CHAPITRE DIX-NEUVIÈME
faux se mélant aux bruits des chaînes des esclaves noirs et rouges, hommes pourtant créés égaux et ayant hérité, au même titre que les Blancs, de certains droits !
Au moment de la déclaration de l'indépendance, un immense chemin avait été parcouru ; les treize colonies sont devenues treize états indépendants, et le Congrès, composé de leurs délégués siégeant à Philadelphie, s'occupe d'organiser la défense commune.
Cette lutte engagée contre l'Angleterre ressemble aujourd’hui à un défi jeté au sens commun, tellement la disparité des forces des deux ennemis est grande. Le Congrès n'en a cure et, plein d’audace, il contracte des emprunts, appelle sous les drapeaux tous les hommes valides, de seize à cinquante ans, négocie en sous main avec les gouvernements de France et d'Espagne, pour obtenir leur intervention armée en faveur de la jeune république. D'une usurpation de pouvoir à une au-
.tre, — car il n’a aucun mandat défini, — il arrive à créer une dictature collective, justifiée par la crise suprême où se trouve la nouvelle nation.
La fortune a souri jusqu'ici aux Américains dans leur iutte contre l’Angleterre, mais voici venir pour eux des jours bien sombres qui vont diminuer l'enthousiasme né à la suite des affaires de Lexington et de Boston.
cains comptaient au nombre des mesures vexatoires ou tyranniques, le Quariering Act qui les forçait de loger gratuitement les soldats anglais envoyés à Boston et
ailleurs pour les tenir en respect, et la loi qui fermait le port de Boston à la navigation,