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ET OUVRÉS

Le fer et la houille, qui, réunis, font la richesse de TAngleterre, ne manquent point aux États-Unis. Non pas que leur production soit, à beaucoup près, aussi considérable ; mais leur richesse est bien plus grande ; elle sufQra, si besoin est, à une exploitation bien plus active, et, si la consommation ne grandit pas dans une proportion imprévue, elle fournira une inépuisable réserve aux générations à venir. Les pays voisins du lac Supérieur et la Pennsylvanie renferment de grands gisements de fer, et il y en a encore en divers autres lieux de TUnion. Quant à la houille, si les États-Unis" n'en extraient actuellement que le cinquième de ce que fait l'Angleterre, ils ont peut-être, rien que dans le bassin de Pittsburgh, une réserve de 55 milliards de tonnes !

Après une période de splendeur, qui a eu son apogée en 1873, alors que les États-Unis produi-

fe

LES ÉTATS-UNIS A L'EXPOSITION DE 181 sirent 2,868,278 tonnes de fer brut, l'indus fer eut un mauvais moment, et put paralli bien longtemps malade. Comme il arrive U en pareil cas, une panique épouvantable se ■ dès les premiers symptômes de baisse, et, ji 1876, la production ne cessa de décroître devenir pour cela plus rémunératrice. L'unnt la vit descendre à 2,093,276 tonnes.

L'année 1877 a montré un commencera retour à la vie. Non pas que les affaires so réalité beaucoup plus fructueuses. M. J. £ dans un rapport à 1' o American iron and stee ciation, n constate que la situation des chefs et des ouvriers n'est pas meilleure au 1°' avr qu'elle ne l'était au 31 décembre 1877, et n'était pas sortie à cette date du fâcheux état avait été depuis quatre ans. Les prix auxq est obligé de livrer le fer brut sont encore r pour les producteurs. Mais c'est déjà quelqu que d'avoir vu la production grandir. Cela que le moment de panique est passé, et ( dépit du malaise de cette industrie, les c:

craignent moins de se confier à elle. En 1 production a été de 2,')14,58o tonnes, chil excède celui de l'année précédente de 3 tonnes, soit un dixième et demi.

Le nombre des hauts-fourneaux existant au:

Unis était, en 1876, de 712; mais 236 sei;

fonctionnaient. En 4877, le chiffre total est monté à 716 ; et, ce qui est plus important, le nombre des hauts-fourneaux en activité s'est accru de 34.

On attribue cet accroissement à la demande plus grande faite par les petites industries, dont la consommation a augmenté, et aussi, dans une certaine mesure, à l'épuisement des stocks dont les fabricants s'étaient encombrés. Mais il faut bien avouer aussi qu'il ne doit pas être considéré comme, un symptôme trop favorable, puisque le prix de vente, non-seulement n'a pas repris une physionomie consolante pour les producteurs, mais au contraire est descendu plus bas qu'on ne l'avait jamais vu jusqu'ici.

Conclusion à en tirer, qui peut paraître étrange en Europe. Les États-Unis, qui de jour en jour tendent à nous imposer très-légitimement leurs fers fabriqués, sentent à leurs dépens que le reste du monde peut se passer de leur fer brut.

Des spécimens de ce fer ont été exposés, à la la classe 43, par M. Justice, de Philadelphie. D'autres, avec le minerai et les roues de .wagons qui les accompagnent, dans l'exposition de MM. Barnum, Richardson et C% de Lime Rock (Conn.), donnent en quelque sorte l'histoire du fer américain, depuis son extraction de la mine jusqu'à son application industrielle.

Les échantillons minéraux, sont du reste, à l'Exposition, assez nombreux et assez curieux. Ceux de

À L-EXPOSlTrON Du,ms

Californie, — minerais de métaux i singuliers d'aspect que précieux de exposés par M. Haaks Byron, altiren ment l'attention.

Les granits sans pareils du Connec par MM. M'Curdy, de Lime ; Mow bury Station, et autres ; Redpath, de ceux de la C des New England Grai Hartford, méritent bien d'être regai reuseraent le public ne s'arrête pai pierre, qui ne parle que pour l'ingéniE

Bien peu, en somme, s'intéressent \ minérales. La série des minerais et d( nickel et du cobalt, exposée p&r passe ea partie inaperçue. Nous av cobalt en France, dans le Dauphiné, d nées, mais trop peu. Quant au nicke que l'on trouve presque toujours a' connu de tout le monde, aujourd'hui q pour donner un poli sombre, durabk h la rouille, à beaucoup d'objets qi autrefois.

