JAMES MADISON
Les difficultés avec la Grande-Bretagne s'aggravent, — Le commerce américain est de plus en plus géné. — Napoléon abroge les décrets de Berlin en ce qui concerne les États-Unis, — La Grande-Bretagne persiste à exercer son droit de visite sur les navires américains, — Guerre de 1812.
N arrivant au pouvoir, James Madison, élu prési-
| dent au mois de décembre 1807, se trouva en face
d’une situation grosse de complications internatio-
nales. L'irritation des esprits était grande aux États-
Unis vis-à-vis de l'Angleterre. Non seulement cette puis-
sance persistait à interdire l'Europe au commerce améri-
cain, mais elle bloquait les ports des États-Unis et faisait
arrêter tout navire portant le drapeau étoilé qui se risquait vers la haute mer.
Les visites à bord des vaisseaux américains se faisaient de plus en plus nombreuses, et l'Angleterre en enlevait avec le moindre sans gêne des centaines de matelots pour les transformer de force en marins anglais. On porte à 600 le nombre des prises faites par la Grande-Bretagne et à 6,000 celui de ces enrôlements forcés.
Il y avait au fond de la querelle plus de motifs d’animosités que l’on n’en apercevait à la surface. La Grande-Bretagne avait l'intuition qu’il lui était née en Amérique une formidable rivale qui ferait la guerre à son commerce sur tous les marchés du monde. De là, une jalousie intense qui se traduisit en actes d’hostilité permanente à l'égard des États- Unis. Ceux-ci étaient bien peu en état de résister aux règlements imposés aux neutres par le gouvernement anglais. Durant de longues années, Madison partagea sur ce point