‹ Les États-Unis d'Amérique;Chapitre 40 sur 91 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

Caractère général 4a paya. — C'est un État vaste, prospère et populeux, qui comprend la partie centrale de la grande chaîne des Alleghanys, et les plus riches mines de charbon du pays.

Montagne*. — La chaîne des Apalaohes se déploie ici dans ses plus larges proportions; elle couvre avec ses divers en>

branchements plus de ta moitié de l'État, et plus de 200 milles dans, sa partie la plus large. Elle se compose de plusieurs séries de hauteur, quelquefois très rapprochées, et séparées quelquefois par des vallées de 20 à 30 milles. Les Jfrttottnny, ou montagnes Bleues, s'étendent du Maryland au New-Jersey, en traversant le Susquehanna et le Delaware. Les Alleghanys, qui se composent d'une suite de chaînes de différents noms , forment la ligne du sommet; les pics s'élèvent quelquefois aune hauteur de 3,000 feet au-dessus du niveau de la mer. Le nom d'Alkghany est généra» lement donné à tout le système des montagnes de la Pensylvanie. Les sommets ouest de la chaîne centrale sont le Laurel ridge ( chaîne des lauriers ) et le Chestnut rida* ( chaîne des châtaigniers). Ces montagnes sont en général couvertes de forêts qui servent de sûre retraite aux ours, aux panthères, aux daims, aux raccoons, etc.

Vallée* — Les vallées du Susquehanna et de ses affluents sont très irrégulières, s'étalant quelquefois sur une étendue de 50 milles pour se resserrer ensuite en défilés étroits et rocheux qui ne laissent qu'un passage pour le cours d'eau. La campagne est ici quelquefois entièrement sauvage et pittoresque. Les vallées situées entre les montagnes sont généralement montueuses et inégales.

FteOTea et w Mër tm* — Le Delaware arrose la limite orientale de l'État, et devient navigable pour les trois-m&ts à Philadelphie. Le Lehigh et le SchuylkUl sont de petits cours d'eau qui yont se perdre dans le Delaware. L'Alleghany prend sa source dans l'État de New-York , et, coulant vers le sud , il rencontre le Moamgahela (qui prend sa source' dans la Virginie), à Pittsburg où ils se réunissent pour former ÏOhio. Le Sutquetanna a deux sources : la branche du nord sort du lac Otsego, dans le NevvYork ; la branche de l'ouest prend sa source dans la région élevée qui sépare les sommets des monts Alleghanys

de ceux du Laurel. Ce fleuve, qui a 450 milles de long, est le plus grand de cette partie des États-Unis. Il abonde en poissons, surtout en saumons et en aloses, vers son embouchure. Une grande partie de son cours est obstruée par des chutes et des rapides qui le rendent peu propre à la navigation. La Jumata, branche du Susquehauna, est célèbre pour le pittoresque de ses rives.

Rives de» lacs, — Aucune partie de cet État ne touche à la mer, mais l'angle nord-ouest s'étend à 40 milles sur le lac Érié où le port de Presquile ou Erié offre un abri aux petits navires.

Sources minérales. — Les sources de Bedford , près de la ville de ce nom, ont été découvertes en 4804. Elles sont très fréquentées pour les maladies chroniques et cutanées. Il y a aussi dans cet État quelques sources salées.

Cavernes. — Il y a dans le mont Laurel une caverne où Ton a pénétré sur une longueur de 2 milles. Des milliers de chauvessouris en habitent la voûte. A Durham, sur le Delaware, une autre caverne est parsemée d'étangs et de ruisseaux. Il y en a une troisième à Carliste, où Ton a découvert des ossements humains.

Produits végétaux. — Les immenses forêts de cet État présentent une grande variété de sapins et d'arbres à feuilles caduques ; le. catalpa y croit sans culture, et le laurier y prend les proportions de l'arbre. On en retire d'immenses quantités de bois de .charpente. Les produits de l'agriculture sont les grains de toute espèce qui y surabondent, et tous les fruits des régions douces et tempérées. Le raisin indigène y croit abondamment, et les pêches y parviennent à une rare perfection.

Animaux. — L'ours , la panthère , le raccoon et le daim sauvage sont communs dans les montagnes; l'écureuil y pullule; Vopossum se rencontre fréquemment dans les districts cultivés,

Les grues, les cailles et les pigeons y abondent. On rencontre le dindon sauvage dans quelques districts montagneux.

Minéraux. — La, Pensylvanie renferme beaucoup de minéraux usuels, entre autres : la chaux, la marne, la pierre de taille, l'argile à potier, l'ardoise, le fer et la houille. Le fer s'y rencontre sous diverses formes, et il y est travaillé dans une proportion considérable. A l'ouest, dans la région de Pittsburg, on exploite abondamment des houilles bitumineuses de la plus belle qualité ; au nord-est, entre le Delaware et le Susquehanna, il y a d'inépuisables lits d'anthracite, laquelle est expédiée comme combustible dans tous les États sur l'Atlantique. Le produit annuel de ces mines de charbon est d'environ 4,400,000 tonneaux, d'une valeur de 22 millions de dollars. Ce produit va croissant rapidement.

