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ÉDUCATION ET ENSEIGNEMENT — MATÉRIEL ET PROCÉDÉS DES ARTS LIBÉRAUX

La première place dans Texposition des États- Unis appartient au groupe II ; et, dans ce groupe, le premier rang, pour peu qu'on Tétudie, revient à ^Instruction Publique.

Les États-Unis sont peut-être le pays du monde où rinstruction publique occupe le plus d^esprits, et ils sont certainement celui où TÉtat y prend le plus d'intérêt. Cependant ils ne possèdent pas de ministère de rinstruction publique. C'est que chez eux, V État y ce n'est pas le gouvernement fédéral, c'est chaque État, souverain chez lui de par sa constitution propre, et n'ayant aliéné entre les mains des chefs de l'Union que la direction des aflaires générales. L'instruction publique est une affaire « domestique )) pour chaque État. Il n'existe d'autre trace d'une centralisation quelconque que le Bureau National d'Éducation à Washington ; mais ce n'est

ni une administration, ni un pouvoir : ce n'est qu'une commission permanente de statistique. C'est lui qui recueille perpétuellement tous les renseignements relatifs à Tétat de l'instruction publique, et qui les consigné dans son rapport. Grâce à lui, l'Amérique sait toujours combien de ses enfants fréquentent les écoles, combien s'arrêtent au premier degré, combien vont plus loin, combien abordent les études supérieures.

L'enseignement, l'instruction du peuple a toujours été une des principales préoccupation^ de l'Union américaine, et nulle part semblable soin n'a été mieux justifié. En effet, dans un pays où chacun prend une part active au gouvernement de sa commune, du comté, de l'État, de la Confédération même, il est nécessaire que l'administration du corps social, dans ses parties et dans son ensemble, ne puisse pas se trouver à la merci d'une foule ignare et sans aucune culture. De plus, aux États- Unis, il faut que chacun travaille, et, sans instruction, le travail est mort : tout, dans ce pays largement ouvert aux innovations, aux colonisations, aux découvertes, prend un caractère industriel, tout, même l'agriculture : et l'industrie a besoin de bras intelligents pour agir, et de têtes savantes pour conduire. Enfin les États-Unis reçoivent annuellement plusieurs centaines de mille individus, généralement sortis des classes inférieures de la société européenne, dont beaucoup sont illettrés, dont fort

peu sont seulement instruits, et qui meuaceri ' d'écraser sous leur nombre la population plu; moins cultivée.

Toutes ces raisons ont fait que, do tout tci les hommes j^ui songeaient à assurer la durée i prospérité de l'Union américaine, ont songé et vaille àrinsLruclioa de ses citoyens. Mais il une raison qui devait conduire, non plus seuler les particuliers, mais les pouvoirs publics à in venir dans cette question capitale. L'Amérique effet, qui reçoit les déshérités ou les aventurien reste du monde, a le droit, en échange de l'hos] lité, de la vie, et souvent de la richesse qu'elle donne, d'exiger d'eux qu'ils soient à elle, qu'ils viennent Américains, ou, en tout cas, qu'ils lui i nent des familles américLiines. C'est l'éducation blique qui fait de ces lîls d'Irlandais, de Canadi d'Allemands des Américains véritables.

Ainsi, par le besoin d'instruction largen répandue et par le besoin d'une instruction ns nale, les États de la Confédération américiiine été conduits à prendre les mesures qui pouvaiei mieux conduire h ces deux buts. La principale a l'application de « Frce school system », c'es dire de la gratuité de l'instruction élémentair tous les degrés. La conséquence naturelle était bligatioQ de l'instruction primaire. Pendant le temps ces réfonnes furent purement locales :

c'était une école soutenue par une fondation particuliôre qui donnait gratuitement Tinstruction ; là, c'était un État qui la prenait à sa charge.

La Société pour la propagation des t Free schools » avait du reste à citer des précédents plus anciens que l'Union elle-même. Dès le tempe de la fondation des colonies de la Nouvelle-Angletert'e, le principe de la gratuité de l^école y avait été admis. Mais ce qui avait été d'une application facile pour chacune de ces petites communautés presbytériennes du dix-septième siècle, était devenu impossible plus tard, quand ces États avaient grandi dans la fièvre d'une colonisation incessante et d'un développement extraordinaire. On en était arrivé au régime de l'école payante ; le pauvre y était admis, mais en justifiant de son indigence pour ôtre inscrit sur la liste de gratuité. La Pennsylvanie la première avait introduit dans sa constitution une disposition ainsi conçue : a La législation veillera à ce que les écoles soient organisées de manière que les indigents reçoivent l'éducation gratuitement. » Longtemps ils n'en reçurent aucune : l'humiliante disposition qui avait pour but de leur ouvrir les portes de l'école, n'avait pour effet que de les en écarter. Mais on fut fort longtemps à trouver mieux que l'ancien système. Une loi nouvelle, en 1809, ne fit pas grand'chose : ce ne fut qu'en 1818 que le principe fut proclamé, et en 1836 qu'une loi en régla l'application définitive.

