‹ Les États-Unis d'AmériqueChapitre 39 sur 139 · LES MORMONS · texte numérisé non relu

LES MORMONS

ment, si la paix s'organise entre les nations, elle pourra jamais s'établir dans les âmes et dans les familles de Salt-Lake-City. C'est une question de temps et aussi d'argent. De temps, car tous les Etats se pénètrent et il ne sera pas plus possible aux Mormons qu'aux Indiens de rester isolés de la nation américaine : d'autant moins qu'ils sont plus laborieux, plus entreprenants etpluscommerçants. D'autre part, il en sera de la polygamie ici — et à plus forte raison — comme il en était à Constantinople, par exemple, avant la guerre des Balkans. Un pacha de mes amis, très cultivé et très français, avait profité de la révolution jeune-turque pour amener à Paris sa jeune femme, non moins cultivée et non moins française que lui-même, et très élégante en outre ; tous deux ont visité nos magasins, nos couturiers de la rue de la Paix. « Voilà ce qui fera disparaître la polygamie, s'est écrit; mon ami, en revenant d'une de ces courses. Une seule femme coûte déjà trop cher à habiller; comment voulez-vous que nous puissions en avoir plusieurs? C'est iini ! » dit-il en riant, complètement rallié à nos mœurs.

On me fait observer aussi que l'organisation grandiose du culte des Mormons comporte des frais énormes et des sacrifices, de lourds impôts sur le travail et sur le revenu, indépendants des taxes municipales et générales; il en résulte que la religion des Mormons ne peut tarder à devenir non seulement une anomalie, une illégalité et une source de difficultés de toutes sortes, mais un luxe

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