Ce qui intéresse les plus ignares outils, le Iter tabriqué pour servir cations nouvelles. Te! qui n'y cor s'amuse à regarder cependant des rat Ions, des écrous, des serrures, mên dous... pas lon^emps, il est vrai, donne un coup d'œil ! La grande vi

glass, par exemple, avec ses soleils de haches brillantes, se fait toujours regarder.

La quincaillerie, brillamment représentée par des maisons comme la St- Louis Stamping C", avec ses régiments de vaisseaux domestiques de tout genre uniformément gris-granités, ou comme sa voisine de Reading, la Hardware €<>, et plusieurs autres, excite ^attention des ménagères. Le batteur à œufs de la Dover Stamping C° de Boston, les pincettes parallèles de Hagstoz et Thorpe, etc., obtiennent aussi un regard.

L'industrie des outils est du reste largement représentée, et par de grosses maisons. Celle de H. Disston et fils se donne pour la plus considérable du monde. Et de fait elle occupe, à Philadelphie, un terrain de plus de huit acres; à Tacony (Pa.), un autre de quatre environ. Ses produits de tout genre, mais surtout ses scies et ses limes, s'exportent pour l'Australie, le Japon, l'Amérique du Sud, partout où le travail industriel s'éveille et oîi Id colonisation se porte. Sans compter que l'Angleterre elle-même, comme l'Allemagne, fait aussi appel à son travail. Bien d'autres maisons mériteraient d'être mentionnées à côté d'elle, soit dana la galerie du travail, soit dans l'annexe américaine.

Il est peu de visiteurs de cette dernière qui ne soient arrêtés par un rassemblement devant l'exposition de la « Globe horse shoe nail C*, » spécialité de clous de fers à cheval. Des poignées de ce pro-

duitsont distribuées au public; chacun emporte, essaie et juge. Il est certain que ces clous, parfaitement lisses, effilés, raides, à pointe d'une solidité extrême, pénètrent très-aisément dans la corne du sabot; et il y a des chances, au cas où un accident leur ferait rencontrer la partie sensible, pour qu'ils la blessent beaucoup moins que ne font les clous ordinaires, pour la plupart raboteux et baveux. Quant à la question du rivage, nous sommes obligés de convenir que nous n'avons jamais vu de métal à la fois plus souple et plus résistant; et que, sauf une expérience prolongée que personne en France n'a encore pu faire, nous serions portés à admettre les éloges donnés à ces clous par tous les généraux et officiers supérieurs des armées américaines, qui ont été appelés à les essayer.

L'industrie houillère est peu représentée à l'Exposition. Cependant M. Delaplair, de Wheeling, a envoyé des échantillons intéressants de presque tous les produits, — ou plutôt les états, — du charbon de terre, en même temps qu'une collection de minerais variés. Dans le groupe suivant (classe 50), on retrouve la question houillère, avec le matériel de la « Lechner mining machine C°, » de Columbus (Ohio) ; la machine pour extraire le charbon de la mine est généralement employée aujourd'hui dans les divers lieux d'exploitation du territoire de l'Union. La « Philadelphia and Reading Coal and

IroD C^ » a envoyé aussi des spédmens de ses charbons d'anthracite.

Les charbons américains ne sont encore» pour le consommateur européen, qu'un objet de curiosité. L'Europe est si riche elle-même en combustible minéral qu'elle a le droit d'oublier pour un temps que sa richesse est limitée ! Les calculs les plus pessimistes, tout en prédisant l'épuisement de ce que le sol renferme encore, donne un répit plus que rassurant : il se chiffre par quelques siècles !

Les houillères du terrain carbonifère aux États- Unis, se répartissent en quatre grands bassins, le a Great Alleghany coalfield », le a Great central coal field », le « Great western field », et le a Northern coal field of Michigan » .

