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LA RÉVOLUTION

Les frais de la guerre de Sept Ans provoquent une querelle entre l'Angleterre et

les-ci ne veulent Pas accepter les taxes que le Parlement

leur a imposées. — L'acte du timbre est abrogé. — Autres mesures vexa-

toires, — Congrès tenus à Philadelphie en 1774 et en 1775. — Batailles de

Lexington et de Bunker Hill. — Invasion du Canada. — Déclaration de l'Indépendance des colonies, le 4 juillet 1776.

F7 cri de triomphe que poussèrent, à Boston et à Lon- NZ dres, les vainqueurs de la puissance française en

Amérique, avait à peine fini de retentir qu’un sourd 2 murmure de mécontentement courait d’une colonie à l’autre. La victoire de l'Angleterre avait été achetée au prix d'énormes sacrifices. Mais si la politique de Pitt lui avait donné la souveraineté des mers et un immense empire colonial, elle avait aussi creusé un vide dans le trésor. Où trouver le moyen de le remplir ? Lord Grenville, qui avait remplacé ce grand homme d'État, crut qu'il devait demander aux colonies de prendre une part du fardeau, comme si elles ne s'étaient pas déjà, elles aussi, saignées à blanc pour parer aux frais de la dernière guerre.

Au lendemain du traité de Paris, le Parlement, secondant Lord Grenville, passa la Joi du timbre (1765) qui frappait d’un faible droit tous les billets, effets de commerce et conventions emportant hypothèque, Le Stamp Act comportait dans son application la reconnaissance par les colonies d’un principe auquel elles répugnaient fortement. Le Parlement, disaientelles, outrepasse ses pouvoirs en nous taxant sans notre participation au vote de l'impôt.

Cet argument irrésistible et irréfutable dénotait chez ceux

qui s’en servaient une grande habilité. S'ils étaient sujets de la Grande-Bretagne, ils devaient l'être à tous les points de vue, pour les avantages de cette qualité et pour ses charges. Tous ces colons, qui avaient organisé leur régime politique d’après les Principes de la constitution anglaise, ne reconnaissaient comme légales chez eux, que les taxes votées par leur législature. Le Parlement venait heurter carrément cette doctrine passée à l'état d'axiome en Angleterre et pratiquée en Amérique. Il fallait que les hommes politiques anglais de l'époque fussent bien aveuglés par leurs intérêts pour soutenir la thèse contraire en ce qui concernait les colonies et surtout pour croire que es fils des puritains, qui avaient renversé Charles Ier et Jacques II pour revendiquer le dogme si essentiellement anglais du vote de l'impôt par le peuple, se soumettraient à la tyrannie du Parlement.

Ce conflit d'idées entre la métropole et ses colonies avait été précédé par un conflit d'intérêts. I] y avait longtemps que leurs rapports se ressentaient d’une méfiance réciproque ; on n’envisageait plus de la même manière, à Boston et à Londres, la politique coloniale. Querelles de famille, disait-on, que tout cela ; mais on oubliait queles querelles entre parents convoitant le même avantage sont souvent les plus difficiles à apaiser. Les premiers dissentiments remontaient à l’année 1651, aux anciennes mesures votées par le Parlement Pour restreindre la liberté commerciale de ses possessions d'outre-mer. Après la chute de Charles Ier, la classe mercantile commença à acquérir de l'influence à la Chambre des communes, et elle s’en prévalut pour monopoliser, au détriment des colonies et au profit de la Grande-Bretagne le commerce et la navigation des deux côtés de l'océan.

On se soumit alors à Boston, à Charleston et à New-York, à une règlementation que l’on regard:it comme vexatoire, Parce qu’on était trop faible pour y résister et parce qu’on trouvait moyen de l’éluder. Aussi, est-il vrai de dire que ces différentes lois, qui forçaient les colons à ne faire le commerce que par l'intermédiaire des Anglais, ne les frappaient Pas aussi vivement que la levée d’une taxe votée sans leur concours.

Le Parlement, d’une mesure restrictive à l’autre, en était

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