient placés en tête de cette course des transports, inséparable de celle de la production ; il semble que leur victoire est aussi certaine que bien méritée. 11 semble...