L^EVOLUTION ÉCONOMIQUE
nouveau d'activité des Chinois eux-mêmes n'étaient pas encore venus tronbler ces belles virions. Pourtant dles étaient déjà bien menacées. Depuis sa guerre avec le Jagpon, la Chine paraissait en danger de tomber en pièces et d'être démembrée pair les puwsanees étrangères, qui y introduiraient sans doute des tarifs pféfiirentieb pour leurs industries, et alors adieu fes cives du conumerce aneiéricain I Le péril semblait extiéme. Qu'allaient 6ire les Étaits-Unis ? A eox seuls ik ne pouvaient maintenir l'intégrité de l'empire chinois oonlie le reste du monde. Ils ponnaient participer à la grande curée et rédamer pour eux une sphère d'influence ; mais ils étflient entrés trop tard dans la lice pour une hék part et d'sâllears l'opinion puUique américaine atoait été unanime k condamner cette politique. La seuk alternative laissée aux Américains était de rejnrendre i leur compte la nouvelle formule de la « porte ouverte », inventée par l'Angleterre. A première vue, il était assez comique de voir la nation 4!pii venait de voter la loi Dingley s'enthousiasmer en faveur d'une politique d'égaUté pour tous. Cette attitude pouvait être naturelle pour TAngleterve) puissance qui, depuis un demôrsiècle, représentait dans le monde le libre^^hange et qui pouvait prétendre avoir toujomv défendu la politique de la « porte ouverte ». Il était difficile de dire que les Américains l'eussent jamais fait, excepté lorsqu'ils avaient enfoncé la porte au Japon ! Mais en de telles matièpés les nations ne se piquent pas de logique. Quand les Anglais, comprenant toute la valeur de l'appui des États-Unis en Extrême-Orient, proclamèrent
qae les deux peuples avaient toujours été les champions de la c porte ouverte », les A^raéricains les approii*vèrazit avec entraia. S^ils ne voulaient pM voir beaucoup de débouchés possibles se fermer indéfiniment à leur commerce, il était pour eux d'une sagesse élémentaire de se iaire une position solide : c'est pounpioi ils se rongèrent aux càtés de la Grande-Bretagne pour réclamer la a porte ouverte » et des chances égales pour tous, quels que fussent les remaniemeals territoriaux qui pourraient se produire.
Le premier cas auquel cette politique put s'appliquer se présenta d'une manière que les Américains n'avaient pas attendue. Quand ils avaient pris à leur compte la formule, peu avant la guerre de Cuba, ils ne s'étaient pas figurés qu'elle pourrait s'appliquer à eux. Que faire, maintenant qu'ils se trouvaient eux-mêmes en cause ? Pour Porto-Rieo et Hawaï, ils ne songèrent pas à y observer la maxime ; mais ces territoires étaient petits. Aux Philippines la situation était plus compliquée. Gonomentles États-^Unis pouvaient-ils proclamer le principe de la porte ouverte en Extrême-Orient et soutenir que la liussie ne devait pas établir de droits spéciaux sur les marchandises anoéricaines entrant en Mandchou^ rie, ni l'Mlemagfie au Chen-toung, st en même temps ils taxaient les importations de l'Europe dans les régions qu'ils valaient d'acquérir? C'était évidemment bien dif-ficile ; le traité de paix avec l'Espagne qui décida que pendant dix ans les marchandises de ce pays seraient admises dans les mêmes termes que celles des États-Unis, a assuré une porte ouverte pour ce laps de temps. Mais
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aujourd'hui les meilleurs amis des Philippins réclament le libre-échange entre ces îles et la république américaine, ' — libre-échange qui ne peut signifier que l'extension des tarifs américains aux Philippines. Cette mesure, qui semble indispensable à la prospérité de Farchipel, afiiedblirait singulièrement l'autorité morale de l'attitude américaine. A vrai dire, le danger du côté de la Russie et de l'Angleterre est moins grand aujourd'hui qu'autrefois, mais on ne sait pas ce que l'avenir peut réserver. C'est très bien de dire qu'il y a une grande différence entre les Philippines et la Chine et que l'on a hérité des Espagnols le droit d'établir les tarifs que l'on veut. Les autres nations n'entrent pas souvent dans ces distinctions. Les Philippines ont été conquises par l'épée; la Mandchourie aussi.
Les sacrifices que les Philippines ont coûté ne sont pas un dixième de ceux. qu'a faits le Japon pour gagner la Corée et la Mandchourie méridionale.
Aujourd'hui la théorie delà <!c porte ouverte » n'est plus limitée à l'Asie puisqu'elle a été acceptée à Algésiras en ce qui concerne le Maroc. Dans les limites géographiques où elle s'applique, elle est l'un des principes essentiels de la politique américaine. Son maintien comporte des ennuis et des responsabilités : mais, avec l'expansion du commerce national et Fardente rivalité qu'elle entraine, ces responsabilités et ces ennuis sont inévitables : ils entrent pour une part dans le prix que doit coûter au pays sa nouvelle dignité.