‹ Les États-Unis [microforme]Chapitre 144 sur 195 · ULYSSE S, GRANT · texte numérisé non relu

ULYSSE S, GRANT

Le général Grant, vainqueur du Sud, désire ramener l'harm, nie entre i grandes divisions politiques du pays. — Les radicaux veulent un opprimer le Sud, — Résultat de l'émancipation des nègres — ! actuel. — Grant est réélu en 1872. — Traité de Washington con. administration,

LYSSE S. Grant, le vainqueur de Lee, remplaça John-

son à la Maison Blanche. I] l'avait emporté par

une immense majorité sur son concurrent, H. Scy-

mour, de New-York. Le nouveau président militaire apportait à la suprême magistrature un esprit de modération qui lui fit honneur. C'est souvent chez le soldat que l'on rencontre, après les fureurs de la guerre, le plus de générosité pour les vaincus. Grant avait appris à respecter les Sudistes sur le champ de bataille, où leur courage fut souvent poussé jusqu’à l’héroïsme, et, conquérant magnanime, il aurait voulu, s’il n’en avait été empêché par les politiciens, traiter comme des amis réconciliés les partisans de la « cause Perdue ».

« Let us have peace», avait dit Grant aux républicains qui lui offraient la présidence : c'était son mot d'ordre, sa devise peu conforme, il est vrai, aux idées de ses amis, qui entendaient bien exercer leur vengeance et encore plus exploiter le Sud, en le privant de ses droits politiques, Le général désirait ouvrir l'ère de la pacification dont le Pays avait tant besoin, Il se sent:c pris d’une immense pitié pour les victimes du conflit, sentiment qui découlait d’un esprit élevé. Les Etats à esclaves avaient voulu rompre l’Union ; mais les plus féroceS partisans des doctrines centralisatrices pouvaient-ils,

de bonne foi, leur en faire un reproche, dans l'état d'incertitude où l’on avait vécu jusqu’à la guerre, sur le droit d’un État à reprendre cette indépendance dont il s'était dépouillé en 1787? L'Union avait-elle un caractère de perpétuité ? Les opinions étaient assez partagées sur ce point, même dans la Nouvelle-Angleterre, pour que celles du Sud ne fussent pas imputées à crime. Cette question ouvrait une large porte à la discussion, et une grande indulgence pour leurs adversaires, eût été le moins qu’il aurait été légitime d'exiger de la part des partisans de l’Union une et Derpéluelle, surtout si l’on ne perd pas de vue le fait que les États-Unis avaient trouvé leur berceau dans une insurrection. Certains États s'étaient réservé, lors du pacte de 1787, le privilège de reprendre leur souveraineté, qu’ils n'auraient jamais aliénée avec la condition de perpétuité, tellement ils tenaient à leur indépendance. La sécession n'était, à leurs yeux, que l’acte d’un gouvernement qui rompt une alliance dont les obligations n'ont pas été remplies par une des parties contractantes. L'Union résultait d'un contrat entre les différents États traitant de puissance à puissance, ou bien elle dérivait de la volonté de tous les citoyens, sans tenir compte des autorités régionales, comme une émanation du suffrage universel. Si l'on adopte le dernier point de vue, les rebelles s'insurgeaient contre le vœu de la majorité, et le devoir de les mettre à laraison incombait à l'autorité centrale. Les arguments se présentaient en foule aux avocats des droits des États pour soutenir la première hypothèse : mais leur point faible a été de ne pas avoir la force des gros bataillons pour la faire valoir. Il est regrettable que la doctrine de l'autonomie des États, excellente en elle-même, ait été mise au service d’une aussi détestable cause que celle de l'esclavage, avec laquelle elle a sombré : cause qui ne valait pas les sacrifices d'hommes et d'argent qu’elle a coûtés.

Il ressort de tous les débats qui duraient depuis soixante ans qu’une révision de la constitution s’imposait, à l’époque de la guerre. Elle n’aurait certes pas dû être faite à coups de canon, avec l'argument suprême de la force. Cette révision par voie des armes a affirmé le principe de l’indissolubilité de l’Union, partout accepté aujourd’hui, et mis à

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