Climat. — La Pensylvanie a trois climats distincts. A l'est des montagnes, il est doux comme celui de New-Jersey ; dans les montagnes, l'hiver est rude, il y tombe beaucoup de neige ; à l'ouest des montagnes, les saisons sont sèehes et douces. L'automne y est long et serein.

Sol* — A Test des montagnes le sol est excellent, parce qu'il est enrichi par les cours d'eau qui descendent des montagnes. Dans le pays du centre, les hauteurs sont rocheuses et nues, mais les vallées sont fertiles ; dans la région de l'ouest, le sol est excellent, surtout au bord des rivières.

Aspect du paya* — La Pensylvanie présente un versant oriental et un versant occidental , dont les terrains sont très accidentés. La région du centre se compose de plateaux élevés traversés par des chaînes parallèles de montagnes.

Division». — La Pensylvanie renferme environ 64 comtés et 700 Unvnshi'pSy avec plusieurs cités.

Agriculture. — Elle y est pratiquée sur une large échelle. A l'est, les fermes sont vastes et habilement administrées. Les fruits abondent près de Philadelphie ; les pêches, les poires, les pommes

et le raisin y arrivent à une rare perfection. Le froment et le maïs sont les principaux objets de culture ; mais le sarrasin , 1* seigle, l'avoine, l'orge, le chanvre et le lin y sont l'objet d*ùne culture active. On s'y occupe aussi beaucoup de l'élève des mou* tons et bètcs à cornes.

Manufacture». — Elles sont variées et considérables. Celles de fer, à Pittsburg et autres lieux, fonctionnent sur une immense échelle. Ailleurs on fabrique, entre autres, du verre, des tissus de laine et de coton , des toiles cirées, des tapis; de la taillanderie, des cloches et du sel.

Commerce. — Le commerce étranger est centralisé à Philadelphie. Ce port fait aussi le commerce de cabotage, mais surtout celui des contrées de l'ouest avec lesquelles il communique par des canaux et des chemins de fer, qui aboutissent à Pittsbourg et à Weeling. Ce dernier commerce est immense. On se sert beaucoup pour les transports de grands wagons couverts, d'une construction particulière, quoique les chemins de fer et les canaux aient monopolisé la plus grande partie de ces transports.

Bot» {lum berincj). — Cette industrie a pris un développement considérable, principalement le long du Susqueh&nna.

Mine». — L'exploitation des mines se fait sur une graûdé échelle, surtout des mines de fer et dé charbon. En 1 824 , le produit des mines de charbon n'était que de ^ ,073 tonneaux; en 1831 , il était de 76,820 tonneaux; en 1841, de 95,888 tonneaux; en 4 851, de 4,383,730 tonne&ux. En 1861, il sera sans doute de 4 millions de tonneaux.

Pèches. — La pêche de l'alose et du saumon dans le Susquehanna est l'objet d'un grand commerce.

Canaux et chemins de fer. — Ils sont très nombreux , soit ceux qui appartiennent à l'État, soit ceux qui ont été construits par des compagnies. La première entreprise de cette nature, commencée en 1828, se compose d'uhe série de chemins

ÉTAT DE PBNSYLVANIE. 439

de fer et de canaux qui s'étendent à travers le pays depuis le point du Delaware où remonte la marée, jusqu'à l'Ohio, arec des embranchements en différentes directions vers toutes les parties de l'État. Le grand tronc s'étend de Philadelphie à Pittsburg, 400 milles. Ces travaux ont coûté 25 millions de dollars. Les canaux et chemins de fer exécutés par des compagnies sont aussi fort nombreux, et s'étendent sur l'État comme un vaste réseau.

En 4850, les chemins de fer achevés dans cet État formaient une longueur de 600 à 800 milles ; en 4 859, elle atteindra 4,400 milles. Il y a en outre 774 mâles de railways en construction.

Bette. — La dette de Pensylvanie est de 40,34 6,362 dollars ; ses propriétés productives- ont une valeur de 32,4 4 £,735 dollars.

■■■««€■• — Cet État possède 53 banques, au capital total de 4 8,609,784 dollars.

ÉAaeatlM. — Parmi les établissements supérieurs, il faut citer Y Université de Pensylvanie et le Girard collège, fondé par suite d'un legs de 2 millions de dollars fait par feu Slephen Girard (ces établissements sont tous deux à Philadelphie); le Dickinson collège, à Carlisle ; le Jefferton collège., à Ganonsburg, et plusieurs autres institutions de même nature. L'éducation générale est restée en arrière ; la moitié des enfants au plus est envoyée à l'école. L'attention publique est maintenant dirigée de ce côté, et l'on a établi d'excellentes écoles à Philadelphie, Pittsburg et autres grandes villes.

