‹ Les États-Unis et la Havane; souvenirs d'un voyageurChapitre 4 sur 30 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Le Hudson. — West-Point. — Pine-Orchard , près de Catskill

La saison , comine je l’ai déjà dit , était très-avancée , et je me trouvais forcé par la de ne pas rester a New-York plus d’une huitaine de jours.

Je brûlais d’arriver au Mexique; car, quelle que soit l’importance des Etats - Unis , ils n’avaient pour moi qu’un intérêt secondaire. Amateur d’antiquités , j’appelais de tous mes désirs le temps où il me serait donné de parcourir cette partie de l’Amérique si remarquable par les faits des Espagnols, par les peuples indigènes qu’ils y trouvèrent , et dont l’origine inconnue offre un champ si vaste aux investigations , disons plutôt aux hypothèses , du voyageur. Les Etats-Unis n’étaient pour moi qu’un passage, qu’un point de départ ,.

mais, ii esl vrai , des plus intéressai] Is ; car si je ne pouvais pas y séjourner assez longtemps pour étudier les lois de ce peuple tout récemment constitué , je pouvais au moins observer ses mœurs et ses coutumes, et me former par là une opinion sur son caractère et sur celui de ses institutions.

On chercherait en vain dans cet ouvrage un tableau complet des Etats-Unis , on n’y trouvera que mon itinéraire , les faits que j’ai eus sous les yeux, et les observations qu’ils m’ont suscitées.

J’ai cherché , en écrivant , à me garder de toute exagération; mais si la mauvaise humeur où me mirent parfois les manières que l’on rencontre aux Etats-Unis, dans une grande partie de la population , perce dans quelquesuns de mes récits , il ne faut certainement pas l’attribuer à un manque de bonne volonté pour un peuple qui compense quelques travers par tant de qualités dignes d’estime et d’admiration.

Je quittai New-York, le 15 septembre, à

'it)

sept heures du matin , pour prendre le bateau a vapeur cl’Albany, et j’aurais pu atteindre cette ville le soir même, si je ne m’étais arrêté ;i West-Point et a Catskill.

Un autre bateau a vapeur part de New- York tous les après-midi , a cinq heures, pour la même destination.

Lespremiers trente milles sur le Hudson, ou, comme les Américains le nomment , le North hiver, ne satisfirent pas tout à fait mon attente . Les bords au commencement sont trop plats pour prêter au paysage tout le charme que l’on s’attend a trouver sur un fleuve si vanté pour sa beauté. Ces rives basses sont une continuation de la belle baie de New-York. Mais enfin, elles s’élèvent graduellement , et bientôt la muraille de rochers enbasaîte, quel’onnomme palisades et qui s’étend pendant dix -huit milles, le long de la rive droite, sur une hauteur perpendiculaire de cent à cinq cents pieds, forme un coup d’œil des plus remarquables.

On voit a trente-trois milles de New-York, sur la rive gauche du fleuve, une des prisons

de l’État de New-York, Sing-Sing. Le bâtiment, construit le long du rivage , est haut de cinq étages, et très-étendu; il contient environ mille prisonniers. J’aurai occasion de parler du système pénitentiaire des États-Unis , lors de ma visite à la prison de Philadelphie , où l’on a adopté le système de solilary confinement , c’est-à-dire le système cellulaire le plus rigoureux. Là , chaque prisonnier est renfermé seul, et privé de toute communication, non-seulement avec les autres prisonniers, mais avec tout être vivant. C’est ce système que l’on regarde , en Amérique , comme le meilleur; mais il n’existe ni à Sing-Sing, ni dans les autres prisons, où j’appris que le travail se fait en commun , quoique sous la plus stricte surveillance.

Un trajet de trois heures nous conduisit à Caldwiils-Landing , où les bords du Hudson présentent des sites si enchanteurs , que je n’en connais pas d’autres qui puissent leur être comparés , pas même les bords du Rhin.

