ARTICLE XV
1° Le droit des citoyens de l'Union au suffrage électoral ne pourra être ni refusé ni restreint par les États Unis et pat aucun État, par la considération de la race, de la couleur ou d'une condition antérieure de servitude
{*) Proposé par le Congrès en 1869 et déclaré adopté en 1870.
fet de le forcer à conférer aux émancipés le droit de suffrage dans les affaires régionales, comme ils le possédaient déjà en ce qui regarde les élections du président et des membres du Congrès. C'était attaquer les vaincus dans leur orgueil, les blesser dans leurs sentiments intimes, que de les contraindre à reconnaître comme égaux leurs anciens esclaves. Fait d'autant plus révoltant, à leurs yeux, que plusieurs des États du Nord avaient déjà refusé le droit de suffrage aux nègres. Au reste, nulle part, chez les Américains, à l'heure actuelle, ils ne se trouvent sur un pied d'égalité avec les blancs. En vain les vaincus protestèrent. En vain, le président Johnson frappa cette loi de son veto, comme il l'avait fait pour le XIVe amendement ; le radicalisme passa outre, il lui fallait une vengeance aussi prolongée que possible. L'intervention de Johnson lui valut une mise en accusation devant le Sénat. Prévenu d'abus de pouvoir, il n'échappa à une condamnation que par une voix de majorité.
Qu'’allait faire le Sud ? Le plus sage parti à prendre n'était-il pas de plier sous l’orage et de déjouer la malice de ses
adversaires en vidant jusqu’à la lie une coupe qu'on lui avait préparée assez amère pour qu'il ne pôt se résoudre à la boire ? L'Arkansas, l’Alabama, la Floride, la Louisiane, les Carolines acceptèrent les nouveaux articles de la constitution de 1868. Ce ne fut qu’en 1870 que la Virginie se rendit à l'inévitable.
2° Le Congrès aura tout pouvoir pour assurer la sanction de cet articlepar une législation appropriée à son objet.