Ce principe, qui a depuis triomphé dans lous les Ëtats-Ums, est celui-ci : la chtwge des écoles "" répartie entre tous les citoyens, chacun payant vaut sa fortune, et tous pouvant étudier. A. pt do 1857, soutenu par des hommes sérieux, ■ vaincus, riches, connus et écoutés, comme Mann et H, Greeley, le mouvement en faveur t gratuité universelle fut si fort qu'il ne tarda pi triompher. Entre 1860 et 1870, la gratuité adoptée par tous les États. Le Sud seul, il fau dire,' lui ÛL une opposition acharnée ; il n'eni pas dans son intérêt de répandre l'instruction, il devait toujours craindre qu'elle ne pénétr&t juE chez les nègres. Mais, pendant cette période guerre de la Sécession est venue briser sa puissa: et si, depuis, l'éducation n'a guère fait de proj dans les États méridionaux, du moins elle n'y contre plus d'entraves législatives.

Une conséquence, nécessaire suivant les i f&cheusB et nuisible selon les autres, de la grat de l'enseignement a été, est, ou sera partout c rendre obligatoire. Aujourd'hui, plus de qu Ëlats ou territoires ont déjà pris cette mesure autres paraissent attendre, fort sagement, qu temps les y amène : la gratuité de l'enseignen et les besoins de la vie moderne créent une es{ d'obligation morale et sociale qui, de plus en puissante, supplée & l'obligation légale, et qui tous cas, lorsqu'elle sera passée dans les mœ

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rendra moins sensible et rùoins violente la transition à celle-ci. Ces États sont peut-être les plus sages; car l'obligation n"a pas bien réussi. Le Massachussetts, qui s'honore de marcher à la tête de rUnion dans ce qui concerne l'instruction publique, est obligé d'avouer que a la non- fréquentation est le fléau de ses écoles », que le mot a d'obligation a perdu son sens », et qu'un et nombre croissant d'enfants vagabonds grandissent pour le vice et le crime » . Mais il faut attendre le remède à cette situation du temps, qui se chargera de régulariser la direction des écoles inférieures, de créer des mœurs scolaires, qui n'existent pas encore, et de multiplier les écoles, dont le nombre est encore trop faible dans les districts ruraux.

L'unité sociale aux États-Unis est la « towmhip » comprenant la population de chaque carré de 93 kilomètres carrés : c'est là la commune rurale ; les villes et cités sont à part. Chaque État comprend plusieurs comtés, entre lesquels sont réparties les (c townships ». Chaque État, étant seul chargé de l'instruction publique chez lui, a un ministère spécial, ou plutôt une commission qui en a la surveillance. Cette commission s'appelle « State Board of Education » ; à côté d'elle est un « State Superintendent», chargé de la direction et de la surveillance de tous les établissements publics. Dans quelques chefs-lieux de comté siège un « County board of Education » , et avec lui un « County Superin-

tendent » . Au chef-lieu de chaque «. township » siège un « School Board » , et il y en a quelquefois d'autres dans les districts de la commune : ces bureaux ont Tadministration de tout ce qui appartient dans la commune au service de renseignement. Les "villes sont divisées en district^ scolaires, dont chacun, ordinairement, a une école de grammaire et une école primaire. Enfin, de grandes cités, comme New-York ou Philadelphie, se donnent le luxe d'une administration à deux degrés, avec un bureau municipal, « City Board », et des bureaux dans chacun de leurs districts.

Il y a deux grandes catégq;:'ies d'écoles : les nongraduées, généralement primaires, fonctionnant dans des districts ruraux, et qui n'ont point de programmes, et, le plus souvent, pas de maîtres munis de diplômes; les graduées, dont Torganisation, le plan d'étude et la condition des maîtres sont fixés, et dont les trois degrés, « Primary school », a Grammar school », « High school », peuvent conduire le jeune homme jusqu'à ce qui est chez nous la partie supérieure de l'enseignement secondaire.

Enfin, à tous ces établissements fondés, entretenus, payés, administrés, dirigés par les États, il convient de joindre le nombre immense des fondations particulières; mais celles-ci appartiennent surtout à ce que nous appellerions ici l'enseignement secondaire et l'enseignement supérieur.

Dans ces dernières années, les Etats et u township » dépensaient annuellement pour Téducation une somme totale de 80 millions de dollars.

fe L instruction secondaire est donnée, aux Etats-

Unis, dans les « High Schools », mais surtout dans les Collèges. Un collège est une grande fondation, généralement d'origine privée, où les jeunes gens viennent suivre le cours d'études qui correspond aux classes supérieures de nos lycées. Ils y restent ordinairement quatre ans, de seize à vingt, et y atteignent le grade de « Bachelor of arts » , quelque chose comme notre baccalauréat ès-lettres. Du reste, rien n'est uniforme dans cette organisation.