Arrivé à ce point, le fleuve, qui jusqu’alors

avait suivi une ligne à peu près droite , se détourne vers la gauche , et on se trouve transporté tout d’un coup au milieu des montagnes, dans un paysage dont le charme ne saurait se décrire. La Suisse offre des sites plus sublimes, des parties plus élevées et plus majestueuses ; mais je ne connais rien de plus agréable. Ce charmant paysage, continue de Caldwiîîs -Landing à West-Point-Landing , qui en est éloigné d’une demi-heure ; c’est la que le bateau à vapeur s’arrêta un moment pour me déposer a terre , ainsi que quelques autres voyageurs.

J’éprouvais une satisfaction bien vive de me trouver dans cette contrée, à la fois si remarquable et par les beautés de la nature et comme théâtre des événements les plus intéressants de la guerre de l’Indépendance. C’est dans ces montagnes que le major André fut fait prisonnier et pendu , fait si célèbre dans l’histoire de cette guerre. Je passai un jour à West -Point, tant pour jouir de la beauté du site , que pour y visiîer l’Ecole mi-

litaire , la seule que l’on ait établie aux États- Unis.

Nous montâmes donc a W est-Point hôtel , qui n’est pas grand , mais qui est connu comme un des meilleurs de l’Amérique. La manière d’y -vivre est a peu près la meme qu’à Astorllouse , sauf que tout y est établi sur un pied bien moins élevé. Les heures des repas y sont aussi différentes. Le déjeuner est à sept heures , le dîner à une heure , et le thé à sept heures du soir. On y paye deux dollars pour la nourriture et le logement , sans vin , nécessairement. Comme dans cet hôtel on ne vous porte pas même le déjeuner dans votre chambre , on peut juger du plaisir qu’il y avait à se trouver sellé et bridé au salon à sept heures du matin; mais il fallait mordre à l’hameçon ou rester à jeun jusqu’au dîner : car quiconque en Amérique voudrait faire l’indépendant , et vivre à sa manière , courrait grand risque de s’en retourner comme un squelette. Le propriétaire de i’hotel (le nommer aubergiste serait une insulte) est

considéré comme un gentleman d’une humeur assez complaisante pour vous donner l’hospitalité dans sa maison et à sa table : naturellement vous devez , en reconnaissance de cette faveur, vous soumettre aux lois de sa maison. Avisez-vous d’v résister, et il ne vous reste que la chance de dormir à la belle étoile Mais si vous êtes sage et obéissant, comme le sont tous les Américains , et comme je m’efforçai de l’être, vous serez toléré , et vous pourrez même compter au besoin sur la protection si importante du maître de la maison. Le notre , à West- Point , m’honora de sa bienveillance , et porta même la condescendance jusqu’il me présenter a quelques autres de ses convives , en nous nommant réciproquement avec une grâce digne d’un salon diplomatique. Tout allait donc à merveille , lorsque , lourd Allemand que je suis , je fus sur le point d’encourir la disgrâce la plus complète. Je m’oubliai jusqu’à lui demander de me procurer un bateau pour me transporter sur la rive opposée. Je ne m’a-

perçus que trop vite du crime que je venais de commettre , en supposant que sa seigneurie daignerait se déranger pour moi. lise tut. Puis, me foudroyant du regard, il me dit avec dédain : « Les bateaux sont là-bas au rivage ; c’est là qu’il faudra en demander quand vous y serez. »

Je passai la journée à visiter l’École militaire , et à en examiner les environs , qui sont pleins d’intérêt. Il y avait 270 élèves dans l’académie , et elle est calculée pour en contenir 400. Les jeunes gens y passent quatre années , et s’y préparent ou pour le service de la troupe ou pour le génie. Cet établissement est bien organisé. La discipline y est maintenue avec sévérité , et les élèves sont congédiés pour les fautes les plus légères. Il suffit de boire des liqueurs , ou même d’entrer dans un hôtel, pour être sur-le-champ exclu de l’école. Leur bibliothèque est assez bien choisie , mais beaucoup d’ouvrages sont déjà arriérés. Ils font l’exercice avec assez de précision.

