CHAPITRE SEIZIÈME
nirent par vaincre l’antipathie des puritains pour les Acadiens et la pitié prit la place de la haine ; la charité des habitants de Boston, de New-York, de Charleston, en sauva un bon nombre ; mais combien moururent de faim et de maladies causées par la misère! Jamais on ne pourra faire le compte de cette immense infortune presque sans pareille dans l'histoire du monde. La responsabilité de cet acte de froide barbarie, longuement préparé, retombe surtout sur Lawre e, gouverneur de la Nouvelle-Écosse. Shirley, gouverneur du Massachusetts, parait avoir été partie au complot. Winslow fut chargé d'exécuter les ordres du gouverneur ; c'était un soldat d'une grande bravoure et nous ne comprenons pas qu'il n’ait point brisé son épée et reculé devant l'horreur de sa mission. Non seulement Lawrence agissait sans mandat, mais le gouvernement anglais lui avait enjoint de ne pas mettre à exécution le cruel projet qu’il lui avait coinmuniqué.
Lawrence a trouvé de nos jours des défenseurs. Les Acadiens, sujets anglais, disent-ils, refusaient de prêter le serment d’allégeance ; en cas de guerre avec la France, ils auraient prêté main-forte aux Canadiens. Donc leur expulsion était une mesure rigoureuse, rendue nécessaire par les lois de la guerre. Ce n’est là qu’une pitoyable argumentation dont ont fait bonne justice l’abbé Casgrain et Richard. Les Acadiens avaient déjà prêté serment d’allégeance et s'étaient renfermés dans une neutralité absolue, malgré les sollicitations des Français et des Indiens, qui voulaient les entraîner dans la lutte. Ce refus leur avait même valu des mauvais traitements de la part de leurs alliés sauvages. Non, le vrai motif qui fit agir Lawrence fut le désir de prendre possession des terres des neutres. La cupidité la plus sordide a inspiré cet attentat, dont les auteurs ont mérité les flétrissures de limpartiale histoire.
Les Commissaires, siégeant à Paris, étaient plus loin que jamais d’une entente, car l'Angleterre ne cessait d’exagérer ses réclamations. Elle en était rendue à demander, outre l’Acadie, vingt lieues de territoire sur le Canada et la neutralisation des abords du golfe Saint-Laurent, prétention absurde s’il en fût jamais.
L'attaque et la prise, en pleine paix (mai 1755), du Lys
et de l'Acide, au large de Terre-Neuve, Wen, étaient une violati rieuse que l'affaire
héros.
Quelles Campagnes que celles qui virent le triomphe des armées françaises sur l'Ohio, à Os à Carillon ! Chaque printemps, on disait à Boston :
et au retour de l’hive
759), Montréal capitule vécu en Amérique. Son sur les bords du Saint-
qui, depuis Richelieu, poursuivait l'abaissement de pe, changea vers 1