CHAPITRE TRENTIÈME
La corluite du bouillant Jackson, appuyé par les États à esclaves dès lors inféodés au parti démocratique, les avait profondément blessés dans leur orgueil, d'autant plus qu'il se montrait l'adversaire déterminé du protectionnisme. Il ne voulait, comme Calhoun et tout le Sud, qu’un tarif approprié aux seules nécessités du fisc, Mais le président, tout en étant un adversaire de la centralisation et un partisan des droits des autorités régionales, n’admettait pas qu'il fût permis à un État de se retirer de l'Union à son Caprice. Le tarif modifié rendit inutile l'ordonnance de nullification ; ;il n'en sera question de nouveau que vingt ans plus tard. Mais les idées dont cette doctrine n'était que la résultante restèrent profondément ancrées dans l'esprit des populations sudistes.
Pour elles, la Confédération américaine n'était qu'un pacte terminable au gré des parties contractantes, bien qu’il soit question, dans la loi fondamentale de 1777, de sa perpétuité. La première Confédération n'avait duré que cinq ans parce que les États ne s'étaient départis que d’une trop faible part de leur souveraineté au profit du gouvernement national. En 1789, leur générosité était allée plus loin. Comme le pacte avait été refait une seconde fois, ce précédent ne les autorisait-il pas à arguer de sa dissolubilité au gré des États qui n’y trouvaient plus leur compte ? Lors du traité de Versailles (1783), l'Angleterre n'avait-elle pas reconnu la Souveraineté de chacun des États, et les droits de la souveraineté ne sont-ils pas inaliénables ? La Confédération n’aurait été, selon ce point de vue, que le résultat d’une délégation de pouvoirs. Or, la délégation est essentiellement révocable.
La nullification donna lieu à des débats mémorables, auxquels prirent part Henry Clay, Calhoun et Webster ; trois hommes d'État qui sont restés comme la plus haute expression de l’éloquence parlementaire américaine.
Calhoun avait été élu vice-président aux élections de 1828. Homme aussi extrême dans ses idées que Jackson l'était au pôle opposé, il ne devait guère s'entendre avec le président : la rupture se fit avec éclat, e. alhoun reparut au Sénat, comme
l'apôtre de la nuwllification et partisan du libre-échange. Il 15 8o1 B
a solitude et partant,
se ressentant de la
, était souvent nua-
l'empéchaient pas de s'emparer de Il avait, à Ja vérit
que « l'esclavage est la institutions libres ».
T aux Sudistes qui, lorsqu'il
teints dans leurs affections
de leur grand homme, ils ins-
CALHOUN, comme si Je rayonnement
de sa gloire eût franchi les frontières de son pays pour éblouir l'univers.
tait d’un tout autre ordre et bien
n et de Clay. Un historien d'ou-
On retrouve en lui le type complet de l'esprit Puritain, auquel il appartenait par sa naissance et son éducation, Le Caractère ondoyant de Webster et, disons-le aussi, l'intérêt l’entraînèrent à une double volteface sur deux questions importantes. D'abord libre-échangiste déterminé, i] fit du système d'Adam Smith une défense
ridicule dans une société démocratique. I] Y a souvent un comédien derrière l'orateur, et l'habitude de jouer les grands rôles à la tribune était passée chez lui en seconde nature.