L'enseignement supérieur se fait dans les universités, ou dans les collèges ; car les deux mots ne désignent pas des choses essentiellement différentes. Un collège qui, outre le cours des études secondaires, comprend des écoles d'enseignement supérieur, est une université véritable : ces « Schools » ne diffèrent pas de nos Facultés, quant au degré des études et au but qu'elles poursuivent. Les deux premiers établissements d'instruction supérieure et secondaire des États-Unis s'appellent l'un « Yale Collège », l'autre « Harvard University ». Les deux mots s'emploient l'un pour l'autre, car les deux genres de l'enseignement qu'ils désignent d'une manière plus spéciale sont presque partout réunis.

L'Université de Harvard est non-seulement la

ife.

A L'EXPOSITION DE 1818 premitTe des États-Unis : elle est eacore ancienne, la plus complète, et peut servir d

Harvard Collège fut fondé en 1636 par un la Cour générale de la colonie du Massaohi du 8 septembre de cette année. « La Cour o dit l'acte, à donner 400 livres sterling pour ui ou collège, dont âOO payables l'année prochi 200 après l'achèvement des constructions, »

L'année suivante, 1637, la Cour choisitdo] hommes les plus éminents d^la colonie, par quels étaient John CottoD et John Winthrop prendre soin de l'établissement d'un collège i town n. Le nom de Newtown fut bientôl changé pour celui de Cambridge, parreconna pour l'Université anglaise oh beaucoup des avaient été élevés.

L'année d'après, 1638, John Harvard, ec( tique non-conformiste anglais, venu dans la depuis un an à peu près, mourut & Charte laissant à l'institution la moitié de sa fort toute sa bibliothèque, — 300 volumes cnvir valeur totale du legs s'élevait à plus du de la somme votée par la Cour, et l'on résc conséquence, d'ouvrir tout de suite le coUèg lui donner le nom de Harvard.

L'Université Harvard est donc d'origine à la fois publique et privée. Bien entendu,

Pempêche pas de se gouverner elle-même, comme toutes les universités américaines. Le pouvoir supérieur se trouve partagé entre la « Corporation » et le « Board of Overseers ». La Corporation date de la charte accordée au collège par la Cour, en 1650: elle comprend le Président, cinq « Fellows » (agrégés), un Trésorier, qui portent le nom de (( Président and Fellows of Harvard Collège ». Les « Overseers » (surveillants) sont le corps qui gouvernait l'Université avant rétablissement de la Corporation. Il se compose d'un assez grand nombre de personnes, magistrats, professeurs, membres du collège. On n'avait pas tardé à reconnaître que, trèsbon pour l'office de conseil, de comité de surveillance et d'études, il ne pouvait faire un corps administratif.

Puisque nous avons pris Harvard pour type, nous regrettons de ne pouvoir entrer dans le détail de sa remarquable institution.

On n'entre au collège qu'après un examen, que Ton subit suivant deux méthodes, le candidat pouvant choisir celle qu'il préfère. D'après les programmes de ces examens, on voit qu'ils supposent au jeune homme une instruction analogue à celle que nous avons dans nos classes de grammaire : les matières sont le latin, le grec, les mathématiques, les sciences physiques et naturelles. De plus, il est obligé de connaître soit l'allemand, soit le français.

A L'EXPOSITION DE 1878 Il peut se présenter pour les deux langu même qu'il peut être examiné, s'il le dési quelques matières d'ordre un peu supérieur i

qui sont rigoureusement exigées." Un avanti fait naturellement à ceux qui subissent ces ép facultatives.

Le durée des études du collège est de

Il y a, pour chaque année, un certain nom cours et d'exercices obligatoires, et d'autres f tifs. Les exercices obligatoires occupent t( première année {Freshman Year) et environ u des deux suivantes (5o;ïftomore et Junior Vears] la quatrième année {Senior Year), quelques cices écrits sont seuls exigés. Parmi les ex facultatifs, se trouve tout ce qui peut la homme instruit et utile en même temps bachelier, tout ce qui peut mettre en état d dans une des branches multiples du génie ( de l'industrie les gradués de l'enseignemei maire — supérieur ou élémentaire — qui vi là pour continuer leurs études; et aussi ( qui peut préparer le jeune homme aux supérieures qu'il pourra aborder une fois bac Par exemple, la Faculté de Médecine aver futurs élèves de ne pas manquer les cours d't naturelle, de physique, de chimie qui se f collège. Le futur ingénieur y trouve des co

dessin, de topographie, etc.... Chacun est libre de choisir les cours complémentaires qu'il veut suivre : on rengage seulement à peser bien ses choix, afin qu'ils forment potir lui une véritable suite d'études. Mais il n'est pas libre, une fois le choix fait, de les suivre bien ou mal. Personne n'est présenté au grade de bachelier s'il n'a atteint un certain minimum dans les études obligatoires, et un autre, inférieur il est vrai, dans les études facultatives. Comme, pour chaque année, le nombre des cours facultatifs que l'on doit suivre est fixé, cette condition a beaucoup d'importance.

Autour du c( Collège » se groupent, en nombre plus ou moins grand, les écoles supérieures, correspondant à nos Facultés, et les écoles professionnelles. L'Université est un ensemble plus ou moins complet.

