LA CONSTITUTION DE
La libeité de conscience avait été stipulée dans la nouvelle charte au profit des anglicans, des quakers et des presbytériens ; ce fat un coup sérieux porté à la CDUgrégation, mais la théocratie puritaine réussit a maintenir son influence pendant encore de longues années. La tolérance ne s'étendait pas aux catholiques qui n'osèrent jamais s'y risquer avant la révolution. En 1701, la cour générale rendit un arrêt de proscription contre les jésuites et les prêtres. "Aux termes de ces lois, dit Hildreth, tout jésuite, tout prêtre trouvé sur le territoire du Massachusetts et de New-York était regardé comme un incendiaire et un perturbateur de la paix ])ublique, un danger pour la société et un ennemi de la vraie religion chrétienne. Il devait subir un emprisonnement ])er]:)étuel, et la mort s'il tentait de s'échappei'. Quiconque lui donnait asile était passible d'une amende de $200, et s'exposait à être mis au ])ilori."
(''était une société qui ne laissait guère de ptace, nous ne dirons pas aux sentiments élevés, mais même aux sentiments d'humanité les plus ordinaires que celle de Massachusetts et de ses voisins. La loi que nous venons de citer fait connaître son f^xnatisme religieux qui, rap])roché de sa croyance à une prétendue sorcellerie, lui donne un caractère d'étroitesse d'esprit révoltant lorsque l'on songe qu'il conduisit les puritains au meurtre juridique. Quelle fut la conduite de ces sectaires à l'égard des Indiens ? Non contents de les avoir dépouillés de leur propriété, ils les vendent comme esclaves. La piraterie ne leur répugnait pas lorsqu'ils pouvaient tirer profit des ra])ines des individus engagés dans cette triste carrière.
Eux qui se plaignaient des excursions des Erançais et
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<Ies ludions, no mottiiiont-ils pas h ])i'ix la tOto do eos doi'uiors ^ En 1722. lo Massaeliusc^tts offrait £1.") poui* chaquo ehovoluro, ot il on vint à payer £100 [)()ur unc^ {](' oos tristos do])()nillos. Qnollo ])rinio à la forocitc qni n'avait pourtant guoro besoin d'ôtn^ stinndoc^ î II n'(\st question (|uo do sauvages dans cet appel bai'bai-c^ mais il ne fanch'ait pas connaître nos Bostonnais })()nr n(* pas voir ({u'ils visaient tons leurs ennemis, et que le scalpe d'un ])lanc valait autant, à leurs yeux, que celui d'un peau rouge, comme le prouve le meurtre du Père Raslo, victime des chasseurs de chevelures. ]^e bon missionnaire, fixé au milieu des Abénaquis du Maine, travaillait à leur évangilisation. Pour excuser ce meurtre, on prétendit qu'il poussait les Indiens au massacre des Anglais. Jamais accusation plus fausse no vit le jour. Ce saint missionnaire employait sa vie à instruire ses néophytes et à leur donner des leçons d'humanité. ^^^
L'esclavage des nègres et des Indiens existait au Massachusetts, mais dans des proportions restreintes ; car le travail des blancs était, pour les besoins du pays, préférable à celui des noirs. Il y avait aussi, comme en Virginie, des serviteurs engagés dont la condition n'était guère meilleure que celle des esclaves, car il était permis de les vendre pendant la durée de leur servitude, limitée à quatre années et souvent prolongée au delà de ce terme. Il entrait dans la popidation un autre élément fort peu désirable : des forçats, tirés des prisons d'Angleterre et que le gouvernement expédiait sur tous les })oints de ses colonies. Cette immigration
(1) On conserve dans la bibliothèque de l'université de Harvard un dictionnaire abénaquis-français écrit tout entier de la main du Père Rasle.
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provoqua, à luaiiites reprises, les [)rotestatioiis indignées de ces dernières. Un plaisant proposa, un jour, d'envoyer à la métropole, à titre de représailles, tous les serpents à sonnettes qu'il serait possible de trouver en Amérique.