'Mi

Ce petit nombre d’élèves est suffisant pour fournir d’officiers une armée aussi peu considérable que celle des États-Unis, qui, en 1857, ne consistait qu’en sept régiments d’infanterie, deux de cavalerie et quatre d’artillerie, en tout sept mille hommes de troupes régulières.

Il y a deux monuments h West-Point : l’un érigé en 1828 en l’honneur de Kosciusko, qui , dans sa jeunesse, avait combattu dans les environs pendant la guerre de l’Indépendance ; et l’autre à la mémoire d’un lieutenant colonel Wood. Ces deux monuments sont en marbre blanc.

Je visitai encore une charmante promenade située entre des rochers , près d’une source , d’où l’on jouit d’une vue magnifique sur le Hudson, et que l’on nomme le Jardin de Kosciusko.

Je me séparai à regret de ce lieu délicieux pour continuer ma route sur le bateau à vapeur, parti a sept heures de New-York, et qui vint nous prendre a dix heures et demie.

Les rives du Hudson reprennent bientôt un aspect plus uni, mais cultivé et riant, et embelli surtout par les jolies habitations dont la campagne estsemée. Nous passâmes Newbury , petite ville propre et élégante , ainsi que six à sept endroits, où le bateau s’arrêtait pour prendre ou débarquer des passagers , ce qui s’exécutait avec une telle vitesse que souvent le bateau ne s’arrêtait pas plus d’une ou deux minutes.

Arrivés au village de Catskill , je sautai à terre avec trois autres passagers , et nous fumes emballés tous les quatre dans une vieille chaise , qui employa quatre heures pour nous traîner au haut du Pine-Orchard , chemin de douze milles et des plus pénibles. Enfin nous arrivâmes à la cime , et nous descendîmes au Mounlain-Uouse , nom de l’hôtel qu’on y a établi.

Quiconque a lu la charmante nouvelle de Washington-Irwing, Rip van Winkle , doit se souvenir des rochers où ce bon Hollandais passa vingt années dans un sommeil continuel.

après avoir assisté aux récréations fantastiques ùes spectres de Hudson et de ses compagnons.

C’est sur cette même montagne que je passai une nuit , non , comme le pauvre Ilip, à la belle étoile , mais dans une grande et commode maison à quatre étages.

Honneur a qui le mérite ! L’esprit entreprenant des Américains, poussé trop loin sous tant de rapports, et qu’on ne saurait trop blâmer dans ses écarts , doit être admiré en ce qu’il fait de bien. Il est certainement très-remarquable de voir s’élever, pour l’unique agrément des voyageurs, a 2212 pieds au-dessus du niveau de la rivière , une maison longue de vingt-deux toises et haute de quatre étages, sans compter les bâtiments accessoires. Cette maison n’est qu’en bois , il est vrai ; mais c’est un palais, comparé aux misérables huttes que l’on trouve en Suisse , au haut du Uigi.

Je m’aperçus avec regret que la saison était déjà très-avancée pour ma tournée dans le nord. Deux jours plus tard , et je trouvais

l’hôtel dégarni : le propriétaire était sur le point de le fermer, et déjà il avait congédié la plupart de ses aides ( helps ).

Les Américains ont trouvé à propos de changer le mot de domestiques en celui de helps j que l’on chercherait en vain dans un dictionnaire anglais.

L’Américain, même le plus pauvre, ne se résout que difficilement h entrer en service , mais , si les circonstances l’y forcent , il ne consentira jamais à être nommé domestique (servant)-, il prend le titre d’aide Çhelp), ce qui, en sus , lui procure l’avantage d’être bien payé , et a son maître celui d’être servi, pour son argent, le plus mal possible. Les domestiques étrangers trouvent cette mode si avantageuse, qu’ils se hâtent de l’adopter, singeant , du reste , toutes les coutumes des Américains, afin de passer pour tels.