Harvard a une faculté de Théologie, une de Droit, une des Sciences, une d'Astronomie avec un observatoire, une de Médecine, à Boston, une d'Art Dentaire ! aussi à Boston. Il y a aussi une École d'Agriculture, neuf Bibliothèques, un Musée d'Archéolo-gie et d'Ethnologie américaines. Elle a organisé des lectures et conférences sur les classiques anciens et modernes, le soir, ouvertes à tous les membres de l'Université ; et, l'été, de grandes excursions pour ceux qui étudient la chimie, la géoJop^ie et la boljiniquc. Enfin, elle a englobé, en 1807, la Faculté d«'

A L'EXPOSISION DE 1818 théologie épiscopale du Massachussetts. Les "■ comme partout, apparUennent aux deux sex

Laplupart de ces établissements sont des tions particulières. Le Musée Américaine!

celui à qui doit tant l'instruction en Amer G. Peabody. L'école d'agriculture et d'horti de Jamaicaplain a été établie par un legs c jamin Bussey, l'un, des grands bienftiite Harvard University. Il suffit qu'une instituti fondée s'annexe à celle-ci, ou qu'un généreu faiteur y crée une école nouvelle, pour que w corps étende sur un domaine nouveau son ai sa puissance.

A côté de ces universités, il y a, surtout d Étala transalleghaniens, et depuis ce siècle ment, quelques universités d'État. Mais e sont guère que douze ou quinze, et aucune n le degré de richesse, de réputation, de val sont arrivées les premières des grandes unii libres.

Le Département de l'Instruction Publiq représenté au Champ de Mars par une exp collective trôa-curieuse à visiter.

L'enseignement supérieur et secondait femmes, dont le peu d'espace dont nous dis nous a empêchés do parler, y montre de magn établissements. Le « Vassar fcmalc Collège, do Poughnepsco (N,-Y.) a environ 300 ôlàvos

de a Wellesley, » dans un site magnifique, auprès du lac Waban, à 15 milles de Boston, a été donné par un particulier : il vaut près de 5 millions, et a, à peu près, le même nombre d'élèves. De très-bonnes aquarelles donnent la vue de ces beaux établissements.

Une troisième représente le « Mount Holyoke female Seminary, » la plus curieuse fondation de ce genre. Ce séminaire a été ouvert en 1837, par une femme dont le nom est très-respecté en Amérique, Mary Lyon. Née en 1791, dans une famille très-pieuse, regardant Tinstruction de la jeunesse et renseignement religieux comme une sorte d'apostolat auquel elle se sentait appelée, elle eut, tandis qu'elle travaillait aux séminaires féminins de Buckland et d'Ipswich, l'idée de l'œuvre qu'elle devait accomplir, et à laquelle elle se prépara comme à une mission divine. Sa correspondance et ses écrits pendant les années où elle travailla à en assurer la naissance, surtout pendant les années 1834 et 1835, révèlent une de ces âmes ardentes, enthousiastes, servies par une tête froide et un sens pratique extraordinaire, comme en produisent assez souvent la secte méthodiste et la race Yankee. La première pierre fut posée le 3 octobre 1836, la maison ouverte en novembre 1837. Dire que le souvenir de miss Lyon, morte en 1840, vit encore à Mount Holyoke, ce serait presque être ridicule :car on peut dire qu'elle dirige toujours

rétablissement qu'elle a fondé; son âme l'anime encore, et son esprit toujours le guidera. Rien n'a été changé de ce qu'a créé la fondatrice : môme esprit de religion austère^ même soin à faire de la BilDle la pierre angulaire de l'édifice intellectuel, même but donné à l'éducation, la mission. Le séminaire de Mount Holyoke n'a pas de domestiques, mâles ni femelles : les jeunes personnes se servent elles-mêmes, font leurs chambres, lavent, font la cuisine ; et, — chose qui paraîtra chez nous étonnante 1 •— Mount-Holyoke a été copié en ce point, ' comme en beaucoup d'autres, par des établissements tout modernes, avec plus ou moins de rigueur.

Les Écoles Normales, qui sont toujours des établissements publics destinés à fournir des maîtres pour les « Primary schools » et les a Grammar schools » sont représentées , entre autres objets, par un modèle en relief de celle de l'état d'Indiana. Il est assez rare que les hommes sortis des écoles normales deviennent professeurs dans les High schools ; ceux-ci sortent généralement des universités et collèges.

Un autre modèle en relief représente la « Henry school » de Washington, à la fois école primaire et école de grammaire. Un grand nombre de plans, de tableaux de toutes espèces donnent une idée juste et complète des principaux établissements.