Philadelphie est, après New-York, la 'plus grande ville de l'Union et de l'Amérique , et l'une des premières par sa beauté, ses institutions utiles, ses manufactures de tout genre. Agréablement située entre le Delaware et le Schuylkill, à 6 milles environ de leur confluent, elle est bâtie de briques, et toutes Ses rues se croisent à angles droits. Elle possède de beaux édifices et places publiques. Parmi les édifices nous men-

1 40 ÉTATS Dt CENTRE.

tionnerons la Douane (Custom-House), ci-devant Banque des Etats-Unis, la Bourse et la Monnaie. L'Université médicale est un des plus savants établissements de cette nature que possèdent les États-Unis. Les institutions charitables y sont nombreuses, et quelques unes libéralement dotées» L'établissement du Girard collège pour les orphelins est cité pour ses belles constructions. Le Fairmount water works, château d'eau à 4 milles, de la ville, est un édifice digne d'intérêt, non moins pour la beauté pittoresque de ses environs que pour son utilité. Il puise dans le Schuylkill assez d'eau pour alimenter toute la cité. Population en 1850 : 409,353 habitants.

Avives villes. — Pittsburg, située au confluent du Monongahela et de l'Alleghany qui s'unissent plus bas et forment l'Ohio, est le centre d'un commerce étendu, le siège des principales manufactures de la Pensylvanie et l'une des plus considérables entre les villes manufacturières de l'Amérique. Le produit annuel de ses manufactures est estimé à 50 mil* lions de dollars. Population en 4 850 : 50,519 habitants. — Harrisburg, siège du gouvernement, est une jolie ville agréablement située sur le Susquehanna. — .Lancaster est une belle ville bâtie dans une région agréable, et savamment cultivée ; elle fait beaucoup de commerce avec l'intérieur. Population en 4 850 : 42,349 habitants. — Beading est une ville charmante qui fait un grand commerce et possède des manufactures considérables. Population: 4 5,748. — Pottsville, cité florissante, doit son importance aux mines, de houille de son voisinage. — Carliste, York, Chambersburg , Germantown , Easton et Bethléem sont des villes de quelque importance. — Alleghany, à l'ouest, est une ville de 914 ,262 habitants.

Distances de Blarrlstrarg a t

Millfi M.JI...

Philadelphie 98

Lancasler 62

Pitteburg 184

Pottsville , ' 62

New-York 184

Washington 110

Cincinnati 498

Boston 398

— Les habitants de cet État sont des émigrés venus de divers points de l'Europe ou des descendants de ces émigrés. Une moitié environ est d'origine anglaise ; un quart appartient à la race allemande , un huitième à l'irlandaise ; le reste se compose d'Écossais, de Flamands, de Suédois et de Hollandais. La langue anglaise y prédomine, mais l'allemand est parlé dans certains districts, et l'on publie dans cet État des journaux, des almanachs et quelques livres en allemand.

Histoire. — Le territoire de Pensylvanie fut concédé , en 1681 , à Guillaume Penn, célèbre ami ou quaker; dans l'automne de la même année , il arriva en Amérique un grand nombre de quajœrs qui commencèrent un établissement au lieu même où s'est élevée Philadelphie. L'année suivante, Penn arriva lui-même avec d'autres colons ; il fit bâtir la ville sur son plan actuel , et l'appela Philadelphie , c'est-à-dire amour fraternel. Penn entretint la paix avec les Indiens, et ses compagnons restèrent à l'abri des guerres qui fatiguèrent les autres établissements. Le Delaware, qui dans l'origine faisait partie de la colonie, a été doté d'une législation distincte.

La révolution. — Plusieurs batailles importantes furent livrées dans cet État pendant la révolution , et Philadelphie fut quelque temps entre les mains des Anglais. C'est à Valley-Forge, à 20 milles au nord-ouest de Philadelphie, que Washington prit ses quartiers d'hiver pendant l'époque la plus décourageante de la lutte. Un massacre terrible eut lieu dans la belle vallée de Wyoming , près de l'endroit où s'élève aujourd'hui la ville de Wilkesbarre. Plusieurs centaines d'habitants, hommes, femmes

442 fcTATS DU CENTRE.

et enfants, furent tués dans une irruption d'Indiens commandés par un chef du nom de Brandt, et aidés par des soldats anglais. Campbell a fait de cet événement le thème d'un de ses plus beaux poèmes. L'année 4794 fut marquée par ce qu'on a appelé la whisky rébellion, qui se manifesta dans les comtés occidentaux de la Pensylvanie. Elle ejit pour cause l'opposition à la taxe sur les esprits distillés dans les États-Unis, établie par le congrès en 4 794 . L'insurrection prit pendant un moment un aspect effrayant; mais Washington publia une proclamation, 4 $,000 hommes de milice furent dirigés contre les insurgés et le président alla luimême jusqu'à Bedford-£prings. Ces mesures ne tardèrent pas à avoir leur effet : les mécontents cédèrent, et l'affaire r se termina. 11 n'en coûta la vie qu'à trois personnes.

Page 1