GUERRE DE L'INDÉPENDANCE
Situation critique des Américains au début des hostilités. — Après avoir réorganisé l'armée, Washington quitte Boston pour se rendre à New-York, — Howe le défait à la bataille de Long-Island et à celle de Brandywine, — Expédition malheureuse de Bourgoyne. — Intervention de la France, — La Fayette songe à faire la conquête du Canada. — Lord Clinton, à l’arrivée des Français, évacue Philadelphie, — Trahison d'Arnold, — En 1781, Washington, la Fayctte et Rochambeau suivent Cornwallis dans la Virginie ct la Caroline du Nord. — Capitulation de Yorktown. — Fin de la gucrre.
PRÈS avoir accepté le commandement en chef des troupes, Washington se trouve aux prises avec des dif- | ficultés qu'il avait bien entrevues, mais qui dépassent la conception qu'il s’en était faite. Il faut qu’elles soient immenses pour qu'il écrive à un ami: «Si j'avais pu pressentir un tel état de choses, nulle considération au monde ne m'aurait déterminé à accepter le poste de généralissime ». Partout le désordre, la confusion, et nulle part les ressources indispensables. Les milices venues du nord et du sud étaient bien loin de former un tout homogène, facile à manier. Les officiers de Virginie, tous gentlemen, regardaient avec dédain ceux de la Nouvelle-Angleterre : il s’en suivait des querelles difficiles à apaiser. Puis l’élan des premiers jours avait fait place au sentiment égoïste de l’humanité. Le soldat réclamait sa solde et Washington écrivait au Congrès en pressant l'envoi de subsides ; « Il faut autre chose que l'amour du Pays pour déterminer les gens à le servir », D'un autre côté, lorsqu'il était nécessaire de donner un ordre péremptoire aux législatures provinciales, il fallait user de ménagements dans des heures d'urgence. Les colonies