Parmi ceux-ci, dans un grand cadre d'or, figure le « Hampton Institute », de Virginie, consacré à rinstruction des noirs. Hampton, où Tinstruciion est donnée par des maîtres des deux sexes, présente un ensemble extrêmement complet. Depuis l'éducation primaire jusqu'à celle que donnent les High-schools, on peut y faire tout son cours d'études. Mais c'est l'éducation professionnelle qui tient la place la plus grande : il y a une école d'agriculture, une de commerce, des cours et des ateliers pour tous les arts mécaniques; on dessine, on coud, on imprime. C'est que Hampton n'est pas riche ! On y gagne Targent de ses propres mains ; et c'est à peine s'il suffit, malgré le surcroît qu'apportent de riches bienfaiteurs : car chaque jour amène de nouveaux habitants, on ne sait plus où les mettre; il y en a qui campent, Tété, sous des tentes, rhiver, dans des baraquements. Rien n'est plus curieux à lire que le volume publié en 1875 par Mrs. Armstrong, femme du général Armstrong, ancienne directrice, et Miss Helen Ludlow, Tune des maîtresses, Hmnpton and itsstudents. A la fin se trouve un recueil d'environ quatre-vingts ou cent airs, chansons nègres recueillies par le chef de renseignement musical, M, Fenner. Ne dédaignez pas ces mélodies naïves I Ce sont elles qui ont élevé le grand édifice que représente le tableau, lequel est peint, du reste, par un élève de Hampton. Il y a quelques années, une troupe d'élèves de Hampton est partie : ils

ont parcouru toute l'Angleterre, chantant ces chansons, dont beaucoup ont une valeur réelle ; et, de retour en Amérique, ils sont venus apporter à leur collège les dollars si bien gagnés. Hampton est en même temps une école normale, qui forme le personnel enseignant de plusieurs Hamptons futurs. Bonne chance à ces fondations humanitaires! Elles ont bien besoin de réussir : car le moment ne saurait être trop rapproché, si les États-Unis doivent vivre, où les nègres affranchis sauront se servir de la liberté qu'on leur a conquise pour autre chose que pour faire le diable! L'exposition contient beaucoup de spécimens des travaux de Hampton : voir surtout des travaux d'imprimerie, des travaux graphiques, et des travaux à Taiguille qui en valent la peine,

L'Enseignement Professionnel est représenté également par des travaux d'élèves assez nombreux, parmi lesquels figurent avec honneur ceux de r «Industrial University » de l'Illinois ; les cahiers d'architecture de la « Massachussetts normal Art school, » qui est un établissement de l'État; les cahiers d'élèves de l'École libre artistique du soir pour les jeunes gens, fondation de la « Cooper Union d (N.-Y. city).

On voit avec intérêt ce qui concerne les aveugles, leurs cartes géographiques, leurs instruments, leur

vitrine de travaux à Taiguille, au crochet, de tapisserie. Leur bibliothèque paraît beaucoup plus riche que ce que nous possédons chez nous ; il y a, imprimés suivant deux systèmes — dont Tun paraît être le nôtre, — des classiques, des livres de piété, des poëmes, enfin de quoi cultiver, et, au besoin, distraire l'esprit de ces infortunés.

Quant à TEnseignement Supérieur, il ne peut être exposé. C'est dans les travaux de la science, où les Américains tiennent un rang élevé, c'est dans les publications de leurs grands corps scientifiques, comme la Smiûisonian Institution, qu'il faut chercher les noms et les œuvres des hommes éminents qu'il a formés. C'est dans les rapports des bureaux des États, des villes, des universités qu'il faut chercher le tableau de son fonctionnement actuel.

Une exposition de l'instruction publique ne peut pas être une grande exhibition d'objets : on ne met pas sous les yeux des badauds des systèmes, des idées, des habitudes, des mœurs, des études. Elle ne peut être qu'un vaste répertoire, où celui qui veut se rendre compte trouvera tout ce qu'il faut. C'est à ce dernier point de vue que l'exposition de l'instruction publique aux États-Unis a été admirablement entendue. Malheureusement, le public français la comprend- il bien? Parmi ceux qui viennent lui faire cette visite intime si instructive, on ne voit guère que des étrangers. Cependant nous avons

(ant à faire, en ce qui concerne réducalion, — surtout primaire, — que nous pourrions, sans nous abaisser, imiter ces femmes, ces enfants, qui viennent regarder les livres illustrés et les tableaux où Ton apprend à lire. Nous étudierons, nous, les ouvrages où Ton apprend à étudier, à enseigner. Une curiosité de ce genre serait bonne h éveiller dans le public français. Singulière bizarrerie que notre race I Les Français ont la prétention, — qu'explique, sans la justifier, leur ignorance de ce qui se fait ailleurs, — - de marcher tout à fait en tête dans le mouvement intellectuel du monde; et cependant chez eux, nul ne s'occupe de ce mouvement. S'occuper de pédagogie, en France, c'est se classer, ipso facto, dans la catégorie des cuistres. Il n'en est pas ainsi dans les pays où l'on sait ce que c'est que l'instruction publique. Il n'en est pas ainsi en Angleterre, en Allemagne, en Suède, en Norvs^ége,aux États-Unis. C'est pour cela que nous aurions voulu rendre un peu moins incomplète cette revue de l'exposition collective de ce dernier pays. Mais le présent volume tout entier ne suffirait pas pour la faire bien connaître. Environ trois cents établissements, individus ou États ont exposé de diverses manières. Une bibliothèque de plusieurs milliers de volumes couvre les murs jusqu'à deux mètres de haut ; le reste est tapissé de plans, de ';ï

