‹ Les États-Unis, puissance mondialeChapitre 10 sur 63 · I.' IPolenz, Dos Land der'Zukunft, p. 38i · texte numérisé non relu

I.' IPolenz, Dos Land der'Zukunft, p. 38i

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les nouveaux venus. Elle a proclamé le droit de s'expatrier comme faisant farûe du privilège inaliénable de tout homme libre ; et, confiante en elle-mêmoi en son pays Qt en ses institutions, elle s'est sentie assurée que Fétr^ger serait trop heureux de s'assimiler aussi yite que , possible. L^expérience a montré cpie, dans Tensemble, elle ne s'est pas trompée. Pendant plusieurs générations,. les États-Unis ont pu rester le pays de la liberté, ouvrant ses, portes toutes ^andes aux pauvres Qt aux opprimés, qui sont aisément entrés dans la famille, çt en retour, ont. fait bon usage de l'hospitalité qu'on lei;r accordajit. Mais une réaction a commencé, Alannésparle^flot montant des étrangers, parmi lesquels la proportion des peuples de langue anglaise se fait de plus eji pli^s petite, ; les Ainéricains se laissent gagner par le nationalisme qui tient avant tout à la conformité de langage entre tous les habitants d'un État. Us n'ont pas exercé, comme les Allemands et les Russes, une pression rigoureuse sur les minorités; mais on a vu croître une tendance à enseigner le « patriotisme », — le culte du drapeau, par exemple, — et iexigçr^une^prompte acquisition dei la. langue anglaise. Dans meïqi^es États dé l'Ouest, pu /l'Allemand était jadis la Ifngijie de l'ei^eignemept pour certaines écoles piabUgpçs, çn, Va remplacé par l'anglais.. En d'autres États, la çoi;ipais^nce de l'anglais est une condition du droit de vote ; .et parla loi fédérale de 1906 il faut désopiiais^ savoir parler l'anglais pour être naturalisé. CettQ.fJer^ière mesure signifie (ju^un plus grand' contingent4eji)0uy^U^ venus gardera son afi^eance étrangère,

chose peu désirable en soi, et qui de plus pourrait compliquer les relations des États-Unis avec les autres gouvernements.

On a rendu Timmigration plus difficile qu'autrefois. Les Mormons, les travailleurs engagés par contrat, les indigents, les anarchistes, les incurables, sont exclus d'une façon de plus en plus rigoureuse ; en face de Finvasion qui vient de l'Europe méridionale et orientale, on réclame que des barrières soient établies. Les capitalistes, étant patrons, désirent une main-d'œuvre aussi bon marché que possible, et sont nettement contre les mesures de restriction ; ils ont pour eux le vieux sentiment idéaliste qui veut laisser le pays de la liberté ouvert à tous, comme autrefois. D'autre part, les syndicats ouvriers, malgré la sympathie des étrangers qu'ils renferment pour les gens de leur nationalité, s'opposent à la concurrence dont une immigration illimitée les menace ; ils sont soutenus par des penseurs désintéressés qui, soucieux seulement du bien-être général du pays, sont très alarmés de voir quelle énorme quantité d'éléments nouveaux la société américaine devra s'assimiler : ils croient que, par droit de légitime défense, quelques mesures sont nécessaires pour arrêter Tlmmigration. Cependant la loi de 1907 sur l'immigration n'a pas marqué un grand progrès de ce côté, car les articles exigeant un certain niveau d'éducation et une propriété personnelle plus considérable furent effacés du projet. Il est probable qu'on verra bientôt de nouvelles lois paraître sur cette question, surtout si les temps se font difficiles. Tant que les États-Unis sont prospères et que

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Tarrivée de travailleurs étrangers n'empêche pas les salaires de rester élevés, l'immigration peut continuer sans crainte de nouvelles mesures restrictives ; mais dès que les affaires languiront et que la main-d'œuvre sera surabondante, on entendra réclamer ces mesures à grands cris.

Les différences entre les Américains ne seront guère plus grandes que celles qui séparent aujourd'hui le Prussien du Bavarois, le Normand du Provençal, le Piémontais du Napolitain ; ces races [ont derrière elles des siècles de vie locale et de développement indépendant, et pourtant leurs différences' ne menacent pas sérieusement l'unité de l'Allemagne, de la France ou de ritalie. De même, les États-Unis promettent d'être un groupement uni de langue anglaise, d'origine mixte, mais fondu par la communauté du langage, et des aspirations en un peuple de race blanche compact et essentiellement homogène.

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