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LES INDIENS

Quelques notes sur la période préhistorique des États-Unis, — Les Mound builde :, les Cliff dvellers, les Pueblos. — État actuel des Indiens.

IMMENSE région sur laquelle s'étend aujourd’hui le

pouvoir des États-Unis avait vu, avant l'arrivée

des Européens, plusieurs couches successives de ra-

ces sauvages dont le souvenir même s'était effacé chez les Indiens en possession du sol, lors de la découverte du continent américain. L'étude des vestiges de leur œuvre est du plus haut intérêt, captivant comme toutes les recherches qui ouvrent la porte aux hypothèses, et fait croire à l’archéologue que ces premiers habitants du Nouveau Monde avaient atteint un certain degré de civilisation.

Dans la vallée du Mississipi, se rencontrent un grand nombre de tertres élevés de main d'homme par une race qu’on ne saurait rattacher à aucune tribu connue dans l’histoire. On s’est contenté de désigner les auteurs de ces constructions sous le nom de Mound Builders, constructeurs de tertres. À quoi servaient ces amas de terres? On a conjecturé, durant longtemps, que c'étaient des tertres funéraires, mais comme on n'ytrouve point de sépultures cette hypothèse a dû être mise de côté et la question a repris son obscurité. Ces mounds affectent les formes les plus variées, surtout celles des animaux, du serpent, du lézard; d’autres représentent une grenouille, un ours, un oiseau, un caïman. Un des plus célèbres est celui du serpent, situé sur le sommet d’une colline dans l'Ohio. Il s'étend sur une longueur de 600 pieds, décrivant une ondulation qui l’allonge encore. Sa hauteur

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est d’environ cinq pieds. A Granville (Ohio) on rencontre l'Alligator mound ; la tête, le corps, la queue recourbée de l'animal se dessinent visiblement. A Pewakee, c'est un groupe de sept tortues et de deux lézards qui offre aux interrogations du voyageur ses mystérieux et obscurs symboles, objets de respect et de vénération pour le sauvage de nos jours, mais dont le sens lui reste caché. j

Il existe encore, outre ces tertres, des vestiges de fortifications. Ces ouvrages défensifs occupent des points élevés: le mur du camp de Bourneville a presque trois pieds de hauteur. On cite aussi celui de Clark qui couvre une superficie de 40 acres. A Newark, c'est autre chose. «On trouve là, dit un voyageur qui a étudié le pays, toute une série de travaux de forme géométrique, un octogone, un carré, deux cercles, des murs parallèles ; à Aztalan, dans le Wisconsin, on voit les restes d’une ville fortifiée. A l'intérieur du mur d’enceinte en terre, renforcé à intervalles par des tertres, et dont la matière a été en maints endroits calcinée, on aperçoit une sorte de pyramide, des remblais, des excavations où pouvait se réfugier pendant quelque temps une population assez nombreuse. Enfin il y avait des tertres à sacrifices formés de couches superposées de granit, terre et sable, recouvrant un autel fait d'argile et de pierre où l’on a remarqué des cendres et du bois carbonisé, mais dont l'objet exact échappe au curieux. Y faisait-on périr dans le feu les ennemis vaincus, ou des victimes choisies d'avance ? Etaient-ce des buchers où l’on brûlait les morts ? On ne sait ».

Que le canibalisme ait existé chez les sauvages, tout le fait présumer. On sait parfaitement que les festins de chair humaine ne répugnaient nullement à nos Indiens du Canada. Les Mound builders ne connaissaient pas le fer; on a trouvé dans leurs demeures de nombreux outils et ustensiles de cuivre, mais l’art de fondre ce métal leur était inconnu ; ils ne le travaillaient qu'au marteau.

Non moins curieuses sont les Cliff dwellings de l'Utah, du Colorado et de l’Arizona : constructions en pierres, tours, palais, placés à l'intérieur de cavernes immenses, nichées au sommet des falaises et des rochers, et qui n'étaient accessibles qu’au moyen d’échelles.

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