Le grand bassin houiller de TAlleghany est long de plus de 350 milles, large de plus de 450, occupant par conséquent au moins 50,000 carrés. Il s'étend du nord-est au sud-ouest, couvrant la partie occidentale de la Pennsylvanie, la partie sudouest de rOhio, la frontière ouest du Maryland, la partie orientale du Kentucky ; il traverse l'État de Tennessee, et vient finir au milieu de l'Alabama. Les dépôts anthraciteux de la Pennsylvanie et les dépôts semi-bitumineux de la Pennsylvanie et du Maryland font partie de ce grand bassin ; ils ont été autrefois rattachés à sa masse, mais ils en ont été séparés par le soulèvement et l'érosion des AUeghanys après la fin de la période houillère.

Le grand bassin central est séparé de celui de TAlleghany par les terrains infra-carbonifères du pays de Cincinnati. Il est tout entier compris dans les États de Kentucky, Indiana et Illinois ; mais il est presque aussi grand que le bassin alleghanien, comprenant 49,000 milles carrés, dont 36,000 pour rillinois seul. La plus grande épaisseur connue des couches carbonifères est de 500 pieds. Les couches sont très-irrégulièrement disposées, et la houille ne vaut pas, au moins sur la plupart des points, le magnifique combustible du bassin alleghanien. A Touest, la limite est le cours même du Mississipi, qui coule dans la houillère. Dans HUinois, les grands centres d'exploitation sont la région du Bfg Muddy, la région Du Quoin, la région de Belleville, la région de Danville, la région de La Salle et la région de Wilmington. Cet État est le troisième de l'Union pour la production de la houille, la Pennsylvanie et TOhio passant seuls devant lui ; quoiqu'on ne puisse évaluer nettement ce qu'il contient de combustible, on est à peu près sûr qu'il en possède plus que l'Ohio, quelque chose comme 11 i milliards et demi de tonnes !

Le grand bassin de l'ouest n'est qu'un prolongement du bassin central, duquel le sépare seulement l'érosion de la vallée du Mississioi. Il s'étend sur de vastes parties des Etats d'Iorva, de Missouri, de Kansas, d'Arkansas, du territoire Indien et du Texas. Son étendue est indéfinie,

inconnue. I/exploitation se poursuit vigoureusement dans plusieurs districts de Tlowa, du Missouri, du Kansas. Dans llowa, sur la rivière des Moines, au fort Dodge, dans Je comté de Webster, un centre d'exploitation sérieux se développe ; et il en est de môme dans le comté de Polk, à Des Moines-City, capitale de TEtat.

Pour le pétrole, le monde entier est tributaire dç l'Amérique du Nord, au moins pour une partie de sa consommation quotidienne* Il est certain que nulle part dans le monde les sources de pétrole ne sont aussi abondantes et aussi nombreuses qu'aux États-Unis. Les fameux puits de feu inépuisables qu'adoraient les anciens Perses, les sources de naphthe que les Grecs connaissaient et exploitaient dans nie de Zacynthe, les puits d'Angleterre, de Suède, d'Allemagne, de Valachie, et probablement aussi ceux, assez nombreux, que certaines provinces de l'empire chinois renferment, le cèdent certainement au Kanawha et à la Pennsylvanie. Quant à la France, il y a longtemps qu'elle connaît le pétrole : en 4608, on en découvrit une source près de Pézenas, h Gabian.... Jusqu'ici, c'est la seule !... Le pétrole a porté longtemps chez nous le nom d' « huile de Gabian. »

L'objet le plus intéressant que renferme l'Exposition, concernant l'exploitation du pétrole, est peutêtre le StoivelVs Petroleum Reporter, publication périodique, que l'on peut consulter à la biblio-

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thèque do 1' « Iran Afçe. o Empruntons-lui quelques détails sur cette puissante industrie :

En 1877, le commerce de pétrole subit diverses vicissitudes. Au commencement de l'année, les raffineurs firent de très-belles affaires, parce que les acfieteurseuropéena.ayantsuspenduassezlonglemps leurs achats, avaient épuisé leurs stocks, et se trouvaient à leur merci. La dureté de l'hiver, qui gela les ports pendant les mois de janvier et de février, ajouta à la difGculté. Mais vers le mois d'avril, tout changea. Une guerre de concurrence se déclara entre deux puissantes Compagnies, 1' « Empire Linen et la « Standard Oil C s , dont l'effet Tut de faire baisser le fret et de réduire les bénéQces des rafQneurs. Les consommateurs et les acheteurs étrangers, pro&lant de ces avantages et du prix extraordinairement bas où tomba le fret d'Océan, firent d'immenses achats, presque sans interruption, jusqu'en octobre. L'huile arriva en bien plus grande abondance que l'année précédente sur les nouveaux centres de consommation, les anciens ports pétroliers en reçurent encore plus que jamais, etmôme les centres de l'intérieur s'approvisionnèrent d'une manière inaccoutumée.