vues, de travaux d'élèves ; le matériel scolaire en- '*'

combre la salle, mine précieuse à fouiller pour

nous qui avons tant de progrès à réaliser au point de vue de la commodité et de Th^ène. Cette exposition générale a été préparée sous la direction du Commissaire 'Général lui-même, et nul n'était plus compétent : on ne doit pas oublier que M. Richard M'Corrpick, bien avant d'être Sous- Secrétaire de la Trésorerie, avant d'être commissaire à TExposition de Philadelphie, avant même de représenter TArizona au Congrès, a été» de 1857 à 1864 , Tun des « trustées » des écoles publiques de New-York» et qu'il a publié le « Young Men's Magazine. » Une visite à l'Exposition du Département de l'Instruction Publique ne peut être qu'instructive et fécwide, avec un guide comme le directeur, M. John D. Philbrick, Tun des hommes les mieux informés de tout ce qui concerne ces questions sérieuse», et — ce qui ne nuit pas, — les plus disposés à faire part de leur science.

En quittant l'Instruction Publique, si l'on suit la cloison du bâtiment du Commissariat, on arrive, au bout de quelques pas, devant l'Exposition collective de la Librairie américaine, représentée par M. Terquem. Vingt-neuf exposants y participent, et Ton peut dire que c'est une bonne moitié des éditeurs américains ; car, quoique huit cents personnes environ aux États-Unis portent ce titre, cinquante au plus le méritent réellement, publiant à aux seuls plus des neuf dixièmes de ce qui s'édite.

A L'EXi'OSITiON IIË 1878 Nous empninlerons sur le commerce du aux Étals-Unis, quelques données à fétu M. Bowker, du « Pablisher's Weekiy, » qi d'inlroduotion au Catalogue détaillé de ce dustrie,

La plus ancienne maison connue aux Étati est fort antérieure à l'Indépendance ; c'est c€ Christophe Saur, aujourd'hui o Sower, Potte Company, » qui publiait, dès 1740, des aima et des bibles en allemand, h Germantown p[ Philadelphie'. En 1 820, la production totale s'é aux États-Unis, à 2. 500.000 dollars, dont :

représentaient des ouvrages originaux amérii eni87i, le chiffre était de 40.000.000 dollai 1877i 4,476 ouvrages américains ont eu le a right. B

Aux États-Unis, plus de 10,000 négociante dent des livres, tout en faisant d'autres commf 3,000 libraires ne vendent, eux, que des livri se divisent en trois classes : l'éditeur, qui es souvent imprimeur pour ses propres ouvrages le cas des principales maisons, des Appletor Harper, des LîppincoU, des Houghton, ces niers propriétaires de l'imprimerie la plus ce le Riverside Press, de Cambridge ; — le /i espèce de commissionnaire, qui prend à l'é( de grandes quantités d'un ouvrage, les entre et les revend aox détaillants; — le détaillai

bas de réchellc. Beaucoup de maisons réunissent à la fois deux de ces industries, ou même les trois ensemble. De plus, deux fois par an, à New- York, se tient une grande vente à l'encan, « trade sale, » pour les livres de fonds et les livres nouveaux, où viennent s'approvisionner les libraires, aux enchères.

La bibliographie, quoique très-récente aux États- Unis, y est très-développée. Les publications générales et spéciales sont très-nombreuses et importantes. Les principales sont le « Publisher's Weekly », de F. Leypoldt, et l'ct American Bookseller ». , ^

Le Publisher's Weekly donne chaque semaine , en une liste alphabétique, les titres, formats, noms d'éditeurs, etc., etc., de tous les ouvrages américains parus d'une semaine à l'autre. Une « OrderListn ou liste des ouvrages groupés par nom d'éditeur, se publie également dans chaque numéro, de manière à simplifier le travail au libraire, pour envoyer ses ordres à qui de droit. Des séries d^annonces, des nouvelles littéraires ayant un intérêt pour les éditeurs et libraires, des nouvelles locales, etc., etc., contribuent à donner à Tensemble du journal un caractère fort utile et fort apprécié. Les questions à l'ordre du jour ayant trait à l'industrie du livre font l'objet d'appréciations très-approfondies et

sont, à elles seules, une des particularités du a Trade journalism » en Amérique.

Afin de guider le plus possible les libraires, il paraît dans le premier numéro de chaque mois une « Monthly finding list )), dans laquelle se trouvent résumés, par ordre alphabétique de noms d'auteurs et de sujets, les ouvrages parus d'un mois à Tautre. Il y a des numéros spéciaux, tels que « Vt^ducational Number » , spécialement affecté à la rentrée des classes , donnant la liste et le prix de tous les ouvrages scolaires américains; le a Summer Number » , relatant non-seulement les tilres des ouvrages de littérature courante qui viennent de se publier, mais encore insérant quelques extraits de ces ouvrages ; le « Christmas Number »,ou numéro d'étrennes, qui est certainement un des plus beaux spécimens de ce genre qui se publient en Amérique. Ce numéro spécial donne des notices détaillées de tous les livres d'étrennes, accompagnées de quelques-unes de leurs illustrations; des tirages spéciaux, portant le nom de libraires, forment pour ceux-ci des catalogues fort utiles à leur clientèle.

