LA CAPITALE DU KBBRASKA
encore très bien la cause de son existence comme capitale. Elle compte relativement peu d'habitants, environ 30000; la ville principale du Nebraska est Omaha, trois ou quatre fois plus peuplée, connue par l'importance de ses abattoirs et par ses ressources minières. Le jour où se décida la question de savoir si la capitale du Nebraska serait Omaha, la préférence fut donnée à Lincoln, à une voix seulement de majorité. Depuis lors la vie législative, administrative et judiciaire est groupée dans ce centre secondaire, comme Springtield l'a emporté sur Chicago, Hàlon-Rougo sur la Nouvelle-Orléans, etc.,
A Lincoln j'ai vu pour la première fois manoeuvrer les milics. l'embryon de l'armée nationale qui manque aux États-Unis. Rien de plus viril. Les jeunes gens appartenaient pour la plupart à l'Université d'Étal où j'ai parlé. Vêtus d'un uniforme très correct, ils exécutaient les commandements du jeune capitaine qui les instruisait. Cet officier vint me saluer avec une courtoise cordialité et spontanément se déclara chaud partisan de l'arbitrage et de la paix. « Nos exercices sont un entraînement nécessaire, me dit-il. non seulement en vue de la défense nationale, mais pour fortifier notre Unité. Parmi tous les enfants qui fréquentent i « • i nos écoles, la plupart sont des fils d'étrangers et d'étrangères; il- étaient relégués avec leurs parents dans des fermes OÙ ils ne parlaient pas l'anglais: ils apprennent Ici à vivre ensemble, a parler la même langue, à formel' un même peuple, grand s'il est uni. perdu s'il est divisé. Avec les universités et les jeux athlétiques nos milices naissantes sont des écoles de discipline volontaire et d'union. C'est pourquoi nous applaudissons à
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votre effort pour répandre dans tout notre pays une même doctrine pacifique et patriotique : nous sommes vos plus sincères soutiens. »
J'ai répondu que les Français étaient tenus par leur passé, par l'état actuel de l'Europe, de régler leur organisation militaire sur celle de leurs voisins, mais que nulle part on ne comprenait mieux que chez nous le double devoir de défendre jusqu'à l'héroïsme non seulement la patrie, mais le droit, la justice, sans laquelle la paix toujours menacée n'est qu'un mot dérisoire. « Montrez à l'Europe, ai-je ajouté» que vous ne séparez pas le culte de la paix du culte de la patrie, et personne ne songera à vous attaquer; vous deviendrez invulnérables et vous rendrez impossible, par votre exemple, tout réveil des guerres offensives d'autrefois. La bonne organisation des États-Unis est une des conditions de la paix du monde. »
Ce langage répond au sentiment général dans tous les Etats de l'Union ; je l'ai tenu sous maintes formes à plus de cent auditoires différents, particulièrement a lajeunesse. C'est à un peuple que j'ai parlé.
La rigueur de mon itinéraire ne m'a pas permis de faire coïncider ma visite à Lincoln avec la présence de mon ami M. William JenningsBryan. Il a eu la bonté de me rejoindre un peu plus loin, à Chicago, mais à Lincoln je l'ai manqué bien à regret. Il achevait dans le sud une campagne analogue à la mienne. J'ai dû me borner à la visite de son foyer, hospitalier même en son absence.
Sa maison, élégante villa, couronne un coteau assez loin de la ville; une automobile m'y conduit, à travers un pays déboisé mais fertile, par des che-