Le résullat immédiat de ces événements a été, en Amérique, un accroissement extraordinaire de la production des huiles brutes. La fin de l'année a trouvé les ports d'Europe plus qu'approvisionnés, les centres de consommation européens presque sur-

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chargés, ef en même temps la production continuant toujours à grandir.

Sur le terrain même de production, beaucoup de choses inattendues se sont produites. Le bassin de BuUion, par exemple, s*est trouvé beaucoup plus riche qu'on ne Tavait espéré, mais d'une richesse • éphémère, et il toiisse beaucoup maintenant. La région de Bradford promet d'être d'une grande étendue, d'un produit sûr et d'une exploitation peutêtre moins chère que celles d'aucun bassin jusqu'ici connu. La découverte y a déjà dépassé les moyens d'exploitation. Il semble donc que, malgré la production exagérée que Ton demande aux terrains pétroliers, leur richesse est bien loin du jour où elle disparaîtra, ou même décroîtra.

L'année 1871 a été une année de prospérité exceptionnelle, quoique, dans les derniers mois, les producteurs aient commencé à ressentir les effets de leur concurrence fiévreuse et de l'encombrement qui en est résulté en même temps que la diminution des prix. Dans l'exportation, le fait nouveau a été l'importance des chargements effectués pour des ports qui, iusqu'ici, n'avaient demandé que des quantités assez médiocres. Les Indes Néerlandaises, par exemple, ont pris plus du double de leur consommation de 1876 ; de même la Chine, l'Inde Anglaise, Gibraltar, Malte et un grand nombre de places de second ordre.

Tout ce qui regarde le pétrole est si peu connu

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dans notre paya, qu'il est iutéreaaanl de donner une itatialique approximative de la production uitx Étal»- Uois dans les deux dernières années.

En 1876. le chiffre a été de 9,175.906 barila d'butle brute; en 1S77, ia,490, 171 : soit4,3U,2&g de plus que l'année précédente.

En 1876, la praduction moyenne par jour était de 2â,t40 barils; en 1877, elle s'est élevée k 36.959 : soit 11,819 de plus par vingt-quatre heures.

Un des emplois les plus intéressants du pétrole est asBurément son application à l'art médical. De tout temps elle a été essayée : sous les noms de Goudron delaBarbade, d'huile de Roche, d'huile de Seneca, d'huile naturelle, le pétrole a servi pendant des siècles à des préparations plus ou moins scientifiques et pluB ou moins avouées par la Faculté. Les allopatbes, encore aujourd'hui, s'en servent comme vermifuge, et dans certaines afTecliona des intestins; les homceopathes l'emploient, alterné avec l'ipecacuanba, dans la dyssenterie des enfants, mais Surtout pour combattre certaines incommodités de la peau, particulièrement tes sueurs fétides, la tendance k l'ulcération,

C'est dans cet ordre d'idées que M. E.-F. Hougbton, de Philadelphie, présente sous le nom de Cosmolicie une ■ paraf^ne bourde, oléagineuse et hydro- carbonique >, qui est tout simplement le pétrole soigneusement raffiné, et dégagé aussi par- ^tement que posnble des principes irritants qu'il

renferme à Tétat brut. Son but évident est de remplacer la glycérine partout où est à craindre l'action piquante, légèrement corrosive, de celle-ci. Ses avantages sont, d'après son auteur, de résister beaucoup mieux qu'elle à Faction atmosphérique, n'ayant aucune affinité avec Toxygène ni avec Thumidité^ de ne point se décomposer, de ne pas fermenter, de ne pas devenir rance, de n'être pas sensible aux variations de la température.

Quant aux vertus curatives spéciales que le pétrole peut posséder, nous sommes parfaitement disposés à les admettre. Elles ont été universellement reconnues par tous les peuples depuis Tâge le plus antique ; et la médecine traditionnelle les connaît là où il n'existe pas d'autre médecine, là surtout où leur emploi peut être à chaque instant réclamé.