Le Publisher's Weekly se complète par d'autres publications spéciales, telles que le « Literary News », le « Monthly Book List », le « Trade List Annual », le « Librar^ Journal ». Bientôt il publiera un « American Catalogue ».

V American Bookseller est publié tous les quinze jours par Y a American News Company »- Il partage avec le « Publisher's Weekly » l'honneur de représenter la' librairie américaine. VAme» rican Booheller publie de fort jolis numéros àToccasion des rentrées de classes et des étrennes, ainsi qu'un bulletin mensuel à l'usage des libraires. « Our Book Circular * correspond au t Literary News ». En dehors de la similitude des renseignements utiles à la librairie que publient à la fois V American Bookseller et le Publisher^s Weekly^ le premier contient des correspondances des centres principaux, des bulletins de la musique nouvelle, une liste des principaux journaux et revues mis en vente par TAmerican News Company, et enfin un index, ou résumé classifié, des articles parus dans les « magazines » .

M. Joseph Sabin publie, par fascicules et par volumes, un ouvrage fait avec soin, sous le titre de « Bibliotheca Americana : A Dictionaryof Books relating to America, from its Discovery to the Présent Time ». Le neuvième volume, qui vient d'être publié, va jusqu'à Lacroix. V American Bibliopolisty feuille que M. Sabin publie de temps en temps, s'occupe des livres rares, des demandes et offres de vieux ouvrages.

Plusieurs éditeurs font paraître, mensuellement ou trimestriellement, quelques bulletins bibliogra-

A L'EXPOSITION DK 1878

phiques, mais qui n'ont qu'un intérêt relati contenant que les publications des maisons qi font paraître.

n y a encore beaucoup d'autres publicatior ce genre, que l'on peut voir h l'Exposition .

Ces bibliothèques publiques des États-Un:

sont pas de création récente; maisce n'est que ces dernières années que leur organisation a fi grands progrès. Les renseignements les plus plets et les plus curieux à leur sujet sont coni dans le rapport du Bureau de l'Instruction blique.

La bibliothèque publique de Boston peut s de type.

La « Boston Public lÀbrary » , fondée en \ subventionnée par la ville, qui, en 1876-?7, versé 111,500 dollars, trouvant encore des sources dans le revenu des nombreux (1 15,000 liv. sterl.) qui lui ont été faits par de bitants de Boston, est sans contredit la plus in tante : c'est elle qui représente le mieux la véri bibliothèque publique, ouverte à tous. Quoiqi formant qu'un seul et môme bâtiment, la b thèque se divise cependant en deux parties distinctes : l'une qui est affectée aux ouvragei l'on consulte, et l'autre à la salle de lecture ; ces parties réunies contiennent au delà de 350,00 lûmes, dont 230,00u dans la première section

« Boston Public Library » a huit succursales, dans la ville et aux environs, et, en outre, des agences chargées de la distribution des livres. Chaque habitant de Boston peut emporter chez lui des livres de la bibliothèque ; la salle de lecture est ouverte toute Tannée, de neuf heures du matin à dix heures du soir, à la seule exception de quelques jours, ceux dés fêtes nationales. Sur le chiffre total de 1,140,572 volumes que la bibliothèque a mis en circulation Tannée dernière, elle n*a eu à constater que la perte de 129 volumes !

Les catalogues et autres publications rédigés par les bibliothécaires américains ont une très-grande importance bibliographique. La « Boston Public Library », il y a peu de temps, a publié un catalogue général ; mais ses indices séparés, ses bulletins triùiestriels contenant des articles bibliographiques de grande valeur, ses petits guides du lecteur {Handbooks for Readers)^ ainsi que ses livres de classement et les catalogues de ses succursales, toutes ces publications, données au prix coûtant, sont d'un usage très-répandu. La liste avec classement des romans historiques se publie annotée, donnant la collation du roman avec Thistoire; cette liste est rédigée par auteurs et par pays.

AToccasion de TExposition de 1876, les bibliothécaires américains ont formé une association, qui

A L'EXPOSITION DE IB78 embrasse tous les Etats-Unis dans une vast nisation véritablement administrative, et q organe offlcielj le « lAbrary Journal ».

L'exposition de la librairie américaine, ou térôt général qu'elle présente et l'intérêt par que peut inspirer chaque maison, a encore t lité pratique. Grâce au catalogue qui en a été elle forme une véritable bibliothèque pubhqu précieuse de renseignements pour quiconq étudier, soit les États-Unis eux-mêmes, s diverses industries exposantes, soit les p exposés.

Les publications spéciales et techniques soi breuses. Chaque industrie a les siennes soignées des éditeurs et auteurs, très-sui très-lues du public.

