LES GOUVERNEMENTS
leur donnaient , avec la propriété d'une certaine région, le pouvoir de constituer une administration. Ces chartes étaient plus ou moins libérales, mais l'autonomie des gouvernés devait fatalement en découler, entre les mains de gens imbus des idées anglaises de l'époque, et avec l'inclination naturelle au self-gorermneyit des Anglo- Saxons. C'est dans les gouvernements de compagnies, presque tous placés dans la Nouvelle- Angleterre, que la liberté politique s'est développée le plus rapidement. En voyant à l'œuvre tous ces groupes anglais établis sur différents points de l'Amérique, on ne peut s'empêcher d'admirer leur esprit d'organisation et l'ensemble des idées d'ordre qu'ils possédaient. Ils sont pénétrés du sens pratique de la vie politique à un degré que l'on ne voit nulle part, à cette époque, sinon dans la Grande- Bretagne. On peut même soutenir (ju'ils sont plus avancés que leurs congénères d'outre-mer, car ceux-ci se contentent de marchei' dans les sentiers battus, redoutant les innovations et s'en tenant toujours, dans leur guerre contre les privilèges de la couronne, aux droits importants garantis par les anciennes chartes de l'Angleterre. Tout autre est l'esprit des exilés anglais ; ils ne répugnent point aux réformes politiques, eux qui ont tant sacrifié à la réforme religieuse. Conservant les grandes lignes des institutions anglaises, ils s'efforcent de les adapter aux circonstances nouvelles oii elles fonctionnent. Privée du contrepoids que lui donnent, dans la Grande- Bretagne, le roi et la chambre des lords, la constitution trouvera en Amérique un contrôle dans l'influence énorme de l'Eglise (|ui fait échec à tout mouvement pojmlaire trop avancé.
C'est cet esprit prati(|ue et prévoyant (pii pousse le
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groupe dos plantations do la N()nvoll(^-.Vnglotorro à so tbnnoi* en confëdoi'ation, nialgro lo sontiniont autononiisto si fort dans oliacuno d'ollos ; mais le danger commun leur suggère de concentrer leurs forces pour la défense générale. Ce pacte fédératif remonte à I G44 et c'est on germe ce (pii servira do hase à l'union américaine. Do môme ([uo les cohms s'étaient domié dos institutions conformes aux nécessités de l'administration de leurs affaires locales, do même ils rédigércmt, de toutes pièces, une constitution appropriée aux exigences des colonies confédérées. D'après la convention de 1644, acceptée par le Massaclmssetts, NeAv-Plymoutli, le Connecticut et le New-Haven, le pouvoir fédéral était confié à un conseil composé de délégués élus à raison de deux par chaque province. 11 avait mission de prendre les mesures nécessaires à la sûreté de l'Etat, à la mise sur pied de guerre de la milice, à la répartition des contributions qu'entraînerait la défense conunune. Aucune colonie no pouvait être admise sans le consentement unanime des premiers signataires de Facto d'union.
(Jette confédération n'eut pas tout le succès qu'on en attendait ; elle répondait à des l)esoins trop restreints, trop passagers pour contrebalancer les défiances et les jalousies que suscitait lo Massachusetts dont l'influence pesait d'un trop grand poids dans les délibérations. Ce n'en fut pas moins une conception hardie pour l'époque.
N'était- il pas facile de prévoir que des hommes (|ui avaient un sentiment si vif de leurs intérêts, une perception si claire de leur avenir, un esprit d'indépendance si caractérisé, porteraient un jour leur ambition bien haut, et seraient aussi jaloux do leurs droits politi-