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LES CAROLINES

seiice (le ces derniers imprima à la population de la Caroline du Sud un cachet aristocratique qui persista longtemps, lui donnant, sous ce rapport, une ressemblance avec la Virginie peuplée, elle aussi en partie, par des colons appartenant aux classes élevées de la Grandel^retagne.

Après l'échec du Gycnul Modèle, la ('aroline du Sud, ([ui avait repoussé la féodalité (ju'on voulait lui imposer, organisa sa société, autant (jue possible, sur les bases d'un régime de privilèges. Les colons se taillèrent de larges (h)maines, ou leur existence s'écoulait dans une espèce de souveraineté s'étendant sur des esclaves de race noire ou rouge.

La population de la Caroline du Nord s'est recrutée, à l'origine, dans l'immigration très forte ([ui ([uitta l'L'lande durant la seconde moitié (hi dix-huitième siècle. Les nouveaux venus étaient attirés de ce côté, par l'ambition bien légitime de trouver des terres en Amérique. De forts contingents d'Ecossais et d'Allemands vinrent aussi s'établir dans cette contrée. Vers la même épcxpie, le gouvei'nement de cette colonie fit preuve d'une grande faiblesse, à tel point (jue les propriétaires durent se liguer enti'e eux, pour se protéger contre les bandes de voleurs et de malfaiteurs (|ui l'infestaient. Les réguhiteum — c'est le nom ([ue portait ce comité de sûreté — firent prompte justice de cette engeance ([ui avait exercé un régime de terreur.

La ('aroline du Nord fut la première A^^^ colonies à proclamer son in(léy)en(lance lors de la révolution, et c'est au fort Suniter, dans la Caroline du Sud, qu'à été tiré (1801) le premier coup de canon de la guerre civile.

Une idée philantropi(iu(^ a jn'ésidé à rétal)lissement

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«le la ( léoi'i^ic. Lord flolni ()^'l(4Ji()i|)(', olïicicr de l'armée aiii;laise ci iiienil)ro du j)ai"l(Mn(M)t, voulut, (Ml l(\s rtahlissant (mi Ainéri([uo, tirci* do la misèi'o ot do la j)iM's()n, uuo léj^ion de dc'l)itcMn's iusolvahles (juc la spéculation axait ruinés. A oes é|)aA'(\s du commerce, dc^A^aient s(^ joiudix^ tous l(\s malluMU'cnix, incapables poui* une l'aison ou [)()ur une autre, de vivre de leur ti'avail en Angleterre. Les autorités c^t la cliai'ité pi'ivét^ fin^it ])on accueil à cette pro[)osition. Il fut eu consé(juence décidé d'expédier ces indi\'idus en (léorgie. Le roi confia l'administration de la nouvelle enti'cprise à vingt commissaires, (pii p()sséd(M*aient la colonie en fidéiconunis. ( V\s fonctionnaires, ])our bien marcjuer le ])ut désintéressé de leur œuvre, domiérent à leui* fj'/fst et à la (léorgie ces mots pour devise : Nou siôi, ^ed (f/ils, entourant un mûrier chargé de vers à soie. L'exécution de ce |)lan ne produisit que de piètres résultats, connue la plupart des innovations en matière de gouvernement. Les commissaires, trop entiers dans leurs idées, défendaient l'esclavage, et interdisaient l'impoi-tation du rluun (|ue les colons l'egardaient connue indispensable pour combattre l'inHuence énervante du climat. Ils eurent bientôt fait de soulever tout le monde ('outre leur a])solutisnie. Le règne de la connnission prit fin en 1752 et la (Téorgie, devenue province royale, fut organisée à l'instar des colonies voisines.

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Uouverneinents des colonies.-- Il en existait trois catégories. — Quelle était la plus favorable au développement de la liberté ?- Tentative de confédération des Etats de la Nouvelle- Angleterre (1644).

L'historien pourrait s'étonner de la merveilleuse facilité avec laquelle les Américains ont passé de l'état colonial à l'indépendance, s'il perdait de vue leur vie politique antérieure. La transition a été facile, parce (]ue leui' autonomie provinciale était déjà prescpie complète. Il ne s'est agi pour eux, à la l'évolution, que de substituer le gouvernement central à l'autorité du parlement de Westminster.