L'exemple le plus remarquable en est fou 1' * Iron Age Library », que dirige M. W et dont l'exposition est adossée à celle delà L américaine. M. 'Witliams publie trois périodiques importantes : l'/ron Age, le Worker et la Meiatlurgical Review, L' Age » un journal industriel , commei technique, traitant d'une manière générale ce qui concerne le fer et les métaux, et d'u nière plus particulière de la quincaillerie, de ronnerie et autres travaux du môme genre en 185S, et, par conséquent, plus ancien qu

publication du môme genre, Tlron Age est répandu dans le monde entier, jusqu'au Chili, à la Nouvelle-Zélande et aux Indes. Le « Métal Worker », aussi hebdomadaire, est spécialement consacré à la poëlerie, la ferblanterie, la plomberie et la chaudronnerie. Quant à la € Metallurgical Review », c'est une revue mensuelle d'un caractère plus scientifique, qui renferme des études théoriques, des recherches techniques, de la science pure, des travaux économiques sur tout ce qui concerne les industries du métal. Outre les collections de ses trois publications, M.Williams a apporté, soigneusement cataloguée, une bibliothèque de 2,600 pièces, qui forme une encyclopédie véritable de tout ce qui a trait à la distribution, l'exploitation et la statistique (étendue et production) de la houille, du cuivre, du plomb, du zinc, de Tor, de Targent, du pétrole et autres minéraux, tant vils que précieux. Cette collection contient, en outre, des prix courants et des catalogues, des photographies et des lithographies, représentant les usines, le matériel et les produits de plus de 1,000 maisons américaines s'ocçupant de la fabrication de la quincaillerie, de la ferblan" tèrie, de la ferronnerie, des machines, etc. Toutes les branches de l'industrie américaine qui produisent des articles composés entièrement ou en partie de métal y sont représentées. Cette exposition est unique en son genre et possède un intérêt tout particulier. Très a\i courant et très-intelligemment

composée, elle peut être de la plus grande utilité, soit à rhomme d'affaires, soit au visiteur sérieux.

Le livre est cher en Amérique; mais, la plupart du temps, il est beau. D'un format presque toujours commode et original, tel que le a little classic » ou le a west pocket size »; rachetant par une netteté remarquable la finesse trop anglaise du caractère, très -souvent illustré, généralement imprimé sur papier teinté, il se présente presque toujours dans un cartonnage, qui plaît plus à l'œil que noire brochure et protège plus efficacement l'intérieur. Quand il est relié, ce n'est pas toujours avec un goût d'une sévérité parfaite, mais c'est le plus souvent avec un soin et une correction très-remarquables, dans des peaux bien préparées et choisies : il n'y a plus que là-bas qu'on sait faire le veau! Seulement, tout cela est très -cher.

Cette importance de l'industrie du livre et de celles qui s'y rattachent donne de l'intérêt aux spécimens de papiers d'impression, de reliure, qui sont nombreux à l'Exposition. La machine à coudre les livres, de Wheeler et Wilson, d'invention toute récente, permet, surtout pour les brochures, une extrême rapidité.

Le reste du Groupe II du Catalogue embrasse des produits qui ont peu de rapports entre eux. Les i^comparables photographies et .photogravures de

divers systèmes — car, sur ce point, les États-Unis n'ont pas de rivaux — sont rangées non loin des pianos et des orgues de la maison Mason and Hamelin, — TErard et l'Alexandre de New^-York, — de ceux, rarement muets, d'Estey, de Shoninger et de CloughandWarren,des feutres et tables d'harmonie de Dolge, etc., etc. Il y a tout un coin pour la musique : on s'en aperçoit rapidement! Dans le même inépuisable groupe II, les instruments de précision — - scientifiques, comme les microscopes dé Zentmayer ou les sphères de Juvet — ou industriels, comme les enregistreurs, les mesures, les règles, les équerres. C'est dans l'annexe que se trouve l'importante maison Fairbanks, avec ses étalons de balances et bascules de tous les systèmes, pour tous les pays, pour toutes les matières. Dans le môme groupe encore, le matériel de la Géographie et de la Cosmographie, qui est peu abondant, mais choisi. Une des choses que le public goûte le plus, c'est le fauteuil articulé de Wilson : fauteuil en fer capitonné, qui, réduit à sa plus simple expression, ne tient certainement pas plus de place qu'un tabouret ordinaire, et qu'on voit se transformer successivement en plus de cinquante meubles différents, tous plus fantastiques, mais plus commodes les uns que les autres. Il n'y a pas une partie du meuble, grande comme les deux mains, qui ne puisse, moyennant un tour de vis, prendre telle position que l'on veut. Auprès figurent les meubles à opérations, les fau-

A L'EXPOSITION DE IS7S leuîlB d'invalide, lits d'hôpitaux, eaUa tou

rîel chirurgical et clinique du professeu:

La place noua manque pour donner des d cette exposilioa considérable; maia elle grand intérêt pour les médecins ou les appelées & soigner ou h g.ar4er des vieilla malades. Il y a là des appareils uniques uns de la longue expérience de leur ai autres de commandes faites par des estimés. La plupart d'entre eux sont em Amérique, concurremment avec les mo qu'ici reconnus les meilleurs, quelques-i exclusivement.

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