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CHAPITRE TRENTE-DEUXIÈME

refuser de reconnaître ses lois. Le président Santa Anna marcha contre les rebelles, qu’il vainquit dans les premiers engagements, pour tomber ensuite entre les mains du général Sam Houston à la bataille de San Jainto. Se déclarer indépendants du Mexique et proclamer la république fut le second acte de la comédie montée pa: les Américains établis au Texas. Il restait à en jouer le troisième, et c’est à Washington qu'il se déroula.

Le Texas (1) demanda son annexion aux États-Unis (1844), le Sud l’appelait de tous ses Vœux, car il entrevoyait dans cet accroissement de territoire un appoint à son influence, comptant bien que l'esclavage s’y développerait comme dans le Pays environnant. Quelle force ne tirerait-il pas du Texas, assez vaste pour former quatre nouveaux États, qui lui donneraient huit votes de plus au sénat! Comme il était naturel, la Nouvelle-Angleterre et ses alliés s’efforcèrent de faire échec à ce projet qu’ils ne voyaient d’un bon œil qu’en autant qu'il favorisait l'acquisition d’un riche pays.

On finit par s'entendre, au Congrès, en acceptant une proposition comportant l'entrée du Texas, comme un seul] État, avec faculté laissée aux citoyens américains qui s’y établiraient plus tard, de décider si l'esclavage y serait admis, ou non. Le président Tyler fit un traité avec la jeune République sur les bases de cette résolution, et elle devint partie intégrante des Etats-Unis en 1845.

La question de l'annexion du Texas avait servi de champ de bataille aux partis, lors de la campagne présidentielle de 1844 Polk portait le drapeau des démocrates, partisans déclarés de l’acquisition du nouveau territoire, et Henry Clay, celui des whigs. Si l'éminence du talent, les services publics, le prestige de l’éloquence pesaient d’un grand poids dans une démocratie, ce dernier l'aurait emporté sur son con- Current, homme de peu de valeur. Mais l'illustre oratew qui, en deux circonstances, avait appaisé, au moyen de com Promis, les partis prêts à en venir aux mains, s’imagina qu’en

(1) Le général Grant dit dans ses Mémoires’: The occupation, separation and annexation, were, from the inception of the movement to its final consummation,

a conspiracy to acquire territory out of which slaves states might be formed for the American Union.

prêchant la conciliation au peuple, il réunirait autour de son nom la majorité des électeurs. C'était vouloir jouer un jeu difficile. La multitude, portée aux extrêmes et à chercher la conclusion à côté des Prémisses, n'est guère apte à goûter les moyens termes. L'état d'esprit de Clay le tenait dans l’indécision, et nombre de whigs, opposés à l'entrée du Texas dans l'Union, prirent ombrage de ses déclarations ambigues. Était-il favorable à ce grand projet ? Son programme ne donnait pas de réponse sur ce point. Or, ses amis du Nord n'en voulaient Pas car si, d’un côté l’annexion du territoire projeté donnait un surcroît de force au Sud, et menaçait de ramener avec violence la querelle de l'esclavage, elle pouvait aussi entraîner une guerre avec le Mexique, qui n'avait jamais reconnu l'indépendance du Pays arraché à son empire, au mépris du droit international. En voulant ménager le Sud, le chef des whigs heurta de front les abolitionnistes, qui lui tournèrent le dos au moment décisif et Polk fut élu.

Il fut aussi question durant cette élection d’une difficulté pendante entre les États-Unis et la Grande-Bretagne, au sujet des frontières du côté de l'Orégon. Les démocrates avaient inventé, pour présenter l'affaire au peuple d’une façon théâtrale, une de ces formules à effet, qu’ils affectiornent, « fifty-four forty or fight », disait-on. Ce qui voulait dire que si l'Angleterre ne cédait pas la latitude «54°40'» aux États- Unis comme frontière, ce serait la guerre. Après l'élection, les chauvins acceptèrent sans protestation la ligne 49 que proposait l'Angleterre.

Lorsque le pays se ressaisit, après l’effervescence électorale, la défaite de Clay lui apparut comme un désastre national. Ses partisans, au désespoir, eurent la faible consolation de voir les plus sensés parmi les vainqueurs rougir de leur vic toire.

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