LES GOUVERNEMENTS
Gouvernements des colonies. — Il en existzit trois catégories. — Quelle était la plus favorable au développement de la liberté ? — Tentative de confédération des États de la Not elle-Angleterre (1644).
QE sTORIEN pourrait s'étonner de la merveilleuse faci-
| NZ lité a,» laquell: ies Américains ont passé de l'état | CS coloniai à l'indépendance, s’il perdait de vue ‘eur ss vie politique antérieure. La transition a été facile, parce que l'autonomie provinciale était déjà presque complète. Il ne s’est agi pour eux, à la révolution, que de substituer le gouvernement central à l'autorité du parlement de Westminster.
Les gouvernements des colonies étaient de trois catégories différentes, en ce qui concernait l’origine du pouvoir et le dépôt de l’autorité suprême. Il y avait, en premier lieu, le gouvernement de province royale, puis celui de compagnies et enfin le gouvernement de propriétaire.
Sous le premier de ces régimes, la colonie relève directement du pouvoir royal, qui nomme le gouverneur, confère au peuple certains pouvoirs énumérés dans une charte, quant à ce qui regarde la confection des lois et l'assiette de l'impôt, le tout sujet au contrôle du bureau colonial ou comme on disait àlors, du Bureau des plantations.
C'est le gouvernement le moins favorable à l'expansion des libertés populaires et celui qui ouvre le plus la porte à l'arbitraire. Le gouverneur, armé de pouvoirs mal définis, en abuse pour aïder ses ainis, et souvent pour se livrer luimême à des exactions aux dépens des colons. A ce point
de vue, sir J. Berkeley a laissé en Virginie le souvenir d'un despote et d'un fonctionnaire rapace, implacable, Le gouverneur Andros, durant son administration, fit peser sur la Nouvelle-Angleterre une véritable tyrannie, appliquant dans cette contrée le régime du Bouvernement personnel, Les colonies ne redoutaient rien tant que de devenir provinces royales, comme cela est arrivé au New-York, au New-Jersey, au New-Hampshire, aux Carolines, à la Géorgie et à la Virginie, après la déchéance de leur charte. Il ne faut pas croire que ce régime qui tendait à l’absolutisme trouvait des victimes résignées. Au contraire, la résistance à l'arbitraire s'organisait partout et les colons finissaient, après bien des efforts, par conquérir, l’un après l’autre, une forte partie des droits civils et politiques.
Plusieurs grands seigneurs s'étaient taillé de vastes domaines en Amérique, sous l'autorité du roi. C'est ainsi que Charles Ier avait donné le Maryland (1) à lord Baltimore et la Pennsylvanie à W. Penn. Ces concessionnaires portaient le titre de lords Propriétaires. Le pouvoir dépendait de ces derniers, qui constituaient le Bouvernement, concédaient les terres, nommaient les gouverneurs et le conseil, et levaient les impôts avec le Concours de l'assemblée générale élue par le peuple. Comme on le voit, les gouvernements de cette catégorie avaient un certain caractère féodal. Outre le Maryland et la Pennsylvanie, les Carolines, les Jerseys et le New-
vinces royales.
Dans les colonies de propriétaires, le roi et le lord propriétaire avaient le droit de velo sur ]
$, Comme dans les gouvernements de compagnie, !a propriété des colons. Ils les occupaient moyennant des prestations annuelles appelées quit rents. Enfin il y avait les Bouvernements de compagnies, les plus recherchés de tous.
Placés plus loin que les deux autres de la Couronne, ils jouissaient d’une quasi indépendance, qui tendait tout naturelle- (1) Mary's land, ainsi nommé en l'honneur de la reine Marie.