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l'avenir est facile à prévoir : majorités croissantes du Nord, disproportion croissante des deux parties de la Confédération. Après quatre années d'un gouvernement Lincoln, les États à esclaves auront perdu toute espérance de lutter, avec leurs huit millions de blancs chargés de garder quatre millions de noirs, contre les vingt millions de citoyens qui habitent les États libres. Ajoutons que, l'avenir une fois fixé et la question de prépondérance une fois résolue, bien des passions tomberont une à une. Le nombre des États libres ne grandira pas seulement par le défrichement de nouveaux territoires, il grandira par l'affranchissement des esclaves clair-semés, toujours plus cl air-semés, duMaryland, du Delaware ou du Missouri. Nous pourrions décrire dès aujourd'hui cet affranchissement, tant la méthode américaine est connue. Elle consiste , comme chacun sait, à émanciper d'avance les
enfants à naître. C'est elle qui a été uniformément appliquée dans les États du Nord, et c'est elle sans aucun doute qui sera appliquée un jour dans les États limitrophes , pourvu toutefois que la guerre civile ne vienne pas y accomplir une émancipation bien différente, l'émancipation par le soulèvement des esclaves. Il n'en sera rien , je l'espère ; le progrès pacifique aura son cours. On verra alors ces États intermédiaires , les uns après les autres, retrouver la vie en même temps que la liberté : ils se transformeront comme s'ils avaient été touchés par la baguette d'une fée.
Telles sont les perspectives qui s'offrent à nous. Si nous nous souvenons, en outre, du mouvement qui commence à s'opérer dans les sociétés religieuses et dans les Églises, mouvement qui ne peut manquer de se compléter prochai-
nement, nous saurons à quoi nous en tenir sur le sort qui attend une iniquité sociale contre laquelle vont conspirer à la fois les folies de ses partisans et l'indignation de ses ennemis.
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