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CHAPITRE QUATRIÈME

Aussi, pour étouffer toutes dissensions futures, les voyageurs furent appelés à signer, en vue de l'Amérique, un document resté célèbre dans les fastes des États-Unis.

Nous le reproduisons intégralement :

«Au nom de Dieu, ainsi soit-il Nous soussignés, fidèles sujets de notre redoutable seigneur le rci Jacques, par la grâce de Dieu, roi d'Angleterre, d'Écosse, etc., ayant entrepris, puur la gloire de Dieu, l'avancement de la foi chrétienne, l'honneur de notre roi et de notre patrie, un voyage à l'effet de fonder la première colonie dans le Nord de la Virginie, reconnaissons solennellement et mutuellement en présence de Dieu, et l’un en présence de l’autre, que, par cet acte nous nous réunissons en un corps politique et civil pour maintenir entre nous le bon ordre et Parvenir au but que nous nous proposons. Et en vertu du dit acte, nous ferons et établirons telles justes et équitables lois, telles ordonnances, actes et constitutions, et tels officiers qu’il nous conviendra, suivant que nous le jugerons opportun et utile pour le bien général de la colonie. Moyennant quoi nous promettons toute due soumission et obéissance. En foi de quoi, nous avons signé ci-dessous, l'an du Scigneur 1620, le 11 novembre ». (Vieux style.)

Voilà ce document regardé par la plupart des historiens comme la pierre angulaire de la démocratie américaine, comme une copie anticipée du fameux Contrat social de Jean-Jacques Rousseau. Il ne nous paraît pas avoir eu cette importance. Dans l'esprit de ses auteurs, il n'était qu’un expédient suggéré par la nécessité, une précaution prise contre un danger imminent de discorde. Dans tous les cas, il est resté lettre morte; car, comme nous le verrons par la suite, le régime de l'égalité fut loin de régner dans la Nouvelle-Angleterre.

Ce n’est que le quatrième mois après son départ que le Mayflower vit ses voyageurs mettre pied à terre près du cap Cod. C'était un dimanche du mois de décembre (21 décembre 1620), par un temps glacial et un ciel couvert de nuages. Malgré ces sombres auspices, l’elder Brewster appela les pèlerins à s’agenouiller pour rendre grâces au ciel. Telle fut l'humble prise de possession de ce qui, pour eux, était la terre promise,

Le souvenir de ce débarquement des Pilgrims est resté cher à toute l'Amérique anglaise. Le table

nait de la p leurs croyances.

Le long Voyage de quatre mois avait Provisions des émigrés

L'exemple des chefs ; de Bradford, h, qui veillaient à Ja sû- Pas, ne cessaient-ils de ous cherchions, ne sommes-nous pas en Possession de cette terre Promise, objet de notre ambition »! A côté de ces pionniers de la Nouvelle-Angleterre, s’aper- Soit la figure de Win Ua aussi un grand rôle dans la colonie, eur et délégué en Angleterre, €, attire de nouveaux colons Londres un ouvrage : Good ut de faire connaître le nou- Le colonel Winslow qui, en 1755, exécuta

l'ordre de déportat de cet homme énergique.

Assemblage d'individus Peu sympathiques que celui des Pêélerins et des Puritains qui vinrent bientôt les rejoindre. Nés au sein de la persécution, ayant lutté avec

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