Je me levai , le 15 , à l’américaine , a cinq heures et demie, pour jouir du lever du soleil, coutume non moins a la mode dans le nouveau que dans l’ancien monde , quand il

oU

s’agit d’une hauteur un peu renommée , et d’où il faut pouvoir se vanter d’avoir admiré ce spectacle.

Quant à moi, j’ai toujours été assez malheureux pour éprouver que ce sacrifice , que l’on fait de son sommeil , est pour l’ordinaire aussi inutile dans un endroit que dans l’autre, et que toute votre hâte aboutit , non pas a voir le soleil se lever, mais a voir le brouillard descendre , et que c’est la l’unique tableau qu’on a sous les yeux. Pareil sort m’était réservé sur le Pine-Orchard , mais je m’en consolai en attendant le coucher du soleil, que je préfère à son lever, quoique je ne sois guère d’un caractère mélancolique , et qu’il faille , dit-on , avoir cette tournure d’esprit pour aimer qu’un paysage soit éclairé par le crépuscule , plutôt que par l’aurore. Une promenade charmante que je fis aux cascades de Kaatershill , me fit oublier cette petite contrariété , et je me convainquis de plus en plus de la beauté de ces sites, que je croyais vantés outre mesure par les Américains.

El LA HAVANE.

Il n’cxiste pas de nation plus vaine de son pays que l’Américain; il le louera, l’élèvera au détriment de toutes les autres contrées sous tous les rapports, qu’il les connaisse, ou, ce qui est le cas bien plus ordinaire , qu’il ne les ait jamais vues.

L’Américain (et sous ce nom je ne comprends que les habitants des États-Unis , puis qu’ils se sont attribué a eux seuls cette dénomination générique, sans s’inquiéter des autres nations qui occupent le même continent), l’Américain ne trouve jamais d’expressions assez fortes pour relever sa chère patrie. Ce sentiment ne serait que louable, s’il ne le portait à mépriser, comme l’Anglais, les autres nations, dont souvent ils n’ont pas la moindre idée.

Leur vanité est telle qu’il n’y a point de flatterie , quelque exagérée qu’elle soit , qu’ils n’accueillent avec complaisance sur ce chapitre. Ils vous encouragent dans vos éloges, ils les provoquent de toutes les manières; et souvent l’on peut entendre un dialogue du genre de celui-ci.

L’Américain demandera a l’étranger : Do y ou hâve s o fine riews in your country? (Avezvous d’aussi belles vues chez vous?) Réponse, obligée de l’étranger : I do not remember any equal (o lhe présent in Europe. ( Je ne connais rien d’égal en Europe.) L’Américain souriant d’un air aussi fier (pie niais : Do you think indeed! (Vraiment! )

Ou bien une Américaine vous demande :

üid you ever cal so good Indian corn ? (Avez-vous jamais mangé d’aussi bon maïs?) car il faut qu’on sache que le blé de Turquie est un mets favori des Américains : cuit à l’eau et assaisonné avec du beurre, il n’est pas aussi mauvais qu’on pourrait l’imaginer. Réponse : No, we do not calit at ail, but it is excellent. (Non, nous ne le mangeons pas du tout, mais c’est excellent.) La dame souriant avec mépris: Do you think indeed !

Mais je conviens qu’à la vue de la cascade de Kaatershili , je fus fort satisfait que personne de la compagnie ne pensât à me demander si nous avions de pareilles chutes

d’eau en Europe; car j’avoue qu’il aurait fallu convenir que nous ne possédons rien de comparable à cette chute , qui , en Amérique , n’est pourtant que du second ordre. Et cette foisci le do you ihink indeed , ne m’aurait pas semblé ridicule.

