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CHAPITRE DIX-NEUVIÈME

l'écho des remontrances de la Virginie et d'y joindre ses protestations contre les ministres du roi. Cette attitude menaçante produisit un certain effet à Londres.

Les esprits les plus éminents passèrent condamnation sur la conduite du Bouvernement. Burke, Pitt et Camden se firent les avocats des sujets anglais d'outre-mer ; le premier, dans un discours enflammé, plein d'audace, déclara que s'il avait été en Amérique il aurait fait cause commune avec les protestataires, L'opinion publique se rangea à l'avis de Pitt et de Burke, et la pression exercée sur le ministère fut si grande, qu’ils mirent le Slamp act de côté (1766).

C'était une victoire pour les mécontents, mais au lieu de s'en donner le mérite, ils l'attribuèrent à leurs amis de Londres. Dans un de ces élans d'enthousiasme si fréquents aux jours des grands mouvements populaires, la reconnaissance publique aux colonies décida de commémorer la réconciliation de la mère et de la fille, naguère prêtres à s’entre-égorger, en élevant des statues à Burke et à Pitt. Cette bonne entente fut de courte durée, car Georges III et ses ministres, forcés de céder un instant sous l'orage, n’en persistèrent pas moins dans leur détermination d'humilier l’insolence des marchands de Boston et d'affirmer le droit du Parlement de taxer les sujets du roi où qu'ils fussent.

Profitant de l'absence des Communes de Pitt, devenu lord Chatham ‘ont l'immense influence faisait obstacle à ses projets, le ministère, à la session de 1768, imposa des droits sur le thé et autres articles de Consommation aux colonies. Tout de suite l'agitation reprit de plus belle en Amérique et quelques fauteurs de troubles tirèrent parti de la faute du gouvernement de Georges III Pour souffler la sédition. On n’en était plus au temps où les Puritains proscrivaient l'imprimerie. À cette époque, soixante journaux environ se publiaient en Virginie et dans la Nouvelle-Angleterre, discutant les questions d'intérêt public avec une intelligence et une entente des affaires qui auraient fait honneur aux pays les plus avancés de l'Europe. A la tête des agitateurs se faisaient re- Marrver des hommes de la plus haute valeur et qui étaient bi … supérieurs en force intellectuelle aux ministres anglais.

Pendant que Patrick Henry tenait les Virginiens en état

d’effervescence, John Hancock, Samuel et John Adams dirigeaient le mouvement dans la Nouvelle-Angleterre. A mesure que les événements marchent — et ils se précipitent au pas de course des révolutions — de nouveaux acteurs entrent en scène. A Boston surtout, l'agitation monte et gronde, lorsqu'un incident imprévu vient encore l'intensifier. La populace se porte un jour (mars 1770) contre un poste de sentinelles, insulte les soldats, cherche à leur enlever leurs armes. (Ceux-ci, mis en état de légitime défense, font feu sur leurs agresseurs Gont deux tombent sous les balles. Comme dans les temps d’excitation populaire, l'imagination surchauffée donne des proportions énormes aux moindres évéments, cette collision prit bientôt, dans les récits du peuple, les apparences d’une tuerie que l’on appela le massacre de Boston. Du côté de la Grande-Bretagne, on semblait se faire un stupide plaisir à ne pas tenir compte des protestations des Américains.

En 1770, une loi du Parlement avait décidé que les causes politiques coloniales pourraient être jugées en Angleterre, s’il y avait lieu d'appréhender des dénis de justice à Boston, à Philadelphie et à Richmond, étant donné l'état des esprits. La proposition contraire n'était-elle pas également vraie, si les procès des accusés s’instruisaient à Londres ou à Liverpool. Il y avait cette aggravation en plus dans ce dernier cas, que les Anglo-Américains ne seraient pas, audelà de l'océan, jugés par leurs pairs au sens de la Grande Charte.

Durant cette même année 1770, Lord North supprimait une partie des impôts votés à une session précédente ne conservant que l’impôt sur le thé, pour bien affirmer le droit de la métropole de taxer ses sujets d'outre-mer.

À ce moment se constituèrent dans toutes les villes de la Nouvelle-Angleterre ces célèbres associations connues sous le nom de : Fils de la liberté, dans lesquelles s'enrôlèrent malheureusement des gens sans aveu, ayant tout à gagner à un bouleversement. On résolut aussi, pour atteindre la mère patrie à son point le plus sensible, de ne plus acheter de marchandises anglaises. Pour ces dernières, le patriotisme fit décréter que l’on ne mangerait plus d'agneau afin de trouver

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