LE MASSACHUSETTS
Le pasteur White et ses amis fandent la colonie Charte de Charles Ier dé treprise, — Caractère de ]” la société puritaine.
lONDÉE dix ans après New-Plymouth (1630), la grande colonie puritaine du Massachusetts devait bientôt | devancer sa rivale, puis l’absorber et acquérir la suprématie dans l'Amérique anglaise.
lors, de régler le cours de l'opinion terminer par son influe Nouvelle-
un jour le delenda Carthago.
battra le rappel, utes les colonies anglaises autour du drapeau de l'indépendance. Sa force morale se prolongera jusqu’à nos jours, où nous le verrons à la tête de cette Campagne abolitionniste, cause du terrible confit qui, en 1861, Précipitait la partie septentrionale du pays contre les États à esclaves.
nommé White, qui conçut le proet d'y élever, selon son expres-
Plus heureux que de White reçurent
rene mensmmenmee.
de Charles Ier une charte aux termes très vagues, dont les Concessionnaires ne tardèrent pas à se prévaloir pour transformer ces lettres-patentes, octroyées à une compagnie de commerce, en charte de gouvernement. D'après sa teneur, c'est de Londres que la future colonie devait être administrée. Il y avait là une erreur palpable, que l'on se hâta de réparer en décrétant que les actionnaires qui voudraient se transporter en Amérique formeraient partie du gouvernement, sans se préoccuper si les Jettres patentes comportaient un tel changement? L'autorité resta indifférente à cette violation de la loi, et c'est ce qui a frappé bien des historiens, étonnés de voir Charles Ier, si absolu, si jaloux de son autorité, fermer les yeux sur cette espèce de défi à ses volontés. Ne doit-on pas, au contraire, présumer que le départ des puritains et de leurs amis agréait à ce monarque, qui se débarrassait ainsi d'une foule d'ennemis ? D'après la charte, le gouvernement devait se composer d'un gouverneur et d'un lieutenant-gouverneur, assisté d'un conseil de seize membres, &ppelés aussi magistrats, élus annuellement comme les deux premiers fonctionnaires par les freemen où actionnaires de la Compagnie. A ce conseil incomberait la mission de faire les lois. De plus, tous les freemen seraient appelés à se réunir quatre fois par année en sessions, dont l’une serait consacrée à l'élection du gouverneur et des magistrats, les autres à la confection des lois, à la levée des impôts.
La compagnie, après avoir compris, comme nous venons de le dire, l'impossibilité de diriger de Londres son établissement du Massachusetts, décida d'y expédier de toutes pièces un gouvernement avec John Winthrop comme premier gouverneur. Elle fit de grands préparatifs de voyage. Seize navires furent frètés, et l'on ne dépensa pas moins de vingt mille livres pour assurer le succès de l'entreprise. Un bon nombre d'actionnaires et des émigrés de tous genres s’embarquèrent en 1630. Arrivés sur les côtes du Massachusetts, les colons furent distribués sur différents points, surtout à Charleston et sur l'emplacement actuel de Boston. Ils n'arrivaient pas en pleine solitude, car le puritain Endicott, ayant avec lui environ mille émigrés, avait fondé plusieurs années auparavant quelques établissements dans cette contrée. Cet hom-