Que l’on se figure , en effet, au milieu d’un pays désert , dont les beautés sauvages ont été si bien décrites par Washington Irwing, une chute d’eau qui tombe perpendiculairement d’une hauteur de deux cent quarante pieds, se divisant en deux étages. La première chute est reçue dans un immense réservoir demicirculaire , creusé dans le roc , et qui forme une galerie naturelle , dont on peut faire le tour, en ayant le torrent au-dessus de la tête; Sa partie inférieure de la chute se compose des eaux qui s’échappent du réservoir de divers cotés, pour aller se perdre dans un abîme.

L’eau , lorsque nous la vîmes , retenue audessus de la chute par une écluse , n’était pas très-abondante; mais elle suffisait pour donner une idée de l’effet que la chute devait

produire au printemps, lors de la fonte des neiges.

On trouve , dans une cabane , près de la cascade , des rafraîchissements et un livre pour s’inscrire.

Il faut convenir qu’aucune des chutes les plus vantées de l’Europe, en Suisse , au Salzbourg, en Ecosse, ne peut être comparée à celles de l’Amérique, et je me convainquis, dans la suite de mon voyage, que cette assertion n’a rien d’exagéré.

S’il est une chose que l’on puisse excuser chez l’Américain ^ c’est son orgueilleuse admiration pour les beautés que la nature offre dans son pays , et avouons qu’il sait les apprécier malgré son caractère froid et antipathique pour tout ce qui n’a pas un but réel. Il faut donc attribuer à ce sentiment plutôt qu’a l’amour du gain , si prononcé dans tout le reste de ses actions, l’établissement d’hôtels sur le sommet de montagnes fort élevées et des routes qui y conduisent : véritables sujets de surprise pour quiconque connaît le caractère

calculateur et peu enthousiaste de cette nation.

Les routes, bien que dans un état horrible, n’existaient que par rapport à la cascade, et elles avaient dû occasionner des frais considérables , à cause des arbres qu’il avait fallu abattre et qui pourrissaient où ils étaient tombés.

De retour à l’hôtel, je pus enfin jouir de la vue; le brouillard ayant disparu, je la trouvai des plus belles et des plus étendues. Elle embrassait toute la plaine où le Hudson serpente dans un espace de plus de 100 milles, à travers une campagne toute semée de champs, d’habitations et de forêts, et qui présente un aspect des plus riants et des plus variés. Je dus enfin m’arracher de ce beau spectacle et quitter le voisinage de cette cascade intéressante , autant par sa beauté que par le talent de Washington Irwing ; car le souvenir du bon Rip , quoique ce ne fût qu’une liclion , m'attachait plus vivement , que n’aurait pu le faire la scène d’un événement historique.

Mais il fallait partir, si je ne voulais pas m’exposer à manquer le bateau que je devais prendre au village de Catskill , vers les deux heures du matin , pour atteindre Albany le même jour, de bonne heure , et me rendre par le chemin de fer a Utica.

Les bateaux à vapeur qui naviguent sur le Hudson , sont d’une construction différente des bateaux en usage sur les fleuves d’Europe. Ils sont d’une dimension si considérable, qu’ils peuvent contenir jusqu’à quatre à cinq cents personnes , et leur grande chambre est disposée de manière a occuper toute la longueur du bateau. Tout y est calculé pour y entasser autant de monde que possible , sans considération aucune pour la sûreté. La machine à vapeur, qui est à haute pression (Jiigh pressure ) , ne se trouve donc pas dans l’intérieur du bateau, mais elle est placée sur le pont.

La chambre du bateau a vapeur sur lequel j’avais fait le trajet de West-Point a Catskill, et qui contenait deux rangées de lits l’un sur l’autre dans toute son étendue , était longue

de 110 pieds j une chambre pour les dames, longue d’environ 50 pieds, en formait la continuation , ce qui lui donnait une longueur totale d’à peu près 140 pieds.

> oooooooooooooc-

Page 1