Nous avons entendu un voyageur, au retour d'une expédition dans la Nubie et l'Abyssinie, les vanter en connaissance de cause.

Dans ces pays où les nuits sont fraîches, surtout en comparaison de l'effroyable chaleur du jour, les habitants couchent nus sur la terre, ou sur des nattes, sous de mauvais abris, même en plein air. Aussi les rhumatismes, les douleurs de toute espèce leur arrivent dès la jeunesse, et ne les lâchent plus. C'est tellement bien le mal du pays que notre Européen ne put y échapper.

Un jour qu'il souffrait plus que de coutume, on lui amena pour le soigner une vieille, espèce de sor-

A L'KXPOSITION DE 1878

cière, gardienne d'un temple, très-v toutes les tribus. Cette femme lui avoua ( elle-même atteinte de douleurs, mais qu' inquiétait pas.

— « Quand je souffre, dit-elle, je \ source qui sent mauvais ; je prends de ma main, et je frotte la partie malade jus ma main soit sèche. £^ douleur s'en suite. Si elle revient, là où ailleurs, mence. »

Le voyageur alla à la source. C'étai écoulements de oaphlhe que les ancien) connaissaient, et dont ils se servaient embaumements et pour diverses prépare raires, médicales ou magiques. La bonni appliqua le remède qu'aurait appliqué i contemporain des Pyramides ou des U Sakkarah.

De Fait, l'atome du pétrole est un deE que l'on connaisse, et ne doit avoir auci pénétrer k travers les pores. L'absorp Comme la substance absorbée est un c ne peut faire que du bien h un muscle, ii ment des propriétés actives qu'il fai reconnaître.

Les produits chimiques, et surtout li et les industries médicinales, sont la sérieusement représentées dans la sec CBÏne. Il est certain que si quelque part

ment médical est actif, c'est dans les États-Unis. On •dit souvent que, dans notre Europe, la chirurgie seule marche à grands pas, et que la médecine reste en arrière. Il n'en est pas de môme aux États-Unis. Là-bas, le goût et l'intelligence des sciences naturelles, qui ne sont chez nous le partage que d'un petit nombre* de savants, sont très-généralement répandus; les magnifiques établissements d'instruction supérieure ou de recherches scientifiques qui ont été fondés, ont toujours placé ces sciences au premier rang. Il en est résulté que le désir, l'habitude, le talent d'observer se sont sérieusement développés dans l'esprit de cette race pratique ; d'autre part, la hardiesse des idées, le goût des aventures scientifiques ont suscité partout les essais, les recherches, le mouvement. On s'accorde généralement à reconnaître que, dans le système homœopathique, les États- Unis tiennent la tête, comme nombre et comme valeur des médecins, des établissements, des publications, des pharmacies. L'exposition de M. Smith, de New- York, ne la fera pas déchoir de ce rang dans l'opinion des spécialistes.

Quant aux drogues et produits pharmaceutiques, ils abondent. Les maisons Haie et Parshall, de New^-York, Wolf et Keech, de Centreville (Mich.)et autres donnent des spécimens des principales huiles essentielle^ employées par la droguerie. Pour les produits plus spécialement américains, voir le a Philadelphia Collège of Pharmacy ». Il n'est pas

possible d^énumérer tout ce qu'il y aurait à connaître : d'autant plus que, pour qui voudrait se rendre véritablement compte des choses, chacune de ces expositions mériterait une longue étude; que signifient, pour Teell, des bocaux remplis de liqueurs vertes, noires ou jaunes ?

L'une de ces expositions, vers laquelle tout le monde est du reste attiré par l'aspect élégant du grand pavillon en noyer noir qui la renferme, peut donner une idée de ce qu'est la droguerie aux États- Unis. La maison Tilden et C% de New- York, possède à New-Lebanon une immense ferme de 600 acres, dans laquelle elle cultive elle-même toutes les plantes médicinales qui ont avantage à être employées vertes : elle n'achète sèches que les plantes qui doivent être employées à l'état sec.

