CHAPITRE VIN GT-CINQUIÈMr
attaquait les hommes publics et surtout le président. Elle fut appliquée avec la plus grande rigueur.
La première victime fut un M. Lyon, prévenu d’avoir qualifié de discours du trône une pompeuse harangue faite au Congrès par M. Adams, Une amende très forte et la prison Punirent son audace. Six journalistes, coupables d’avoir | manqué d’égards envers le &ouvernement, subirent le même sort. Enfin un nommé Jared Peck, ancien juge, s'étant permis de trouver ces peines excessives, paya cette observation de la perte de sa liberté. Notre despote Craig ne fit point preuve d’une conduite plus arbitraire, lorsqu'il condamna à la prison les rédacteurs du Canadien.
La loi contre la sédition ne souleva pas tout d’abord l’opinion publique, qui n’en saisit point toute la portée: mais lorsque les Américains virent les journalistes emprisonnés à raison de critiques plus ou moins acerbes des faits et gestes du président, ils sentirent que la liberté de la presse était sérieusement menacée, Il se produisit un violent courant d'opposition à Adams et il ne put obtenir la majorité des
suffrages aux élections de 1800. Ceux-ci s'étant partagés en nombre égal entre Jefferson et Aaron Burr, la tâche d’élire le premier magistrat de la république revint à la Chambre des représentants qui, après cinquante tours de scrutin, choisit Jefferson, le rédactcur de la déclaration de l'indépendance.