‹ Les États-Unis d'AmériqueChapitre 50 sur 139 · LA GUERRE INÉVITABLE (?) ENTRE LES ÉTATS-UNIS ET LE JAPON · texte numérisé non relu

LA GUERRE INÉVITABLE (?) ENTRE LES ÉTATS-UNIS ET LE JAPON

.l'ai dit qu'à peine débarqué à New-York, on me prévenait : « Vous tombez bien ! La guerre va éclater entre les États-Unis et le Mexique ! » et on m'expliquait comment celte guerre inévitable n'était qu'un coup monté par le .lapon, un coup prémédité de longue main.

Je suis allé au Texas, suivant la frontière mexicaine, interrogeant les témoins les plus intéressés à ne pas se payer d'illusions, les mieux placés pour discerner le péril, s'il existait, s'il était môme perceptible. Je n'ai rien entendu, rien vu qui permette à l'imagination la plus inquiète de concevoir que le (gouvernement, non plus que la population des Etats- Unis, soit prêt à tomber dans le piège et à greffer sur les difficultés intérieures du Mexique, déjà bien assez graves, un conflit avec le .lapon. 11 est vrai que si le piège est tendu par les Japonais, ce n'est plus à la frontière mexicaine. c*es( à Tokio que serait le danger.

Allons donc voir de près ce spectre japonais, dont on nous effraye, et, pour le mieux connaître, visitons les points qui passent pour les plus menacés :

l'Arizona, la Californie, l'Oregon, le Washington- State, l'Utah, le Colorado. C'est là que les Japonais sont relativement le plus nombreux; c'est là qu'ils peuvent éveiller des susceptibilités locales et nationales quand ils se répandent dans les universités, dans les hôtels, dans les clubs, dans les familles. Leur gouvernement, il est vrai, loin d'encourager leur émigration, la soumet à des formalités rigoureuses : il interdit formellement le départ des terrassiers, des manœuvres, et, en un mot, des Japonais sans instruction ; il ne veut pas envoyer à l'étranger des échantillons inférieurs du pays. Lesjeunesgens instruits, diplômés, qui sont jugés capables de profiter d'un voyage à l'étranger, sont dispensés de faire leur service militaire, mais à la condition d'avoir au moins, en tout, treize ans d'études; à la condition d'avoir passé l'examen d'aptitude militaire et de s'être montrés, en résumé, capables de réussir dans la vie. C'est ce qui explique la faible infiltration des Japonais aux États-Unis, mais cette élite n'en pourrait pas moins être suspecte aux Américains. Tel n'est pas le cas dans les universités, où ils sont admis, ai-je dit, comme les Américains, aussi bien à étudier qu'à servir, s'ils sont pauvres. Je ne me suis pas borné à interroger : j'ai soumis ouvertement mes observations au contrôle quotidien et du public et de la presse. Dans chacune de mes conférences, à commencer par San-Francisco, j'ai exposé impartialement les deux points de vue : celui des alarmistes et l'autre. J'ai provoqué la discussion dans les milieux les plus divers, dans lintimité et dans des meetings annoncés d'avance par tous les journaux; j'ai parlé devant les hommes d'affaires comme

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