Cette maison a été la première à introduire dans la pharmacie américaine le système des a iQuid extracts », extraits liquides, 'préparés de telle manière qu'une once de chaque extrait représente exactement une once de la matière brute : les produits sont contrôlés par une double analyse, analyse de la plante avant toute manipulation, analyse de l'extrait après le travail ; il est facile, de cette manière, d'avoir une uniformité parfaite du produit. A la ferme même est attaché le laboratoire, où se font les analyses, et où se préparent tous les produits, solides et liquides, comme aussi les concentrations par le procédé « dans le vide ». Par un

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perfectionnement de la méthode, tous les articles sont manipulés à une température de moins de 400 degrés Fahrenheit, qui conserve à la fois la couleur, l'odeur, et les qualités thérapeutiques de la substance employée.

Ce procédé, du reste, est extrêmement simple. La maison Tilden possède de grands appareils à évaporation, d'une capacité variant entre 420 et 4,000 litres, et construits de manière que les plus grands peuvent évaporer plus de 400 litres de liquide à l'heure. L'air est retiré de ces appareils par deux fortes pompes à air, travaillant dans leur propre vide, et mises en jeu par une puissante machine. Les plantes sont ensuite broyées par de grosses meules ; et le jus, exprimé par des presses puissantes, est évaporé, à basse température, comme on l'a vu.

La maison fait elle-même ses bouteilles, ses étiquettes, ses dorures, ses impressions ; et elle publie deux journaux, le « Physician's Diary » et le « Journal de matière médicale des États-Unis » . Trois millions d'affaires par an représentent le mouvement de cette droguerie colossale ! L'an prochain, une succursale sera ouverte à Londres ; depuis longtemps une partie des produits du grand laboratoire de New-Lebanon sort des États-Unis et se répand dans le Canada, l'Amérique du Sud, les îles Sandwich, le Japon et l'Australie.

Un détail singulier : Une des spécialités de la

A L'EXPOSITION DE 1878 maison Tilden, le bromo-chloral, a joi dans la guerre turco-russe. Les maho peine k croire qu'ils puissent être reçus s'ils n'apportent pas leurs membres au i plus souvent ils préfèrent la morL à l'i Le bromo-chloral, dilué dans de l'eau sur les blessures, a souvent donné raisc tétés : tel d'entre eux a conservé bras qui serait oul-de-jatte ou manchot s'i chrétieni De très-grandes quantités c produit ont été expédiées aux hûpitaus dant toute la durée de la guerre.

La maison Tilden est représentée à 1 par le docteur Merkel, qui se fait un donner ses Eoinsel d'appliquer les médi la maison aux indisposés et aux maladi vent se trouver à sa portée.

L'annexe américaine contient peu de (

intéressantes que la collection des boi encore, aux États-Unis, une richesse im bois d'ébénisterie, dont les échantillons breux, sont presque tous des essences pâles, des érables moirés, des loupes dï espèces, des frênes, des érables, entre a macropkytlum, qu'on trouve en Câlifor rOregon, et cinq ou six autres espèces des pruntis nombreux. Tous ces bois soi soit comme matière de meubles, soit {

des meubles plus foncés, à Tintérieur ou à Texterieur.

Les bois noirs sont en général des noyers, dont les espèces sont nombreuses : le Juglans nigra, de TOhio et du Mississipi, bois national par excellence; le Juglans cinerea, de Pennsylvanie ; le Juglans califomica et le Juglans rupestris, tous deux de TArizona et du Nouveau- Mexique. Ajoutons-y le Cary a olivaefonniSy ainsi que plusieurs autres espèces de . Cary a, La Floride donne le Mimusops Siberi et le Rhyzophore mangle, que produisent aussi la Louisiane et les côtes du Texas, et dont le bois noir tire sur le rouge. VOlneya tesotùy du Nouveau-Mexique et de rArizona» ne dépasse malheureusement pas 0"!0 à (y"l2 de diamètre. De beaux échantillons du Gayacum sanctum^ le lignum vitae de la Floride, assez rare, jamais très-gros, mais d'un beau bois noir rayé de jaune. Le môme Etat, dans sa partie méridionale, donne YAviscenia oblongifolia.

Le nombre des essences franchement jaunes est très-faible. Le Maclura aurantiacay le bois des Osages, qui vient de l'Arkansas et du Texas, reçut d'abord le nom de bois d'are, parce que lés premiers trappeurs canadiens qui le découvrirent, le virent employé à cel usage par les Indiens qu'ils renoontraient. Le Morus rubra est d'un jaune pâle; il vient des États de l'Ouest. Le Cladasiri» tinctoniej du Tennessee et du Kentuoky, mérite vraiment le nom de

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bois jaune, et par sa couleur et par Temploi qu'on en fait.

