PROVIDENCE DE RHODE-ISLAND
mère-patrie. Le parlement qui était alors en lutte avec Charles 1er, ]ie se réserva pas même le droit de veto sur la législation coloniale. Bien que l'union de ce groupe d'établissements nouveaux d'où est sorti le Rhode- Island eût été proclamée, chaque town n'en continuait pas moins à agir isolément, et ce ne fut qu'après mille difficultés qu'on })arvint à fonder une cour générale, à l'instar des colonies voisines.
Cette assemblée déclara que son gouvernement était une démocratie ou '* gouvernement populaire ", ce qui ne l'empêcha pas de poser, dans son code de lois, le principe essentiellement aristocratique de la primogéniture, dans le droit successoral de la colonie. Cet avantage en faveur du premier-né, subsista au Rhode-Island jusqu'en 1770.
Roger Williams eut à lutter contre les principes qu'il avait cherché à faire prévaloir dans le Massachusetts. Ses théories, soumises à l'épreuve de rapi)lication, démontrèrent combien il est dan£:^ereux de mettre des instruments trop compliqués entre les mains de certaines gens dont l'instruction restreinte devrait leur en interdire l'usage. Dans ces sortes de choses, les disciples dépassent souvent les maîtres. Poussées à leurs dernières limites, les idées de Williams autorisèrent ses adhérents à conclure à l'inutilité de toute autorité en matière de gouvernement comme en matière de religion, môme à la nécessité de laisser impunis les transgresseurs de la loi. C'était l'anarchie que la doctrine du libre examen installait à la place de l'ordre. L'outrance de ces principes finit par effrayer une partie du peuple qui, par un effet naturel de toute réaction, rétrograda de h\ liberté exagérée, à l'absolutisme.
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Une (les premières lois du Kliode-Islaud avait proclaïué la liberté de conscience, loi contirmce plus tard par la charte du roi d'Angleterre, laciuelle portait ''que personne dans cette colonie ne serait molesté, en aucune manière puni ou in(iuiété pour dissidence en matière^ religieuse." Il n'est pas certain que ce droit ait été étendu aux catholiques. Hildreth dit à ce sujet que : " Les lois du Khode-lsland, imprimées pour la prennent t'ois nombre d'années après la charte, excluent formellement les catlioliques et toutes personnes ne professant point le christianisme, de tout droit à la qualité de freeman. Il y eut plusieurs éditions de ces lois et il est maintenant impossible de dire à quelle époque ces restrictions furent introduites, quoique vraisemblablement elle ne virent le jour qu'après la révolution de 1688." ^^* Cette citation de l'historien américain tendrait à faire croire que la liberté de conscience n'a été que partielle dans cette colonie. Bancroft est d'un avis contraire à celui d'Hildreth et prétend que s'il y a eu une exception faite au détriment des catholiques, elle n'a duré que fort peu de temps.
Fondé sous reni})ire de principes révolutionnaires, n'ayani pour guide que les théories séduisantes mais fausses de Roger Williams, le Rhode-Island ne s'est guère distingué par la largeur de ses idées et la grandeur de ses entreprises. C'est ainsi qu'au point de vue de l'instruction du peuple, il s'est montré très réfractaire à l'établissement d'écoles publiques. De tous les Etats insurgés contre l'Angleterre, il est le seul qui ait refusé de prendre part au congrès de 1787, d'où est sortie la constitution des Etats-Unis. Durant la première époque
(1) Hildreth, p. 146, vol. I,