‹ Les États-Unis [microforme]Chapitre 52 sur 195 · CHAPITRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUINZIÈME

ment à s'affermir avec le temps et qui finit par les rendre très jaloux de toute autorité supérieure,

Leurs lois devaient être conformes à celles de l'Angleterre, mais n'étaient pas nécessairement soumises à la sanction royale. La grande générosité de la mère patrie à l'égard des gouvernements de compagnies n'empêcha pas les colonies qui en étaient dotées, d'être les premières à se soulever contre son autorité. Ainsi c'est au Massachusetts, régi longtemps par une société, que prit naissance le mouvement populaire, qui se propageant au loin, aboutit à la guerre de la Révolution.

Dans les gouvernements de cette dernière catégorie, les compagnies tenaient du roi des lettres patentes qui leur donnaient, avec la propriété d’une certainc région, le pouvoir de constituer une administration. Ces chartes étaient plus ou moins libérales, mais l'autonomie des gouvernés devait fatalement en découler, entre les mains de gens imbus des idées anglaises de l'époque, et avec l'inclination naturelle au self-gouernment des Anglo-Saxons. C’est dans les gouvernements de compagnies, presque tous placés dans la Nouvelle-Angleterre, que la liberté politique s'est développée le plus rapidement.

En voyant à l’œuvre tous ces groupes anglais établis sur différents points de l'Amérique, on ne peut s'empêcher d'admirer leur esprit d'organisation et l’ensemble des idées d’ordre qu’ils possédaient, Ils sont pénétrés du sens pratique de la vie politique à un degré que l’on ne voit nulle part, à cette époque, sinon dans la Grande-Bretagne. On peut même soutenir qu’ils sont plus avancés que leurs congénères d'outre-mer, car ceux-ci se contentent de marcher dans les sentiers battus, redoutant les innovations et s’en tenant toujours, dans leur guerre contre les privilèges de la couronne, aux droits importants garantis par les anciennes chartes de l’Angleterre. Tout autre est l'esprit des exilés anglais ; ils ne ré- Pugnent point aux réformes politiques, eux qui ont tant sacrifié à la réforme religieuse. Conservant les grandes lignes des institutions anglaises, ils s'efforcent de les adapter aux circonstances nouvelles où elles fonctionnent. Privée du contrepoids que lui donnent, dans la Grande-Bretagne, le roi et la chambre des lords, la constitution trouvera en Amérique

un contrôle dans l'influence énorme de l'Église qui fait échec à tout mouvement Populaire trop avancé.

C'est cet esprit Pratique et prévoyant qui Pousse le groupe des plantations de la Nouvelle-Angleterre à se former en

Ce pacte "est en germe ce qui servira de De même que les colons s'étaient Tmes aux nécessités de l'adminisales, de même ils rédigèrent, de on appropriée aux exigences des D'après la convention de 1644, acceptée par le Massachusetts, New-Plymouth, Haven, le pouvoir fédé

politiques qu'ils l'avaient été de leur liberté religieuse ? I]

serait à charge et qu leur imposer, les jett

Bien que la confé pratiquement cessé d’exister en 1667, elle avait créé un lien moral qui servit, à maintes reprises, pour unir librement ces colonies dans une action Commune, se terminant avec les causes qui l'avaient provoquée.

“ue nr

Page 1