‹ Les États-Unis [microforme]Chapitre 124 sur 195 · HARRISON-TYLER · texte numérisé non relu

HARRISON-TYLER

Harrison, élu président en 1840, meurt un mois après son inauguration. — John Tyler, le vice-président, le remplace. — Le Texas se déclare indépendant. — Sam Houston et les Américains établis dans ce pays défont les trov- -« mexicaines. — Le Texas, constitué en répulbique, demande son entr. dans l'Union. — Tyler favorise cette demande.

AN Buren ambitionnait une réélection, et ses amis le mirent en nomination. Le choix des whigs, ses \ adversaires, devait naturellement se porter sur Henry Clay, l’homme le plus remarquable de l’époque, le sauveur du pays à deux reprises. Mais, comme cela s'est souvent renouvelé depuis aux États-Unis, les manipulateurs d'élections préférèrent la médiocrité au mérite, car elle offre moins de prise à la critique, qui peut toujours travestir les actes de ceux qu’elle prend à partie. Ils mirent donc sur les rangs le général Harrison, ancien officier vainqueur des sauvages à Tippecanoe (1811), affaire de peu d'importance. Comme c'était un homme sans valeur politique réelle, on créa une légende autour de son nom. On en fit un héros, un foudre de guerre et, afin de plaire au Sud, il fut décidé de lui accoler, comme candidat à la vice-présidence, un représentant de a Virginie, John Tyler dont les opinions étaient loin de cadrer avec celles des whigs. «Mais qu'importe » ? disaient les meneurs, «la vice-présidence enchaînera sa liberté d'action, et nous n’aurons pas à appréhender son hostilité». Nous verrons dans l'instant qu’ils comptaient sans le chapitre de l'imprévu.

Les whigs, pour faire mousser cette double candidature, montèrent une de ces gigantesques campagnes électorales

à grand orchestre, comme l’on n'en voit qu'aux États- Unis. Pour faire pièce à Van Buren qui, d’après la Jégende, mangeait dans de la vaisselle plate et buvait dans des coupes de vermeil, les whigs posèrent leur candidat en modèle de la simplicité primitive. «C’est un homme qui passe sa vie ‘dans un /og house, disait-on, mange son pain sec et ne boit que du cidre » (kard cider). Dans tous les États- Unis, on traïînait en procession la log house d'Harrison et un tonneau rempli de son breuvage aimé. Pour lui faire honneur, ses partisans faisaient force libations de cidre aigre qui leur tirait les larmes des Yeux tout en stimulant leur enthousiasme. Il n’était guère question de principes en tout ceci; mais on voulait combattre les démocrates avec des moyens analogues à ceux qui avaient naguère assuré la seconde élection de Jack:on.

La victoire se rangea du côté des whigs auxquels elle ne Profita guère, car la mort enleva Harrison, un mois après son entrée au Capitole.

Tyler, qui le remplaça, se plut, durant toute Sa présidence, à contrecarrer les desseins d’une partie de ses partisans politiques divisés en deux factions. A deux reprises, il frappa du veto présidentiel des projets de lois qui créaient une Banque des Etats-Unis, alléguant, pour justifier cette mesure de ri- Bueur, que cette création appartenait aux divers États. Il faut voir, dans la conduite de Tyler la continuation de la querelle qui avait eu lieu sous l'administration de Washington, lors de l'établissement de la première banque. Tyler partageait sur ce point les idées de Jefferson et de Jackson. Après le second désaveu de la mesure, tous ses ministres, moins Webster, donnèrent leur démission.

Ce conflit eut bientôt fait de miner le crédit du président, et, comme il avait l'ambition de prolonger son séjour à la Maison Blanche, il crut qu’il se referait une popularité en favorisant l'annexion du Texas aux États-Unis. Dès 1821, un grand nombre d'Américains du Sud s'étaient établis sur ces possessions mexicaines avec l'intention de les faire entrer, un jour ou l’autre, dans la grande République. Lorsqu'ils se sentirent assez forts Pour exécuter leur projet, ils prirent prétexte des difficultés qui bouleversaient le Mexique pour

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