L'EXPOSITION DE SAINT-LOUIS
mier médecin de la vallée ! Ce titre en dit long sur la ville ancienne de Saint-Louis. Un autre m'explique comment toute cette vallée, ce continent, s'est métamorphosé à vue d'oeil, indépendamment de l'énergie de nos pionniers; il me fait toucher du doigt les conséquences miraculeuses des applications de la vapeur, puis de l'électricité dans un pays neuf où pas une seule emprise du passé ne gène les établissements à créer; la liberté de tout concevoir avec la possibilité matérielle de tout réaliser ; la plus perfectionnée des méthodes, le dernier modèle de toutes les manufactures du monde pour point de départ, et tout cela au service de l'expérience et de la hardiesse d'une population sélectionnée parmi les plus audacieuses de l'Europe. Les discours que j'ai entendus au City- Club, parmi ces commerçants, étaient tous des réquisitoires menaçants contre les routines et les aventures qui viendraient compromettre lout cet acquit. Le président Brookings, dont j'étais l'hôte, prenant la parole, développa très nettement ce thème : « Les intérêts matériels et financiers de toutes les puissances sont aujourd'hui inextricablement entremêlés; on ne peut plus menacer l'un sans atteindre l'autre : ce qui était jadis séparé fait corps aujourd'hui ; il en est du monde ouvrier comme du monde financier, comme du monde savant; gare au monde politique s'il méconnaît cette réalité ! C'est le fait nouveau dont chaque gouvernement doit tenir compte, a
Les journaux de Saint-Louis faisaient éclio à ce langage. J'ai conservé quelques-uns de ces numéros spéciaux du samedi qui représentent plusieurs volumes de composition avec une extraordinaire pro-
digalité d'illustrations souvent belles. Les Américains lisent ou parcourent beaucoup de journaux, de magazines ou de revues ; ils lisent même des livres ; je les envie; un livre peut avoir sur les Américains une grande action, surtout s'il se rattache à la formation de leur pays et par conséquent intéresse leur avenir. Dans les universités j'entends souvent citer les noms de Tocqueville, ceux de ïurgot et de Rousseau, sans parler des modernes, et y compris nos professeurs de la Sorbonne, personnellement connus et très appréciés. Nous avons vu à Paris des écrivains américains, h commencer par Barrett-Wendel, par H. Wilson et par Henry Van Dyke, choisis par la fondation Hyde, populariser leur connaissance approfondie du passé franco-américain et propager, en apùtres, àleurre.tour chez eux, leur généreux enthousiasme ; je citerai cet autre éloquent conférencier, le Dr John H. Finley, président du collège de la ville de New-York, venant acheter en France, auBrouage, quelques pierres de la maison de Champlain pour les encadrer dans la sienne, comme des reliques: je l'ai vu préparer la plus touchante des expéditions, gagnant le Canada pour refaire avec une pirogue l'itinéraire de la Salle et descendre le Mississipi. Le livre de Parkman sur les pionniers français est dans toutes les bibliothèques et dans toutes les mémoires. Je vois en France un Américain, M. Ledoux, ingénieur des mines à New-York; l'un de ses ancêtres fut au nombre des Français qui partirent du Maine, au commencement du dix-huitième siècle, pour aller coloniser le Canada et l'autre Maine américain dont les Anglais ont fait « Main Land », peut-être aussi pour contribuer à fonder plus tard sur le lac Supé-