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CHAPITRE QUARANTE-QUATRIÈME

sons cepeadant une exception pour les œuvres du grand naturaliste Audubon. Pour ce qui est de la science appliquée, ils y excellent.

Le drame, les beaux arts, la musique, la peinture, la sculpture, l'architecture ne sont pas sortis de la période des t4tonnements. C'est à l'Europe que nos voisins vont demander des œuvres artistiques de valeur. L'école américaine de peinture et de sculpture est ue expression inconnue en dehors des Etats-Unis.

Sur le terrain du journaïisme à sensation, au tirage colossal, la supériorité des Américains s'affirme sans conteste, Sous la poussée de leur génie entreprenant, la feuille éphémère a pris un développement en rapport avec la soif de savoir qui dévore leur société enfiévrée. L'information complète, intense, n'a pas de secret pour le reporter américain, inventeur de l'interview et Pour qui rien n’est sacré, pas même la vie privée, fouillée à fond par cet impitoyable chercheur de potins et de nouvelles. Il faut voir le tirage spécial des grands journaux du samedi, avec leurs cinquante pages de petit texte, leurs cent colonnes d'articles, portant sur les sujets les plus variés. Le journal devait, certes, atteindre ce prodigieux développement dans un pays où l'instruction s’est infiltrée partout. Il est à l'Américain de nos jours ce qu'était l’Ancien Testament au puritain du dix-septième siècle. Les premiers imprimés des colonies anglaises re. montent à 1639 (1). Ce ne fut que plus d’un siècle après que l'on vit un matériel d'imprimerie au Canada. Détail assez singulier, le premier ouvrage publié en français dans l'Amérique du Nord l'a été à New-York en 1696.

Nul peuple n’a su tirer un parti plus profitable des progrès de la science que nos voisins, ni faire des applications plus

(1) Voici les titres des plus anciens americana des colonies anglaises :

An Almanac for 1639, calculated for New England, by Wm. Pierce, Mariner, Cambridge, Printed by Stephen Day.

Freeman's Oath by S. Daye. :

Le premier journal anglais américain, le Boston News Letter, a vu le jour en 1704.

Nous croyons faire plaisir à nos amis les bibliophiles en leur donnant le titre complet de l'ouvrage franrais, dont il est question plus haut :

Le trésor des consolations divine: :; humaines ou Traité dans lequel le Chrétien

Peut apprendre à vaincre et à surmonter les A fictions et les Misères de cetie vie. À New-York, chez Guillaume Bradford, à l'Enseigne de la Bible, 1696.

heureuses de ces deux forces comparativement nouvelles : la vapeur et l'électricité. Entre les mains ingénieuses de leurs inventeurs, elles ont été domptées pour se mett.e docilement au service de l’homme. Depuis le jour où Fulton (1808) lançait le premier bateau à vapeur sur l'Hudson, quel prodigieux progrès dans la locomotion sur terre et sur mer! Pascal, ce sublime frappeur de pensées, appelait les rivières “des chemins qui marchent». Quelle expression ne trouverait-il pas, pour peindre ces immenses paquebots qui centuplent la valeur des voies de communications fluviales et maritimes! En tête des inventeurs américains, apparaît Franklin qui, après ses fameuses expériences à Paris, découvrit le paratonnerre. Ce n'est que soixante ans plus tard que les lois de l'électricité, mises au jour par Ampère, permirent d'utiliser largement ce fluide mystérieux qui jusqu'alors n'était connu que par les ravages de la foudre. En 1826, Morse découvrit le télégraphe électrique. De nos jours, Edison a fait entrer l'éclairage à la lumière incandescente dans le domaine des choses pratiques, après nous avoir doté du téléphone. Comment donner la liste des cent inventions américaines, plus ingénieuses les unes que les autres, depuis la machine à coudre jusqu’à la moissonneuse, qui décuplent . la puissance du travail et le simplifient ? Les Américains ne se sont guère distingués dans le domaine de la science pure. Que l’on puisse leur nier la suprématie de ce côté, nous n'y contredirons point : mais il est incontestable qu'ils sont restés sans rivaux comme vulgarisateurs de la science, et comme auteurs de ses applications les plus précieuses et les plus serviables.

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