‹ Les États-Unis [microforme]Chapitre 109 sur 195 · CHAPITRE VINGT-SIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-SIXIÈME

s’avisa d’un plan qui, à son point de vue ramènerait à la raison l’un ou l’autre des belligérents, peut-être les deux. Comme les produits des États-Unis, Présumait-il, leur étaient indispensables, il crut qu'en les en privant tout à fait, ilfles contraindrait À relâcher la sévérité de leurs règlements. Il fit donc décréter la loi dite de l'embargo qui défendait l'exportation des marchandises américaines et la sortie de tout navire des ports des États-Unis. Il est bien rare qu’un homme ou un Bouvernement puisse prévoir les conséquences de ses actes. Celui de Jefferson en eut de bien inattendues, soulevant des protestations plus fortes aux États-Unis qu'en France et en Angleterre. De plus, l’embargo tenait dans l’inaction la marine marchande américaine, qui avait trouvé son compte à forcer le blocus: car si les risques étaient grands, les profits s’élevaient aussi en cas de réussite à des chiffres considérables. L'opposition à la loi devint si intense que les États dela Nouvelle-Angleterre, dans le but d'échapper à ses conséquences ruineuses, songèrent à se séparer du Bouvernement central pour reprendre leur autonomie. La loi fut modifiée et remplacée par une autre qui faisait la vie moins dure au commerce.

« Cette dernière s'appelait le Non-intercourse act, et se contentait d'interdire toute relation commerciale avec les belligérants, sans exiger l’immobilisation des navires marchands dans les ports américains.

Jefferson prit sa retraite à la fin de Sa seconde présidence, et consacra dès lors son temps à la création de l’Université de la Virginie. Il vécut jusqu’en 1826. Ses dernières années furent assombries par les premières luttes sur la question de l'esclavage. Avec un instinct presque prophétique, il eut la prévision des terribles déchirements qu’elle causerait.

Il a été le véritable initiateur de la démocratie américaine qui n’a cessé d’entourer sa mémoire d’un sentiment d’affectueuse vénération.

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