Les bois rouges sont également peu communs, et leurs teintes dépassent rarement celle du cédrelle ou bois crayon. Quelques espèces d'arbres verts, voisines des genévriers, ont des bois d'assez belle teinte : par exemple, le genévrier rouge ou cèdre de Floride, Juniperus virginiana \ le Séquoia serapervirens de Californie ; le Pinus ponderosa, rouge pâle, qui vient du Colorado, de TUtah et des montagnes du Wyoming. VAmelancher canadensis, de TEst, est d'un rouge encore plus pâle, de même que le Gleditschia monosperma de TlUinois. Le Prosopis glandulosa^ qui vint du Texas à la Californie, n'est pas un arbre de grande taille, mais le bois est d'un rouge plus foncé. Le Lilas de Californie, au contraire {Ceanothus Thyrsiflora), et le Ceanoihus divaricata, du même pays, sont encore des essences rouge pâle.

Cet aperçu des bois colorés ne saurait donner une idée des richesses forestières exposées par les États-Unis. Dans la collection, le total des espèces atteignant plus de 6 mètres de hauteur monte au chiffre énorme de 418. Naturellement ces espèces sont très-variées de grandeur, de valeur, d'usages...

Les espèces de chênes sont nombreuses ; les pruniers et les cerisiers également ; les noyers de môme, les érables aussi ; les châtaigniers ^ les bouleaux et les aiunes présentent des espèces de grains très-différents

^éà

et de résistance Irès-inégale. Parmi les pins seulement, on compte 35 espèces différentes; parmi les apins, iT^armiles mélèzes, 3, sans compter les essences tout à fait analogues ; les cyprès sont au nombre de 6; les séquoias, 2; Ips genévriers^ 7. Qu'on juge, par cette population si variée de conifères, des ressources sans mesure du pays [

Au nombre des t produits agricoles non alimenfaires, » les Etats-Unis font une très-grande place à Tune de leurs plus grandes richesses, le .tabac. Il y en a partout, et en très- grande abondance ; malheureusement, des tabacs en feuille, même des tabacs manufacturés, n'intéressent que peu le public, parce qu'il ne se rend pas compte. C'est un peu le défaut de toutes les expositions comme la nôfre. Très-bien combinées au point de vue des gens spéciaux, qui viennent prendre des renseignements sur une matière déjà connue d'eux, et au point de vue des négociants, qui font des affaires, elles ne le sont pas si bien au point de vue du simple visiteur, qui demande seulement à s'instruire un peu, et non pas seulement à errer, la, bouche béante et les yeux dans le vague, à travers des galeries peuplées d'objets inexpliqués. Une dégustation pour les tabacs, analogue à celle qui existe pour les vins, serait assez bien vue des fumeurs, à ce qu'il semble.

Les États-Unis exportent annuellement près de 400 millions de kilogrammes de tabac. Les cigares

A L'EXPOSITION DE 1878 et le tabac à priser enlrent pour une ' dans ce chiffre ; presque tout est tat la France reçoit beaucoup de ces t qui sont manufacturées ici par la rég culture du tabac soit répandue dans u partie dts États-Unis, c'est toujoui le Maryland, la Virginie et la Louisiai la tête. C'est à eux particulièremen doit d'être, de beaucoup, la 'plus imp( du monde pour la production du tabs « L'importance de l'industrie des ci Unis, dit VAmerican Cyclopœdia, si les capitaux et le nombre de bras qi la met au premier rang après l'agric pas probable qu'elle occupe ce rang i où le fer, le coton, la laine tiennent place, ni nulle part dans l'Europe, où tion du cuir, par rapport à la populat coup plus faible qu'aux États-Unis. I parties du monde, sauf les Ëlatsrique anglaise, l'Europe orientale e l'Australie, la production en cuirs est ment très-pelite, et médiocre comr plus grande partie des peaux brutes travailler dans les pays que nous vei mer.

La statistique la plus complète de 1 cuirs aux États-Unis a été faite, pour au Congrès de 1870, par M. David

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valeurs créées par les industries maîtresses s'y comptent comme suit : agriculture, 3,282,950,000 dollars; cbemins de f(^, 360,000,000; ciùrs, 222,600,000; fer, 419,950,000. L'industrie de la cordonnerie, à elle seule, entre dans le total pour 24,625,200.

