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CHAPITRE QUARANTE-QUATRIÈME

L'enseignement supérieur se donne dans des universités dont la plus célèbre est celle d'Harvard, fondée en 1629 par John Harvard qui lui légua sa fortune. Elle se trouve à Cambridge, aujourd’hui partie de Boston. Près de 8,000 élèves suivent ses cours.

Vient ensuite, l’université de Virginie, appelée, avant la Révolution, le collège de William et Mary;ilfut établi en 1693, grâce à la générosité de Guillaume d'Orange.

Le Connecticut a fondé en 1700 le Yale College.

Ce n’est qu’en 1746, que le New-Jersey a fondé le Princeton College.

Le riche état de New-York ne possède sa célèbre Columbia University que depuis 1754, c’est-à-dire un siècle après l’arrivée des Anglais sur les bords de l'Hudson.

L'Université de Pennsylvanie fait remonter sa création à l’année 1755.

Parmi les grands établissements américains, consacrés à l'éducation de la jeunesse, figure avec honneur la Georgetown University, avec quatre facultés bien organisées. Sa fondation remonte à l’année 1780, et elle est dirigée par les Jésuites. Le 19 novembre 1889, les catholiques voyaient avec bonheur l'inauguration d’une nouvelle institution d’enseignement supérieur, fhe Catholic University, de Washington. A la cérémonie d'ouverture de cet établissement, la province de Québec était représentée par l'honorable M. Mercier, alors premier ministre.

Parkman a un jour déclaré, comme nous le notions tantôt, que ses compatriotes ne poussent pas les hautes études aussi loin que les Européens. La métaphysique, avec ses obscurités, n’est pas faite pour attirer cette société emportée vers le côté pratique des choses. Rien de moins spéculatif que l'Américain en général. 11 vise ce qui rapporte de l'argent. Si le sol des États-Unis n’a pas vu de ces grandes éclosions intellectuelles qui ont fait la gloire de la France de Louis XIV, de l'Italie de Léon X et de l'Angleterre d’Élizabeth, ils comptent dans les lettres des noms fort remarquables. Washington Irving nous charme par la finesse et l'esprit de ses récits, l’éloquence du style. On le regarde comme le père de la littérature américaine, bien que Benjamin Franklin

ait plus de droit à ce titre qu'Irving. La Science du bonhomme Richard était connue en France à la fin du siècle der: nier. Fenimore Cooper a eu*son heure de vogue, et bien qu'un peu démodé, il est encore fort goûté de la jeunesse. 11 a fait école pendant quelque temps ; Gustave Aimard et Cabriel Ferry ont évidemment marché sur ses traces. Le roman politico-social de Madame Beecher Stowe a trouvé de nombreux lecteurs dans toutes les parties du monde. Parmi les écrivains les plus rapprochés de nous figure, en première ligne, Oliver W. Holmes, dont les pages si pleines d'humour de l'Autocrat of the breakfast table lui ont valu une grande renommée, partout où pénètre la littérature anglaise. Les romans de Hawthorne, surtout The Scarlet Letter et The house of the Seven gables, le placent à côté des meilleurs romanciers du siècle. Dans le domaine de la littérature d'imagination, James et Howells sont aujourd’hui les hommes les plus en vue aux États-Unis.

William C. Bryant est le plus ancien des poètes américains dignes d’être cités. Après lui, comme rang d'âge, mais bien au-dessus comme valeur, se place Longfellow. Avons-nous besoin de faire son éloge ? Son poème si touchant d'Evangeline a rendu son nom aussi populaire au Canada que dans sa patrie. La légende sauvage d’Hiawatha est une des plus jolies conceptions que la vie primitive des aborigènes ait inspirées. Le poète quaker Whittier n’est goûté que des Américains, seuls en état de savourer son fort goût de terroir : Emerson, Edgar Poë comptent aussi parmi les plus connus des enfants des muses aux États-Unis.

La république possède des historiens d’une grande valeur. La science de Bancroft est bien connue ; Hildreth, auteur comme lui d’une histoire des États-Unis, mais plus impartial, nous paraît bien préférable. Parkman a exploité, avec grand succès, les annales du Canada. On regrette qu'un étroit esprit de sectaire dépare ses plus belles pages: The History of the Netherlands, de Motley, et The Conquest of Mexico, de Prescott, offrent une lecture aussi instructive qu'attrayante.

Il n’y a guère chez nos voisins de productions marquées par l'originalité dans le domaine des sciences naturelles. Fai-

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