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PROVIDENCE ET RHODE-ISLAND

de la période coloniale, il fut mis au ban de l'opinion ])ar les provinces voisines qui refusèrent de l'admettre dans la confédération de la Nouvelle-Angleterre, formée en 1644. Pendant de longues années, des historiens ont essayé de transformer son fondateur en héros, mais il est difficile de voir en lui autre chose qu'un dangereux agitateur, effi'ayé un jour, lui-même, par la hardiesse de ses principes et réduit à les combattre dans leurs conséquences. Comment voir un grand homme dans le réformateur qui laissait le Rhode-Island pratiquer la piraterie et qui après avoir été sauvé par les Indiens, lors de sa fuite du Massachusetts, autorisait la vente comme esclaves des Peaux-rouges pris à la guerre, surtout lorsque l'on considère que cette cruauté, commise froidement, s'étendait aux enfants en bas âge, connue l'atteste la proclamation qui suit portant la signature de 11. Williams.

" Aux habitants qui désirent se procurer des Indiens au prix oii ils se vendent au Rhode-Island et ailleurs :

" Les sujets au-dessous de cinq ans serviront jusqu'à ITme de trente ; ceux au-dessus de cet âge et au-dessous de dix, serviront jusqu'à l'âge de vingt-huit ans et ainsi successivement." ^^*

Roger Williams épris de son œuvre, faisait parade de ses sentiments humanitaires et se vantait de présider à la seule colonie vraiment démocraticpie de l'Amérique. Que devient son amour de l'humanité en face de cette proclamation ? Le fait est que ses grands 2)rojbts et principes firent une odieuse^ faillite. Son établissement était le plus mal noté de toutes les plantations anglaises et Cotton Mather écrivait en 1701, (pie ses halûtants

(1) Knowles, Hfc of Williams, 848.

IM{()VII)EN('I<: KT KIIODK-ISLANI) 89

étaitMit " 11110 génération de* Uherthies, do faniillistes, d'antinomiens ot de (luakors dont les descendants, par suite de ral)sence d'écoles et de ministres, étaient devenus si l^arbares (ju'ils nian< [liaient de bon sens et étaient même inca})al)les de parler en bon anglais."

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