CHAPITRE PREMIER
bre aux Espagnols, Un de leurs marins, de Soto, pénètre (1539) dans l'intérieur du continent, après avoir mis pied à terre à Tampa, sur la côte ouest de la Floride, iraverse le Mississipi, atteint les montagnes de l’Arkansas, terme de son voyage d'une durée de deux ans, et revient mourir sur les bords de ce fleuve. Rien ne reste de ses explorations, entreprises, dit-on, en vue de ses intérêts personnels.
Chose à noter, ce sont des Français qui tentent de fonder le premier établissement permanent sur le sol devenu le domaine de la grande république. L'amiral de Coligny, un des chefs des protestants de France, forme le projet de créer une colonie de ses coréligionnaires en Floride. En 1652, Jean Ribault fait voile pour ces pays, où il arrive au mois de mai, découvre la rivière Saint-Jean, remonte au nord jusqu'à une baie spacieuse qu'il dénomme Port-Royal (Caroline du Sud). A une faible distance du rivage, s'élève une île sur laquelle il bâtit le fort de la Caroline ou Charlesfort, en lhonneur du roi Charles IX, alors régnant. Le découragement s'empare bientôt des nouveaux venus, qui rentrent en France. Deux ans plus tard, une seconde expédition, dirigée par de Laudonnière, compagnon de Ribault à son premier voyage, se rend en Amérique. Elle descend au sud de Port-Royal, entre dans la rivière Saint-Jean (rivière de Mai) et s'arrête à certaine distance de la mer. On construit des habitations sur une falaise, et le village naissant prend aussi le nom de la Caroline, qui s’étendra aux pays adjacents. C'est cet endroit qui va servir de théâtre à un double drame atroce, comme si partout au nouveau monde, le sang devait souiller les premières pages de l'histoire de sa colonisation par les Européens. Ce sont presque tous des fils de famille qui forment cette avant-garde de l'invasion des peuples de l'hémisphère oriental, gens peu propres aux rudes travaux que nécessite l’entreprise. Les précautions les plus élémentaires pour se mettre à l'abri d’un coup de main sont négligées, et l’on vit, malgré les avis venus de France, dans une imprévoyance qui va être chèrement expiée.
Pedro Menendez, navigateur au service de l'Espagne, ayant appris l’arrivée des Français en Floride, a résolu de les attaquer. Il s'embarque à la tête d’un fort détachement de sol-
dats et se met à la recherche de Laudonnière, que Ribault est venu rejoindre, C hemin faisant, il descend à un endroit
sentiments qui laniment, Menendez fait du meurtre cet écriteau : Je ne fay cecy rie criait vengeance, Le roi de France reste indifférent à l'indignation soulevée Par cette barbarie de l'Espagnol. C'est un simple le capitaine de Gourgues, un catholique, qui se charge d'appliquer aux meurtriers la peine du talion. Il se rend en Floride, attaque le fort Caroline et en force les défenseurs à se rendre, après une lutte acharnée. Tous sont pendus aux branches des arbres voisins. De Gourgues fait brûler ces mots sur une planche de sapin : Pagnols, ni comme à mariniers, mais Comme à traistres, voleurs et meurtriers (1). Ainsi se termina dans une sombre tragédie la première tentative de planter le drapeau de la civilisation dans l'Amérique du Nord. Pen durée de leur établisseme
particulier,
Ces enfants de la forêt virent Gourgues, qu’ils supplièrent de