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LES ARTS ET LA MUSIQUE AUX ÉTATS-UNIS

qu'ils soient exclusifs : la plupart d'entre eux ont commencé par avoir pour maîtres des Allemands; partout ils ont organisé des orchestres symphoniques, non seulement dans l'est et à Chicago, mais à Saint-Louis, à Saint-Paul, à Kansas, à Denver; Cincinnati cherche à créer des concerts populaires; Chicago a son club musical, le « Mendelssohn Club », son collège musical; Saint-Paul a son « Schubert Club », et, toujours ce même détail à relever, — c'est dans une église, « First BaptistChurch »s que le club donne ses concerts classiques; nous avons vu chez les Mormons l'orgue monumental construit à Chicago, et j'aurais pu entendre, au Tabernacle, un chœur composé de 175 chanteurs d'élite, analogue au chœur d'hommes qui existe à Chicago. A Milwaukee, les concerts ont lieu, comme les conférences, dans l'église ou au Pabst Théâtre. AColumbus existent deux sociétés connues, « l'Oratorio Society » et le club féminin de musique. A Denver, j'aurais voulu assister aux concerts de l'Apollo Club. A Los Angeles, la troupe célèbre de l'Opéra de Boston donne une saison ; à Minneapolis, on jouait l'Enfant Prodigue de Debussy; partout, maintenant, des opéras français : à San-Krancisco, la Navarraise, Hérodiade, Thaïs, Samson elDalila, Carmen, Lakmé ; ailleurs le Jongleur de Notre- Dame, ou des opéras plus anciens, Mignon, même la Juive. Partout les noms de Massenet, de Saint- Saëns, de Léo Uelihes, de Bizet, sur l'affiche.

Et qu'on ne croie pas que les hautes classes seules apprécient la musique ; elle pénètre au contraire pa rtout ; elle rattrape le temps perdu ; elle est aimée du peuple. En voici une preuve éloquente et que je

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prends, non pas à New-York ou à l»oslon, mais dans l'ouest, sur le Pacifique. A San-Franeisco, comme dans tout le monde anglo-saxon, la fête de Noël est la grande fête humaine de l'espérance et de la joie ; comment les habitants l'ont-ils célébrée à la fin de 191 1, et comment comptent-ils, si le temps le permet, la célébrer les années suivantes ? Par un concert populaire, vraiment populaire, c'est à-dire dans la rue, sur la place publique.

Dans le clair-obscur d'une soirée tiède, 100.000 auditeurs se pressaient, les uns debout, au carrefour de quatre grandes rues, les autres installés, comme des légions d'abeilles au fond des alvéoles d'une ruche fabuleuse, ou tout simplement comme dans les loges innombrables d'un théâtre à quinze étages, aux fenêtres illuminées des « buildings » et des « gratteciel » qui bordent les rues et la place. Sur une plateforme monumentale, faisant vis-à-vis à la rue du Marché, étaient groupés les artistes, l'orchestre, la troupe du grand opéra français, les choeurs, chœur de l'Opéra, chœur du club des jeunes gens de « Golumbia Park », chœur de la « Montagne Ash », chœur de la « Cathedral Mission », etc., etc. La nuit, par bonheur, était magnifique, éclairée par la pleine lune et par les étoiles elles-mêmes en fête. Le concert, commencé à 7 heures du soir, se poursuivit dans un silence de vénération : la majesté de la nuit respectée par tout un peuple ! Pas un mot, pas un cri pendant les morceaux, mais des applaudissements éclatants, prolongés, aussitôt le morceau fini. Chœur de Cavalleria ruslicana, Alléluia, de Hœndel ; Hosannah ; valse de Roméo et Juliette ; Noël; les Cloches, de Gounod... Quand Jean Kûbe-

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