‹ Les États-Unis [microforme]Chapitre 108 sur 195 · CHAPITRE VINGT-SIXIÈ ME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-SIXIÈ ME

un commencement d'exécution, En effet, Bernadotte avait obtenu la mission de se rendre en Louisiane et d'y fonder des villes et des paroisses, à mesure qu'on lui enverrait, par contingents, les vingt mille hommes qu’il s'agissait d'y établir. Le gouvernement américain devait naturellement s'employer à faire avorter ce projet qui, s’il était réalisé, aurait placé la jeune République entre les colonies des deux plus fortes prissances de l'Europe à cette époque : le Canada au nord et la Louisiane au sud. Des complications allaient donc surgir entre les États-Unis et la France, lorsque les événements servirent admirablement Jefferson. La paix d’Amiens n'avait été qu’une trève, et

grosse d’orages, annonçait une proc

mettrait de nou

prêta l'oda la Louifurent dé-

is qu’en 1897, c’est-à-dire quatre-vingt-quatre ans après l’encaissement du prix de vente du territoire cédé, C'est bien là le comble de la lenteur administrative.

Cette annexion de la Louisiane aux États-Unis leur donnait un million de milles carrés, ce qui doublait la Superficie du pays. Dans les limites de ces vastes plaines ont été taillés les États de la Louisiane Proprement dite, de l’Arkansas, du Missouri, de l’Iowa, du Minnesota, du Kansas, du Nebraska, du Colorado, du Dakota, du Montana, du Wyoming et du Territoire Indien. On ne peut s'empêcher de songer à ce qui serait arrivé si Napoléon, reprenant les projets de Colbert, avait appliqué son puissant génie à la création d'un empire colonial. Cette deuxième Nouvelle-France aurait reçu les milliers d'individus dont le Sang a été répandu sur tous les champs de bataille de l’Europe. Il y aurait eu dans l'exécution de ce projet moins de gloire retentissante, mais plus de mérite, plus de services rendus à l'humanité et à la civilisation.

La popularité de Jefferson s'était accrue à la suite de ce marché si heureux. L'orgueil américain s’exaltait à la vue de cet immense accroissement de territoire qui ouvrait des perspectives sans bornes à la jeunesse du pays. La réélection du président se fit sans peine, et l'inauguration de la seconde partie de sa carrière officielle eut lieu le 4 mars 1805.

Les événements qui agitaient alors l'Europe eurent leur contre-coup aux États-Unis où ils firent naître de sérieux embarras. Napoléon était au faîte de sa puissance, et l’Angleterre avait entrepris de jeter le colosse par terre, avec l’aide des ennemis qu’elle lui suscitait.

Maîtresse des mers, cette dernière abusant de sa force, interdit aux neutres l'entrée des ports français et passa un règlement en vertu duquel les navires américains, chargés de marchandises pour la France, seraient saisis. De plus, elle s’arrogeait le droit de visite sur les vaisseaux des États- Unis. Napoléon répondit aux arrétés-en-conseil du cabinet de Saint-James par les décrets de Berlin (1808) et de Milan (18009), qui fermaient l'entrée des ports de l’Europe, depuis l'Elbe jusqu’à l’Adriatique, à tout navire portant des marchandises anglaises. Pris entre le blocus continental de Napoléon et l'interdiction de trafiquer avec la France et ses alliés proclamée par Pitt, les Ainéricains se débattaient péniblement ; il leur aurait mieux convenu de s'entendre avec les deux adversaires, et ils se seraient bien accommodés d’un régime qui leur aurait permis de faire fortune aux dépens de l’un et de l’autre. Bonaparte avait traité les Anglais de nation de boutiquiers, et les Yankees ne demandaient qu’à prouver qu'ils étaient les dignes fils de ces gens les plus utilitaires du monde. Lorsque le gouvernement américain se plaignait à Napoléon du blocus continental, « Aidez-moi à ramener la Grande-Bretague à la raison, disait-il, et nous nous entendrons ensuite». Puis, lorsque le cabinet de Washington se tournait du côté des ministres de Georges III, pour protester contre la police arbitraire exercée sur les mers, ceux-ci répondaient : « Prêtez-nous main forte contre le perturbateur C3 la paix publique et nous vous ferons des concessions ».

Embarrassé par ce dilemne, Jefferson eut recours à une mesure extrême qui n'eut pas le succès qu’il en espérait. Il

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