La plus grosse part, et de beaucoup, dans cette industrie, appartient aux États atlantiques. Le Kentucky et les États au nord de TOhio ont encore une corroierie importante; mais, du côté du Pacifique, il ne se fait, comparativement, que peu de chose. Le cuir fait dans toute la Nouvelle-Angleterre, et une grande partie de celui du New- York, trouvent leur marché principal à Boston, qui est le premier marché des États-Unis pour le cuir à empeignes, et Tun des premiers pour le cuir à semelles. New- York est le marché principal pour le cuir de semelles et pour l'importation de veau , chevreau, etc. »

On s'explique facilement ainsi que l'exposition américaine des cuirs soit si riche. Non-seulement toutes les espèces de cuirs y figurent, et à leurs divers états, mais ce qui concerne leur fabrication et leurs préparations diverses peut aussi être étudié.

Naturellement le tan tient sa place légitime, et des établissements importants, comme Leas et M'Vitty, par exemple, ne manquent pas d'indiquer que leur <( saltiUo » pour semelles est préparé au

pur tan da châne. Mais les autres Bubatances a gués sont exposées égalomeiit. Voici le S (itkua cotiaria), exposé par M. Hurkamp, de f rickabuT^h (Va.) : c'est le s Rouvre des corroyai originaire des parties méridionales de l'Euro dea parties septentrionales de l'Afrique, oîi il i traiter les peaux de chèvres qui deviennent le roquin. Une partie des peaux préparées en . rique sont tannées avec l'écorce du Hemloi sapin de Virginie, qui appartient en pro| l'Amérique du Nord. MM. Adams et Shale Vandalia (N.-Y.), ont fait un extrait de son é< qu'ils recommandent comme supérieur h L'avantage est de gagner tout le temps qui i nécessaire pour manipuler, broyer, préparer, i mot, le tan; de supprimer les dépenses que c site une grosse provision d'écorces; et enl pouvoir doser très-exactement, à volonté, la de la liqueur qu'on emploie. Il y a longtem nos souvenirs sont exacts, que pareille chose tentée pour le tan de chône; mais les rés n'ont pas été de nature à supprimer l'empl l'écorce elle-même dans la plupart des étal menls.

Parmi les maisons qui ont envoyé leurs pr< à la clasae de la corroierie, on ne sait vraimei nommer. Aussi bien le spécialiste saura-t-iJ jours s'adresser à celui dont le produit l'inté tondis que le pasMDt n'a aucune rûson pwii

232 LES ÉfTATS-UNIS

cuper plutôt des peaux de veaux de M. Zipp, de Baltimore, que des peaux de chevreaux de MM. Adams et Keen, de Philadelphie, ou des cuiBs de Buttler, Dunn et C*, de Boston ; de M. Lapham, de New- York ; ou des semelles de Thorne, M'Farlane et C«. La maison Hoyt, une des principales, attache une grande importance à ses courroies de transmission à court recouvrement, d'une solidité et d'une durée parfaitement rassurantes pour le mécanicien qui les emploie. Les courroies à bon marché sont découpées dans toute la lons^ueur de la peau de l'animal, depuis la queue jusqu'au cou : une partie de leur longueur est donc prise sur les épaules, dont le cuir est beaucoup moins résistant. Ces courroies, dans toute leur longueur, présentent, alternativement, un court recouvrement (là où deux extrémités de cœur de cuir se rencontrent) et un long recouvrement (là où deux extrémités d'épaule se rattachent) : on les appelle pour cela a courroies à long recouvrement » . Elles finissent toujours par manquer par l'usure des parties d'épaule. Les courroies comme celles de la maison Hoyt coûtent plus cher, parce qu'elles sont découpées uniquement dans la partie postérieure de la peau (le dos et la croupe), dite <( cœur du cuir » ; on s'arrête avant d'arriver à l'épaule. Elles ne présentent donc, une fois faites, que de « courts recouvrements » sur toute la longueur. Comme le cuir est ainsi bien homogène, elles ne s'étirent dans aucune de leurs parties, courent, par

conséquent, bien égale, faire toute li tendis que, ment » , cha dos h sa voi

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