LES ÉTATS-UNIS ET LA FRANGE
Quand on étudie les rapports des États-Unis et des puissances de TEurope continentale, il est tout naturel de commencer par la France, la première amie de la jeune République. En deux occasions, au cours de rhistoire de TAmérique, la conduite du gouvernement français a été décisive pour Tavenir de PUnion, si bien qu^on peut se demander ce qîi^aurait été sa destinée si la France avait agi autrement. Sans Taide de la France, les treize colonies révoltées ne seraient peut-être pas parvenues à conquérir leur indépendance à la date où elles le firent, et, si elles y étaient parvenues, elles n'auraient peut-être pas obtenu les limites qui en fait leur furent garanties. Sans l'achat de la Louisiane, — et Ton doit se rappeler qu'ici la France prit l'initiative de la transaction, — le mouvement d'expansion vers l'Ouest, bien qu'inévitable de toute façon^ eût abouti à d'autres résultats. Si la France avait gardé la Louisiane assez longtemps pour y implanter une population française considérable, il pourrait y avoir aujourd'hui parmi les blancs du Sud-Ouest une lutte entre deux nationalités rivales pour la suprématie. Ou bien, si l'Angleterre
GOOLIDGB. li
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Tavait conquise et Tavait ajoutée à ses possessions du Canada, quel aurait été Favenir des États-Unis ?
Les Français et Américains parlent quelquefois en termes assez différents du secours prêté par le gouvernement de Louis X¥I aux colonies anglaises insurgées. Les premiers font ressortir Fimmense service rendu par la France à la cause américaine et sont eaclins à Fattribuer à une impulsion généreuse du roi et de la nation. Les historiens américains, eux, insistent davantage sur le désir qu^avaient ks Français de venger leurs récentes humiliations, et voient les motifs de leur intervention non pas dans leur amour dehi liberté américaine, mais dans teuF haine de FAngleterre. Les masses populaires aux États-Unis, mues par un instinct plus généreux, ont reconnu que Fassistance donnée à leur pays dans une nécessité pressante, quels qu^aient pu être les légitimes calculs des hommes d'État à Versaifles, n'a pas été entièrement égoïste. La sympathie des Français pour les Américains a été des plus sincères, et tes Américains y ont répondu par leur fidélité au souvenir de La Fayette, oe héros de Findépendknce américaine dont la gloire ne te cède, dans Pâme populaire, qu'a celle de Washington. On- trouve aujounFhni aux Étals- Unis une montagne, cinq comtés, vingt-neuf townships (districts), un grand nombre de rues et de places, et une université qui porteM le nom de La Fayette. Les États-Unis ont été et sont encore reconnaissants i b France. La France dte son côté a eu en^ général pour TÂmérique cette affection qu'on éprouve pour tes gens à qui on a rendu service.