‹ Les États-Unis d'AmériqueChapitre 97 sur 139 · III. — LE I' A lî C I) E W A s II I N C, T 1 1 N · texte numérisé non relu

III. — LE I' A lî C I) E W A s II I N C, T 1 1 N

Le parc de NYashington, Etock-Creek-Parc, est une réserve de la nature; un de ces vastes espaces vierges

que les Américains autrefois dévastaient sans merci et qu'aujourd'hui ils respectent et commencent à sauvegarder. « Ce que je vois, écrivait Tocqueville, dans ses notes de voyage à New-York, le 20 mai 1831. ne m'enthousiasme point, parce que j'en sais plus de gré à la nature des choses qu'à la volonté de l'homme. » Ici la volonté américaine s'est réhabilitée. La route très large, très bien entretenue, monte et descend à travers des bois escarpés et des rochers majestueux; un torrent, le Rock-Creek, roule ses flots limpides, libre dans sa course vagabonde au point que les chevaux et les automobiles le traversent à gué chaque fois qu'il se rencontre avec la route. Quelle leçon de choses pour l'imagination des enfants qu'une promenade à bicyclette, ou mieux à pied, dans cette solitude sauvage conservée tout près de la ville; et quel repos d'esprit pour l'homme de travail, de pensée! Quelle ressource pour une population urbaine que ce retour d'ailleurs luxueux à la vie simple; quelle cure des maladies nerveuses, quel encouragement à vivre, à agir. Quelle douceur aussi pour le voyageur étranger de se retrouver dans la compagnie des arbres qu'il reconnaît, dans la familiarité des choses humaines et qui sont plus ou moins semblables dans' tous les pays, comme le ciel est le même toujours et partout. La variété des érables ici est infinie, depuis l'érable sycomore jusqu'à celui dont on fait un sirop qui remplace le miel. Mais voici le hêtre massif; ses bourgeons commencent à s'ouvrir; voici diverses espèces de chênes, tous graves, tardifs comme chez nous ; l'orme, le frêne ; l'acacia nerveux, le long des fossés; le charme qui ressemble au hêtre, et le bouleau blanc frémissant

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