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LES GUERRES

Quatre guerres entre le Canada et les colonies anglaises : 1° Guerre de la ligue d'Augsbourg et traité de Ryswick. — 20 Guerre de la Succession d'Espagne et traité d'Utrecht qui vaut à l’Angleterre l’Acadie, la Baie d'Hudson et Terre-Neuve. — 30 Guerre de la succession d'Autriche et paix d'Aix-la-Chapelle, qui n’est qu'une trève. — 4° Guerre de Sept-Ans. Traité de Paris, le Canada cédé à l'Angleterre, — Le Canada et Franklin ; il s'oppose à ce qu’il soit remis à la France, car autrement la Nouvelle-Angleterre serait ‘ncore exposée aux attaques des Français.

A France et l'Angleterre, voisines en mauvaise intelligence presque perpétuelle, auraient dû planter leurs colonies américaines aussi loin que possible les unes des autres. Il n’en fut rien et le malheur voulut qu’elles ne fussent séparées que par une ligne imaginaire. Cette contigüité de la Nouvelle-France et de la Nouvelle- Angleterre imposait à l’une et à l’autre les inimitiés séculaires de leurs métropoles, et grévait l’avenir de la triste obligation de s’entre-dévorer lorsqu'une cause quelconque mettrait Gaulois et Saxons aux prises. Frontenac, avec son génie pénétrant, semble avoir eu l'intuition du triste sort que réservait au Canada le voisinage des colonies anglaises. Un seul moyen de sauver la situation s'offrait, violent mais urgent : la conquête des établissements anglais. Cette solution parut aussi la seule acceptable à plusieurs de ses successeurs, notamment à M. de la Galissonnière. Mais tonjours la politique continentale du cabinet de Versailles lui fit sacrifier à la nécessité de maintenir la suprématie de la France en Europe plus d'hommes qu’il n’en aurait fallu Pour asseoir d’une façon inexpugnable l'empire français en Amérique.

Il était évident que, quelques grandes qu’elles fussent, les

immenses solitudes de l'Amérique du Nord ne pouvaient pas fournir assez d'espace pour empêcher le choc de ces rivales de naissance. La disparition de l’une ou de l’autre s’imposait comme une nécessité politique. Cette vérité frappa aussi la Nouvelle-Angleterre, qui ne cessa, après la première Buerre intercoloniale, de réclamer la destruction de la puissance française au Canada.

Le sort en est donc jeté, chaque fois que les métropoles seront aux prises en Europe, la guerre aura son prolongement en Amérique entre leurs colonies. A quatre reprises le feu des hostilités, allumé au delà de l’Atlantique, amènera la Nouvelle-France et ses voisines sur les champs de bataille. Voilà les guerres que nous allons brièvement raconter en rappelant celles qui leur ont donné origine en Europe.

LIGUE D'AUGSBOURG ; PREMIÈRE GUZRRE INTERCOLONIALE, 1686-1697

La ligue d’Augsbourg, formée: par la Hollande, l’Angleterre, l'Allemagne, la Savoie et l'Espagne, dans le but d’abattre la puissance de Louis XIV, ouvre la série des hostilités. Le feu allumé en Europe se Propage en Amérique, et nous voyons, pour la première fois, les colonies anglaises aux prises avec la Nouvelle-France. Frontenac gouverne alors à Québec : sa vaste intelligence, aidée d’une force de caractère incomparable, lui a bientôt fait voir la ligne de conduite à suivre.

Il ne peut entreprendre avec ses faibles ressources la conquête des établissements anglais, mais il vise à transporter la guerre chez eux autant que possible. Durant l'hiver de 1690, il lance trois expéditions contre les colonies voisines. La première a pour chefs d’Ailleboust de Mantet et Lemoyne de Sainte-Hélène. Après une course de trois cents milles, les Canadiens et les Sauvages qui la composent tombent, la nuit, à l’improviste, sur Corlar (Schenectady), massacrent une partie de la population et en traînent une autre en captivité. A la seconde, commandait François Hertel, qui s’empare de l'établissement de Salmon Falls (N-H), de Portneuf, chef de la troisième expédition, détruit Casco (Portland). Ces incursions, marquées par des actes de cruauté,

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