‹ Les États-Unis, puissance mondialeChapitre 33 sur 63 · LES ÉTATS-UNIS ET I4JL RUSSIE ^HS · texte numérisé non relu

LES ÉTATS-UNIS ET I4JL RUSSIE ^HS

importantes de Thistoire, étaient naturellement bien dbposés les uns envers les autres. L^empire des tsars avait en outre des raisons politiques pour se rapprocher de rUnion américaine. Dans cette même année i863, une révolte delà Pologne amena Fintervention diplomatique de l'Angleterre et de la France, et une guerre européenne fiit bien près d'en résulter. L'idée d'une alliance russo-américaine contre des ennemis communs était donc assez rationnelle.

Les États-Unis du Nord éprouvèrent une vive gratitude de cette bienveillance de la Russie; après la guerre, le Congrès prit occasion d'un attentat auquel Alexandre II venait d'échapper pour dépêcher à l'empereur un envoyé extraordinaire chargé de lui porter des félicitations. Cette ambassade fut reçue d'une façon très solennelle, et, en retour, le jeune grand-duc Alexis fit une visite en Amérique, où on le reçut avec enthousiasme.

Ces aménités réciproques furent suivies, en 1867, par l'achat des territoires russes de l'Amérique du Nord. Cette transaction, opérée sans querelles préalables et sans négociations prolongées, apparut bientôt comme une bonne affaire pour les États-Unis. L'arrangement contribua à resserrer les liens d'amitié entre les Américains et l'empire slave, qui s'était ainsi défait de ses possessions à des conditions raisonnables et s'était retiré sans bruit du nouveau monde.

Pendant une trentaine d'années, cette amitié de la Russie et de l'Amérique demeura un sentiment géaéral dans les deux pays ; s'il n'était pas très profond,.

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3 ^it du moins sincère. 11 y a en effet entre ces deux grandes puissances continentales, à côté de plusieursdi(férences essentielles, d'assez nombreux points de ressemblance : elles se rapprochent par lear tempérament, par les questions qu'elles ont eu à résoudre, et par leurs rapports avec le reste du monda civilisé. Les Russes et les Américains se regardent comme des peuple» jeunes à quiTavenirest ouvert, et il en résulte chez eux un certain mépris pour les nations « usées » de F Europe occidentale. Le sentiment d'une rapide croissance et la possession de vastes territoires aux ressources considérables les font se dire, avec une joyeuse confiance, que leur rôle dans le monde ne fait que commencer. Chez les Américains aussi bien que chez les Russes il y a en général la même absence de petitesse ; ils ont une « large nature », et la même conviction qu'uB bon effort au moment critique peut réparer toutes les négligences. Les problèmes relatifs à leurs progrès matériels ont été sensiblement les mêmes pour ces deux peuples, et tous les deux, bien qu'en des conditions diflerentes, ont eu une m^me tâche à accomplir, la fusion de plusieurs peuples hétérogènes en une seule grande nationalité. Quand les Russes et les Américains se rencontrent, ils fraternisent sans peine. L'Américain trouve fe Russe « bon garçon », et dénué de cet air un peu condescendant, de cette attitude parfois irritante de l'Anglais, du Français ou de l'Allemand. Les Russes de leur côté voient dans les Américains des gens assez semblables à eux-mêmes, et ils ont été les premiers à constater ces ressemblances. Us ont étudié les progrès de

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rAmérique, et souvent copié les méthodes américaines, comme étant le mieux applicables chez eux. Le système des tarifs en Russie est une imitation presque directe du régime protecteur des États-Unis, et les espoirs qu^on a fondés sur lui ont été en partie inspirés par la prospérité que les États-Unis doivent à un système analogue. Les Russes ont cru auari que les deux pays avaient le même enaemi héréditaire, TÂngleterre, avec qui ils avaient Fun et l'autre combattu dans le passé et devraient oombatfare encore quekjue jour. Enfin, les intérêts des deux nations n^étant nulle part en conflit, il semblait qu'elles ne risquaient pas d'avoir jamais de graves querelles ensemble. Une telle amitié promettait d'être durable.

Vers la fin du m* siècle, les sentiments du public américain h l'égard de la Russie commencèrent à changer. La forme même du gouvernement autocratique, et son exercice, étaient trop contraires aux idées des Américains pour qu'ils pussent les approuver. Ces sentiments hostiles se fortifièrent lorsque, après la mort du libéral Alexandre II, en 1881, on vit commencer avec son successeur une ke de réaction. On apprit en Amérique que la politique du gouvernement impérial devenait de plus en plus sévère. En i888-8g, les articles de M. George Kennui sur le système des prisons en Sibérie trouvèrent de nombreux lecteurs et firent une impression profonde dans le pa^s. Peu après, les mesures répressives contre les Jiûf» rosses émurent les Américains d'une sympathie qui n^étail pas toute platonique, car ils en éprouvèrent le contre-coup lorsque ces malheureux émigrèrent en

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