‹ Les États-Unis pendant la guerreChapitre 3 sur 21 · INTRODUCTION, XI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION, XI

L'Américain n'est point systématique : il subordonne toujours les moyens au but; il sait tirer profit des circonstances, des bommes, des hasards mêmes. Ce qu'il ne peut emporter de vive force, il l'obtient par la patience, mais il n'use point sa patience où l'audace peut réussir. Il n'y a point pour lui de fictions : il a des sentiments profonds, et point de sentimentalité. On ne lui en impose jamais : dans l'homme d'État, dans le prêtre, dans l'écrivain, dans l'orateur, il cherche toujours l'homme.

Aussi dépasse-t-il, je crois, toutes les nations et toutes les races dans la connaissance du cœur humain. C'est là sa grande, sa seule, son insatiable curiosité ; l'art, les idées abstraites, la nature, la philosophie, ne passent qu'après et bien loin. Sa mémoire semble capable d'embrasser tous les noms, toutes les généalogies, toutes les anecdotes, toutes les dates : s'il étudie une doctrine, le sectateur l'intéresse autant que la secte. Il aime le poëte au même degré que le poëme. Longfellow, Bryant, Lowell, sont, pour tout Américain, des amis personnels, ils peuvent s'asseoir à chaque foyer, tout leur appartient, : ce sont les vrais rois de cette démocratie, qu'on dit si vulgaire, si rapace, et qu'on peint

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