LE GÉNÉRAL ANDREW JACKSON
Portrait du général Jackson, le vainqueur de la bataille de la Nouvelle-Orléans. — Il introduit aux États-Unis le principe du spoi! System. — Relèvement des droits de douanes. — Le Sud opposé au nouveau tarif. — Menace d'insurrection à la Caroline du Sud. — La doctrine de la nullijication. — Les trois grands orateurs de l'époque : Henry Clay, Calhoun et Webster.
A chronique du temps r°conte que, lors du vote d’une
adresse de reconnaissance à Washington, au mo-
ment de ses adieux à la vie publique, il se produisit
au sein du Congrès quelques rares murmures de dissentiment et que, parmi les mécontents, un jeune député du nom d'Andrew Jackson se fit remarquer entre tous. Homme tout d'une pièce, d’un caractère violent et emporté, il tenait de ses premières années, passées dans les Camps, une rudesse dont les honneurs même de la présidence, à laquelle il fut appelé en 1829, ne le débarrassèrent jamais. La frontière des Carolines qui l'avait vu naître, formait alors la limite extrême de la civilisation du côté de l’ouest, et ses intrépides colons, toujours en guerre avec les Indiens, avaient à résister aux surprises de ces derniers, lorsqu'ils n’attaquaient pas eux-mêmes leurs belliqueux voisins. C'est dans ce milieu que Jackson avait fait son apprentissage de la vie, et il en était sorti batailleur comme pas un. On rapporte que la contradiction le mettait hors de lui et l’empéchait parfois de parler. Soldat intrépide, il devait À sa victoire de la Nouvelle-Orléans — seul avantage sérieux remporté par les Américains sur les Anglais dans la guerre de 1812-14 — une grande partie de Sa popularité. Toute observation Prenait, à ses yeux, les proportions d’une attaque à son adresse, et gare à ceux qui