V. — LE DltV FARMING. LES M ni! M ON' S
Les Mormons ont rendu ie très grand service de mettre en valeur un pays ingrat, réputé stérile et qui, devenu l'État d'L'tab, s'est fait connaître comme les autres, par l'importance et la variété de ses produits, minéraux et agricoles: c'est le pays de l'irrigation, comme l'Arizona. avec cette différence que l'Arizona a été doté par l'Administration fédérale d'immenses travaux dont le principal, achevé en 191 1. est connu sous le nom de barrage ltoosevell : niais, quand l'irrigation est trop coûteuse on impossible, les populations trouvent autre chose ; le sol s'en passe, grâce au o Dry farming ». J'ai entendu soutenir en France que le « Dry farming » n'est autre que notre ancien procédé de culture en sillons, mais, quand on consulte les rapports de nos représentants en Algérie et en Tunisie où la question soulève le plus vif intérêt, non sans controverses, et surtout les bulletins decongrès retentissants du « Dry farming » dont j'ai rencontré le dévoué secrétaire à Colorado Springs, quand on entend les affirmations du Gouverneur de l'État, quand on lit les publications du directeur du Collège agricole de l'Utah, M. J-A. Widtsoe, à commencer par son ouvrage devenu classique et traduit 4 en français par M"' A. -M. Bernard, Le Dry farming et la culture des terres sèches, il es! difficile de contester qu'il y ail là une culture vraiment nouvelle des terres semi-arides où l'humidité des pluies de deux ans peut se conserver; cette culture a été pratiquée après une patiente expérience du sol spé-
cial et du climat du pays ; on comprend que les Mormons, ainsi que leurs assez nombreux imitateurs dans d'autres Etats au nord-ouest, s'y soient attachés. Les consommateurs ne sont pas moins enthousiastes que les producteurs; j'ai vu vendre les produits du Dry farming, les fruits par exemple, sous cette étiquette, « cultures non irriguées », devenue une recommandation. Les céleris de l'Utah ont conquis le marché de New-York; la culture de la betterave s'y est développée au point d'entraîner la création de nombreuses sucreries locales.
Les progrès de cette agriculture extraordinaire dans ce pays plus qu'extraordinaire ont attiré, à la suite des Mormons, une population toujours croissante, laquelle a permis d'exploiter les mines du pays, mines de métaux précieux, de cuivre surtout, très importantes ; les ouvriers de l'industrie, consommateurs eux aussi, ont stimulé la production déjà intense de l'agriculture. Ces progrès, relativement ignorés quand je suis passé, en 1911, à Salt-Lake- City, où je fus l'hôte de l'admirable évèque Spalding, sont aujourd'hui connus. Le savant professeur W.-M. Davis, de l'Université d'Harvard a organisé, l'an dernier, du mois d'août au mois d'octobre 1912, sous les auspices de la Société de Géographie de New-York, une vaste excursion scientifique aux États-Unis à laquelle il avait convié les premiers géographes du monde et, pour la France qu'il connaît particulièrement, les principaux disciples de notre cher compatriote Yidal de la Blache. Les Annales de Géographie ont publié, dans leur numéro du 15 mars 1913, une série d'études remarquables, sur les points les plus intéressants de l'itinéraire