Les gouvernements des colonies étaient de trois catégories différentes, en ce qui concernait l'origine du pouvoir et le dépôt de l'autorité suprême. Il y avait, en premier lieu, le gouvernement de province royale, puis celui de compagnies et enfin le gouvernement de propriétaii'e.

Sous le premier de ces régimes, la colonie relève directement du pouvoir royal, cjui nomme le gouverneur, confère au peuple certains pouvoirs énumérés dans une charte, ([uaiit à ce^ qui regai'de la confection des lois et l'assiette de l'impôt, le tout sujet au contrôle

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(lu bureau colonial ou comme on disait alors, du bureau (les plantations.

C'est le gouvernement le moins favorable à l'expantion des libertés populaires et celui (|ui ouvre le plus la porte à rarl)itraire. Le gouverneur armé de pouvoii's mal définis, en abuse pour aider ses amis, et souvent pour se livrer lui-même à des exactions, aux dépens des cohms. A ce point de vue, sir ri. Berkeley a laissé en Virginie le souvenir dun des})ote et d'un fonctionnaire rapace, implacal)le. Le gouvei'neur Andros, durant scm administration, fit peser sui* la Xouvelle-^Vngleterre une véritable tyrannie, a})pli(piant dans ces contrées le régime du gouvernement pei'somicl. Les colonies ne redoutaient rien tant ([iie de d(^v(Miir pi'ovinces royales, comme cela est arrivé au NewA Ork, au New- Jersey, au New-Hani})sliire, aux Carolines, à la (léorgie et à la Virginie, après la déchéance de leur charte. Il ne faut pas croire ([ue ce régime (jui tendait à l'absolutisme, trouvait des victimes résigné(\s. Au contraire, la résistance à l'arbiti'aire s'organisait partout et les colons finissaient, a])rès bien des efforts, par con(]uérir, l'un après l'autre, une forte partie dr leurs droits civils et politicpies.

Plusieurs grands seigneui's s'étaient taillé de vastes domaines en Aniéri([ue, sous l'autorité du roi. ("est ainsi (\\u' Charles L'" avait doimé le Maryland "* à lord I^altimoi'c (^t la PcMUisylvanie à W. Peim. (V\s concessionnaires portaient le titrc^ de lords pi'opriétaires. Le pouvoir dépendait de ces derniers, (|ui constituaient le gouvernement, concédaient k^s tei'i'cs, nonnnaient les

(1) Mai'v's land, ainsi noimiKi en riionneur de la reine Marie.

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gouverneurs et le eonseil, c^t levaient les impôts avrx: le eoneoui's de l'assemblée générale élue pai' 1(* peu{)l(^ (\)umie ou le voit, l(\s gouveruemeuts (U^ eette catégorie avaient un certain caractère féodal. Outre le Maryland et la Pennsylvanie, les (Virolines, les f Jerseys et le Nevv- Yoi'k, furent des colonies d(^ propriétaires à leur origine ; ces ([uatre dernièr(\s devinrent pour differcMites l'aisons provinces royales.

Dans les colonies de propriétaircvs, k^ roi et le loi'd propriétaire avaient le droit de /'('to sur la législation, (|ue le gouverneur lui-même exerçait en vertu de ([uelques chartes. Les terres n'étaient pas, connue dans les gouvernements de compagnie, la ])r()|)riété des colons. Ils les occupaient moyennant des prestations aniuielles appelées q^/it rents.

Enfin il y avait les gouvernements de compagnies, les plus recherchés de tous.

Placés plus loin (jue les deux autres de la ccmronne, ils jouissaient d'une (juasi indépendance, qui tendait tout naturellement à s'affermir avec le temps et (jui finit par les rendre très jaloux de toute autorité supérieure.

Leurs lois devaient être conformes à celles de l'Angleterre, mais n'étaient pas nécessairement soumises à la sanction royale. La grande généi'osité de la mère-patrie à l'égard des gouvernements de compagnies n'empêcha pas les colonies qui en étaient dotées, d'être les premières à se soulever contre son autorité. Ainsi c'est au Massachusetts, régi longtemps par une société, (|ue prit naissance le mouvement populaire, (|ui se })r()})ageant au loin, aboutit à la guerre de la révolution.

Dans les gouvernements de cette dernière catégorie, les compagnies tenaient du i-oi des lettres patentes qui

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